OBSERVATION IV
Adolescent de i4 ans, un peu lymphatique, traité en 1873 dans le service de M. Ollier à THÔtel-Dieu de Lyon. Arrêt de développe^ ment du tibia par ostéite suppurée de la région juxta-épiphysaire inférieure de cet os. — Continuation de l'accroissement du péroné, incurvation progresâive de sa diaphyse, luxation de ses deux extrémités. Pied équin-varus dû à cette déformation osseuse.
1« opération, le 9 octobre 1873. Anesthésie. Incision commençant à 25 millimètres au-dessus de la pointe de la malléole dans la direction du corps de Tos. Cette incision, de 2 centimètres, va jusqu'au périoste exclusivement. On reconnaît le cartilage de conjugaison à sa teinte blanche. Avec un bistouri à lame étroite, M. Ollier incise transversalement le cartilage de conjugaison, en ayant soin de ne pas dépasser le centre de l'os. Il excise une première tranche cunéiforme du cartilage de 8 millim. de large, d'un millîm. d'épaisseur à la base. 11 excise encore deux ou trois autres petites tranches minces. De la sorte le cartilage est enlevé sur la moitié environ de sa surface, complètement à la périphérie, incomplètement vers le centre de Tos et la moitié profonde des cartilages reste intacte. Les bords delà plaie sont abandonnés à eux-mêmes, le membre placé et immobilisé dans un bandage ouatosilicaté.
22 octobre. Opération semblable à la première sur le cartilage de conjugaison supérieure du péroné.
Aucune complication.
6 mois après le péroné opéré n'a pas grandi, il est sensiblement plus droit. Le tibia correspondant a grandi de 8 millim. Le membre est en partie redressé.
Enfin 2 ans après (18 novembre 1875) le pied est complètement redressé. Plus d'équinisme, ni de déviation en dedans. L'accroissement du péroné s'était arrêté, mais non pas complètement puisque les organes d'allongement avaient été ménagés dans leurs partie profonde. Dans l'espace de 2 ans, le péroné sain a grandi de
55 millimètres, et le péroné opéré ne s'est allonge que de 25 millimètres.