‹ Du Ralentissement Permanent ou Temporaire du PoulsChapitre 5 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le ralentissement permanent du pouls était un phénomène bien connu des anciens médecins. Mais ils le considéraient généralement comme une simple curiosité, dépourvue de toute signification pathologique. Deux observations de Morgagni (1) qui prouvaient à l'évidence l'inverse, étaient complètement tombées dans l'oubli. Aussi Adams fit-il, en 1827, une véritable découverte en montrant que la bradycardie persistante est un symptôme pathologique, et dont la signification est très fâcheuse, parce qu’il est habituellement inséparable de troubles nerveux graves. Le plus caractéristique consiste en des attaques apoplectiformes répétées avec perte de connaissance, mais absence de paralysies consécutives. La mort subite survient tôt ou tard au cours de l’une d'elles.

L'exactitude de ces premières constatations,trop peu nombreuses, pour autoriser des conclusions, fut définitivement établie dans les quarante années suivantes : l'accumulation de nombreuses observations concordantes, semblables en tout point à celles d’Adams, démontra, nouveau progrès, que la coexistence d’une bradycardie permanente et d'attaques syncopales est un fait assez habituel pour constituer en clinique un véritable syndrome (syndrome d’Adams- Stokes). Il ne restait plus pour faire de celui-ci une entilé morbide, qu'à élablir ses causes. Mais les nombreux efforts faits dans ce sens ont donné les résultats les plus décevants. Autant la physionomie clinique du syndrome de Stokes-Adams était immuable el caractéristique, autant la cause qui le produisait reslail incertaine : l’autopsie des malades qui en étaient atteints tantôt ne révélant aucune lésion organique, tantôt des lésions banales ; rarement des lésions susceptibles d’avoir déterminéle syndrome. Aussi cer-

(1) De sedibus morborum. Voy. à ce sujet l'étude historique de M. le professeur Brissaun, Leçons sur les maladies nerveuses, p. 355, Paris, 1899.

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