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est atteinte de synéchies antérieures et postérieures. De ce côté droit la vision est presque nulle : Ia malade ne percevant que des sensations lumineuses.
Ainsi l’œil droit ne jouit pas de la vision utile, même à l’aide de verres et l’œil gauche, frappé de ptosis, ne peut permettre à la jeune fille de regarder en haut et même horizontalement qu’à la condition que la tête soil rejetée en arrière, en même temps que le globe oculaire se-porte en bas. :
Une intervention chirurgicale s’imposait donc et l’opération du ptosis fut décidée.
Le 25 mars 1891, le ptosis est évalué par la méthode de la vision horizontale, et la malade est soumise au sommeil chloroformique.
Nous ne rentrerons pas dans les détails de l'opération qui n’offrent rien de particulier : nous dirons seulement que les sutures furent faites au catgut 00, et qu'il n’y eut pas d’œdème.
La guérison fut rapide et la jeune fille fnt présentée le 4 mai 1891, à Pune des séances du Congrès d’ophthalmologie. Les personnes qui ont assisté à cette séance purent se convaincre des merveilleux résultats de l'opération. En effet, ainsi qu’on l’a pu remarquer, la fente palpébrale présentait une très jolie forme : selon l'expression courante, l’œil était taillé en amande.
OBsERvATION VI (que nous avons recueillie auprès de M. Gillet de Grandmont).
Mademoiselle Maria V... concierge, est âgée de 17 ans. Elle se présente le 12 juin 1891, au dispensaire de M. Gillet de Grandmont pour un ptosis de la paupière supérieure gauche, d'origine congénitale. On peut évaluer la ptose à 12 millimètres en faisant porter le regard horizontalement ! Les efforts pour ouvrir la paupière se traduisent sur le côté sain par un plissement du front, une disparition presque complète de la paupière supérieure sous l'arcade orbitaire et par le globe porté dans une élévation extrême. Même dans ces conditions, la chute de la paupière gauche est toujours la
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même. Mais si on l’évaluait dans ces conditions, elle pourrait être de plus de 2 centimètres ! La mesure du ptosis ne peut se faire régulièrement que lorsque le regard de l'œil sain se porte vers l'horizon. On constate alors que la distance du sommet du sourcil au bord ciliaire de la paupière supérieure est égale à 29 millimètres du côté malade tandis qu’elle est représentée par le chiffre de 47 millimètres du côté sain : d’où différence de 12 millimètres.
Cette jeune fille présente en outre &ne paralysie du droit interne, du droit inférieur et du droit supérieur du côté gauche. Quand les yeux sont fermés, les traits de sa figure sont réguliers. mais elle devient vraiment laide lorsque l’œil droit est ouvert, par suite de son ptosis qui est d'autant plus apparent que les cils euxmêmes sont inclinés de haut en bas. De telle sorte qu'ils viennent même masquer la paupière inférieure, tandis que du côté droit ils sont gracieusement relevés en l'air.
L'opération est proposée, acceptée, et enfin pratiquée le 20 juin
Un lambeau de cartilage tarse et de muscle orbito-palpébral de 19 millimètres de haut dans la partie moyenne est excisé.
La réunion de la plaie (cartilage et muscle) est faite au moyen de trois points de suture avec le catgut 00. Comme toujours la peau est laissée libre. Elle se rabat d’elle-même et vient couvrir les plaies excisées.
Le pansement est fait au moyen de compresses et de tampons d’ouate imbibés dans une solution de liqueur de van Swieten additionnée de moitié eau.
Aussitôt après l'opération, l'œil parait trop ouvert. Le lendemain et les jours suivants, l’œdème abaisse au contraire la paupière.
Quinze jours après, sans que l’on ait eu besoin de retirer les catguts, la cicatrisation est absolue. L'ouverture palpébrale est parfaite et l'hypercorrection à disparu ainsi que le montre la photographie qui a été faite à cette époque ; et, particularité qui montre l'importance de cette opération : la jeune fille semble devenue jolie.