RÉSULTAT ET CHOIX DU PROCÉDÉ
Deux questions se présentent à nous, également importantes toutes deux, à savoir : le résultat opératoire proprement dit, et le résultat fonctionnel, ou, pour préciser, la formation ou non d'une pseudarthrose.
Tout en reconnaissant, une fois pour toutes, que le nombre des faits que nous avons recueillis est bien loin de représenter la totalité des opérations, nous croyons cependant que, tel qu’il est, il peut permettre un certain nombre de déductions utiles.
1° Résultat opératoire. — Sur 46 ostéotomies, nous trouvons 5 morts (1 de choc, 3 de pyohémie, t d’épuisement).
9 fois de la suppuration, t érysipèle périodique,
4 hémorrhagies (dont une nécessite la ligature de la crurale). 4 fois des séquestres,
17 fois guérison sans complication,
6 guérisons (sans détail).
Soit une proportion de 10,8 de mort pour 100.
La gravité de l’ostéotomie pour ankylosé de la hanche est donc évidente. Cherchons, en subdivisant les faits, si tel ou tel mode opératoire, si tel ou tel siège de la section peuvent être plus particulièrement incriminés.
Et d'abord comparons le procédé linéaire à l’excision.
/ 1 mort.
22 cas d’ostéotomie linéaire < 4 suppurations.
( I séquestre.
Î3 morts.
3 séquestres.
4 suppurations.
5 procédés indéterminés 1 mort.
L’influence exercée par le siège de la section se traduit par les chiffres suivants :
Procédés sous-trochantériens: 23 fois.
2 suppurations.
2 fièvres.
1 hémorrhagie.
1 séquestre.
2 morts.
6 guérisons sans accident aucun.
10 guérisons sans détail.
Procédés trochantériens : 6 fois. . . .
1 mort par pyohémie.
6 suppuration et élimimination d’esquilles.
1 guérison sansaccident.
/ 2 morts.
^ 4 suppurations.
Sus-trochantériens (col) : 17 fois.... ( 3 hémorrhagies.
/Il guérisons sans acci- ' dents.
Ces chiffres ne nous permettent pas évidemment de tirer une conclusion précise; tout au plus sommes-nous autorisés à
en déduire quelques remarques générales que nous foi ululerons de la façon suivante: 1° L’ostéotomie cunéiforme est plus grave que la section simple.
2° La gravité de l’opération semble augmenter progressivement au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’articulation coxo-fémorale.
Cette inlluence du siège de l’ostéotomie sur le résultat opératoire est bien en rapport avec cette remarque de Messenger Bradley, qu’il ne faut agir près de la tête fémorale que lorsqu’on est en droit de croire que la région osseuse, sur laquelle on va porter l’instrument tranchant, est saine. Or, c’est là un renseignement bien difficile à acquérir, quand bien même on tiendrait compte, avec Gant, de la longueur des deux fémurs, ou, avec Volkmann, de l’état d’atrophie plus ou moins prononcé des parties molles, ou avec Bradley, delà nature étiologique de l’ankylose. (On peut agir sur le col si l’on est présence d’une coxalgie rhumatismale ou traumatique ; il faut s’en éloigner dans tous les cas contraires.)
Nous ne pouvons nous empêcher de comparer nos chiffres fort peu encourageants avec les déclarations de Volkmann et de Davy annonçant, le premier, 12 succès sur 12 opérés par sa méthode sous-lrochantérienne ; le second 15 succès sur 15 opérations dont 5 personnelles et 10 empruntées à la pratique de Maunder.
2° Résultat fonctionnel. — Tous les survivants ont largement bénéficié de l'opération. Ils ont retrouvé un membre utile.
Ce premier fait acquis, il en est un second qu’il nous faut envisager : dans quelle proportion voyons-nous s’établir une néarthrose plus ou moins imparfaite ?
Laissons de côté les 23 cas d’ostéotomie sous-trochanté-
rienne, car dans cette opération on n'a aucune prétention à rétablir les. mouvements. Sur les 23 autres, nous trouvons 3 pseudarthroses confirmées, et 3 fois de légers mouvements, soit environ un malade sur 7 qui retire un bénéfice complet de l'opération sanglante.
En présentant ce chiffre nous répétons nos réserves initiales sur le nombre insuffisant d'observations que nous avons pu recueillir sur ce point spécial.