ML PAR
et nos efforts étaient bien souvent couronnés de succès. ;
Pendant les deux années que nous avons eu l'heureuse fortune de passer à l'hôpital St-Louis, nous avons pu nous rendre compte que cette notion, qui paraît presque banale au premier abord, est loin d'être aussi connue qu’elle le devrait. Assez frequemment, des malades sont envoyés à la consultation de l'hôpital St-Louis, par d’autres hôpitaux ou par des médecins de ville, pour une lésion péribuccale, anale ou vulvaire, traitée par eux depuis déjà longtemps (2 ans dans une de nos observations) en tant que symptômes, mais sans qu'aucun effort n'ait été tenté pour rechercher, combattre et guérir, si possible, la cause qui la tient sous sa dépendance.
Nous avons pu recueillir, sur ce sujet, un certain nombre d'observations qui nous avaient vivement intéressé, aussi est-ce avec empressement que nous avons choisi ce sujet de thèse, lorsque M. le docteur Darier nous l’a proposé. Pendant l’année d’internat que nous avons passée à l'hôpital St-Antoine, sous la bienveillante direction de M. le docteur Siredey, nous avions pu déjà observer des cas de prurit vulvaire en relation avec des affections génitales et voir toute l'importance de l'étude de cette affection.
Nous avons essayé de réunir les études déjà nombreuses, mais éparses, faites sur ce sujet, en y ajoutant le fruit de nos propres observations. Si la lecture de ce travail pouvait amener, par un traite-
ment rationnel, l'amélioration de quelques cas de prurit, ou la guérison d’une affection dévoilée par ce prurit, notre ambition serait pleinement satisfaite et nous nous réjouirions d’avoir fait œuvre
utile. .
G ÉNÉRALITÉS
Depuis longtemps on a discuté afin de savoir à quelle variété d'affection vulvaire on devait réserver la dénomination de prurit vulvaire, et l'accord n’est pas encore fait sur cette question, entre tous les auteurs.
On sait, en effet, que là, comme pour le prurit en général, il est des cas où la cause de la démangeaison semble nette, dès le premier abord, tandis qu'ailleurs, quelque soin que l’on prenne, en examinant la malade, il est impossible de remonter à une cause tangible.
On a donc, avec l’école d’Hebra-Kaposi, réservé le nom de prurit vulvaire à celui-là seul qui évolue sans réaction locale d’aucune sorte, sur peau absolument saine, et sans qu’une cause locale puisse être incriminée. On a refusé cette dénomination à tous les autres cas, que l’on a réunis alors sous le nom de vulvites prurigineuses, marquant ainsi que l'affection primordiale est une altération de la vulve, une vulvite qui accessoirement s'accompagne de démangeaisons.
Maïs cette opinion a été controversée. Sänger, à
la société de Leipzig, en 1893, soutint qu'il n'existe pas un seul cas de prurit vulvaire sans lésion lo-
cale ; pour lui, les causes sont multiples, mais presè que toujours, et dans les formes sévères sans exception, elles sont d'ordre exogène. Il dit n'avoir jamais rencontré un cas de prurit tenace sans affec-
tion cutanée concomitante. Il ne peut admettre
l'existence d’un prurit essentiel et, pour lui, il y a toujours maladie locale primitive de la vulve, qui, secondairement, affecte les terminaisons nerveuses. Fritsch est moins intransigeant, tout en parta- . geant à peu près l'avis de Sänger. Il admet, mais À dit-il sans l'avoir jamais rencontré, un prurit ayant an, pour cause une névrose spéciale, dans des cas très rares et seulement chez des femmes âgées. Tous les \ cas qu'il a soignés étaient sous la dépendance d’une lésion locale.
En réalité, il est bien difficile d'élever une barrière aussi nette, et, entre le prurit qui paraît vraiment essentiel et la vulvite prurigineuse dont ia cause locale est évidente, on trouverait, il nous semble, tous les intermédiaires. N’en est-il pas de même pour tout ce qui n’est qu’un symptôme, pou: tout ce qui n’est pas une maladie définie, ayant une
étiologie précise, une évolution et un cycle déterminés ? Nous trouverons, en effet, des faits de passage qui nous permettront de relier sans interruption brusque, les deux variétés extrêmes du prurit vulvaire.
D'ailleurs, en s’en tenant aux termes mêmes de