‹ Du Ptosis Et De Son Traitement ChirurgicalChapitre 16 sur 19 · APR ESS · texte numérisé non relu

APR ESS

si gracieusement communiqué, nous remarquerons trois choses :

1° La portion du cartilage enlevée est inférieure à la différence de hauteur entre les deux paupières, en d’autres termes, inférieure au degré du ptosis. Le résultat est cependant excellent. C’est que l’habile opérateur, au lieu de Juxtaposer par leur 4ord le cartilage tarse et le tendon du releveur, les a au contraire superposés, en sorte que le releveur et son tissu conjonctif ont été soudés au tissu cellulaire qui est au-devant de ce qui restait du cartilage tarse.

2° Les fils de calgut ont été remplacés par des fils de soie.

3° Il n'y a pas eu d’œdème.

Dans la relation que nous avons reproduite ici, on a pu voir que M. Darier avait éprouvé quelques difficultés pour retirer un des fils qui suturaient les parties sectionnées. Pour obvier à cet inconvénient, M. Darier a conçu un nouveau mode de ligature qu’il a l'intention d'employer dorénavant. Il a bien voulu nous confier ses projets et nous permettre de les mentionner dans notre travail.

Voici en quoi consiste cette ligature.

La section des tissus forme deux plans bien distincts : un plan cutané et un plan tarsal. Dans le procédé pratiqué jusqu'ici, les sutures doivent intéresser exclusivement le dernier plan. Or M. Darier a pensé qu’en suturant la portion cutanée et la portion tarsale, il éviterait les tâtonnements qui résultent de la recherche, sous la peau, des fils de soie.

A cet effet, il arme un fil de soie au moyen d’une aiguille, et fait: 1° une première piqûre, de dehors en dedans, à la lèvre supérieure de la plaie cutanée.

Pr

2 Une seconde piqûre, de dehors en dedans, à là lèvre inférieure de la plaie tarsale. L

3° Un troisième point, de dedans en dehors, à la lèvre supérieure de la plaie tarsale.

4° Un quatrième et dernier point, de dedans en dehors à la lèvre inférieure de la plaie cutanée.

Il aurait ainsi une ligature en huit de chiffre, intéressant les deux plans. Ainsi, en coupant le nœud, près du plan cutané, le fil n'aurait qu’à obéir à la traction qu’on lui ferait subir, sans qu’il soit nécessaire d’entr'ouvrir la plaie cutanée.

Notre maître, M. Gillet de Grandmont, a pratiqué la suture au fil de soie. Pour enlever les fils, il s’est contenté de renverser Ja paupière, et de couper les anses qui se présentaient à la partie bulbaire, après quoi, en tiranten avant, du côté cutané, les fils qui n'étaient plus retenus par leurs anses ont obéi facilement à la traction.

Un mot pour en finir avec cette observation : M. Darier qui était un chaud partisan du procédé de Dransart a été tellement satisfait des résultats obtenus par le mode opératoire de Gillet de Grandmont, qu'il n'hésite plus aujourd’hui à recourir à la nouvelle méthode.

O8sERvATION V (que M. Gillet de Grandmont a bien voulu nous transmettre).

Mile F..... a 16 ans. Elle présente un ptosis congénital gauche qui couvre la presque totalité de la pupille. L'œil droit est au contraire, largement ouvert, mais il a été blessé d’un coup de ciseaux. La cornée présente une cicatrice verticale ; le cristallin est opaque et l'iris

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