POST-SCRIPTUM
Telle est la faibFesse du jugement, devani les ruses du sophisme, que la vérité ou la fausseté d'un principe, trop difficile à établir au moyen des argumens, ne se dévoile clairement qu'à l'aspect des conséquences.
Dans l'ordre consciencieux , ou seulement rationel, l'assentiment est inévitablement refusé à tout principe, dont les conséquences jparaissent désastreuses ; comme on ne peut vouloir cellesci , on ne peut croire à celui-là.
C'est ainsi que ^article des Débats du a octobre, par la seule exposition des effets résultant du refus des subsides , tend éminemment à démontrer que ce droit n'est point dévolu à la chambre des députés , et même donne lieu d'induire que ce droit n'est soutenu qu'en façon de thèse comminatoire ; car son exercice ne manquerait pas de mener à des extrémités qui répugnent aux sentir mens ou aux intérêts de qui que ce soit.
ce A toute loi il faut une sanction ; à tout traité une garartie. La sanction , la garantie de la charte, c'est le droit de dénier l'impôt. »
On ne sait trop à quel titre et dans quel sens se présentent, au sujet de la charte, les vains mots de sanction et de traité.
Mais la charte, ou plutôt la chambre n'a-t-ellç pas déjà des garanties incontestées ? Le pouvoir de discuter et rejeter les lois , de.blâmer et d'accuser les ministres , de refuser les subsides extraordinaires, enfin de consentir annuellement l'impôt foncier. »
Mais s'il faut une garantie à la charte, n^en faudrait-il pas à la royauté? et la garantie de Tune tourne contre l'autre j la chambre étant investie du droit de dénier l'impôt, avant peu c'en est fait de la royauté.
c(*Nul ministère n'ose tenir contre une majorité des communes , précisément parce que celte majorité aurait le pouvoir de refuser le bill des subsides. C'est là ce qui fonde la puissance des communes, c'est là ce qui fait que le gouvernement est en elles. »
Rien n'est plus clair. Le pouvoir du refus met le gouvernement dans la chambre , enlève le gouvernement à la royauté, et abolit la royauté, établit la chambre maîtresse , souveraine, tyrannique.
c( Certes , il n'est pas loisible ^e renverser le
Roi, la dynastie Mais il a été loisible, il sera
loisible de renverser vingt ministères !»
Or n'est-ce pas une opération bien (lëli'cate que de renverser vingt ministères qui émanent du trône , qui se rattachent au trône , sans renverser aussi , par mégarde sans doute , le trône m^me, - ^ .
En fait de ministères, le renversement n'est que la moitié de la besogne : PachèTement de la tâche consiste dans le remplacement.
Et qui a le droit de renverser, a le pouvoir de remplacer. Désormais la chambre et non lé monarque nomme les ministres; désormais les ministres sont les valets, de la chambre, ne soiit plus les gens du monarque.
De là , la royauté est asservie d'un bord et mal servie de l'autre j est amenée de nécessité , est entraînée par la fatalité à se soulever ou plu^ tôt à se x'elever , à vaincre ou périr.
Car entre la condamnation de Charles: I?'>ief la proscription de Jacques II, entre une telle tàort et. une telle vie j il y a ce parti à prendre ^ de se jeter à travers les chances d'une vie bu d'une mort gloi'ieuse. ' : - ^
Supposez la défaite : et le pay s ' reste ' en proie aux factions', ea butte à l'ennemi, en mépris à la postérité.
Supposez la victoire : et les libertés publiques qui ont été trahies , qui se sont trahies ellesmêmes, attendent un siècle, avant de ressusciter.