‹ Du Prurit VulvaireChapitre 3 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le prurit vulvaire ne constitue pas une affection grave, en ce sens qu'il ne met pas la vie des malades en danger. Pourtant, dans sa forme sévère, il représente, pour les malheureuses qui en sont atteintes, un supplice de tous les instants : c'est peutêtre l'affection qui retentit le plus sur l’état moral du sujet. On sait combien le prurit, quel que soit son siège, constitue une sensation agaçante, énervante, pour peu qu'elle se prolonge et surtout si, pour une raison quelconque, on est obligé de résister au désir de se gratter.

Or, par son siège, le prurit vulvaire, même peu marqué, prend une importance considérable, car il

fait partie justement de ces prurits qu'il est difficile

de soulager par le grattage, à moins que les malades ne s’isolent complètement, ne se condamnent à fuir toute société, si les crises de prurit sont très fréquentes. On voit de suite quelles conséquences il peut avoir sur leur vie, avec quelle rapidité il va influer sur leur caractère, sur leur système nerveux,

Ep

en faire des neurasthéniques et retentir rapidement sur l'organisme tout entier. De plus, les crises nocturnes sont souvent très intenses et viennent alors priver totalement ces malades de repos.

Tout prurit vulvaire n’a pas, bien entendu, cette intensité, cette ténacité, et ne retentit pas ainsi sur l’état général du sujet.

Mais à ce premier point de vue, qui usb 2 lui seul l'intérêt de son étude, s’en ajoute un autre non moins important : le prurit vulvaire, est, en effet, bien souvent l'indice révélateur, soit d’une affection des organes génitaux, soit d'une affection générale (et nous citerons seulement ici la syphilis observation VI, et le diabète observation XIV). l'étude de ce symptôme va donc découler la découverte de ces affections, d'où la possibilité de les traiter et peut-être de les guérir complètement.

Cette notion n’est pas vraie seulement pour le prurit vulvaire, et elle peut s'étendre à un grand nombre de ces réactions que l’on voit se faire autour des orifices naturels. Alors que nous n’étions encore qu'externe, à l'hôpital Broca, bien souvent, au cours d'examen des malades de la consultation, notre maître, M. le docteur Darier, avait attiré notre attention sur cette notion : les lésions qui siègent autour d'un orifice naturel sont dues, dans l'immense majorité des cas, à une lésion de la muqueuse voisine. Toutes les fois que nous nous trouvions en face d’une malade rentrant dans cette catégorie, nous recherchions avec ténacité ces lésions

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