‹ Du régime alimentaire dans la fièvre typhoïdeChapitre 11 sur 19 · ALIMENTATION TARDIVE · texte numérisé non relu

ALIMENTATION TARDIVE

Les partisans de l’alimentation tardive dans la convalescence de la fièvre typhoïde donnent comme raisons : les lésions anatomiques du tube digestif et la crainte des rechutes.

Les ulcérations de l’iléon ne sont pas toujours complètement cicatrisées au début de la convalescence, tant s’en faut ; le gros danger est alors la perforation intestinale possible ; l’hémorrhagie est moins à craindre. Souvent, en effet, la perforation intestinale est survenue à la suite d’un écart de régime du sujet ; on comprend comment la paroi intestinale, amincie et friable, peut se déchirer et se rompre sous l'influence d’une alimentation inintelligente qui distend l’intestin, détermine ses contractions, et surtout le traumatise par les particules alimentaires.

Le gros danger, c’est alimentation trop abondante et surtout aliment solide ; en revanche, il est très rare que des perforations soient survenues avec une nourriture modérée et excluant les aliments solides.

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D'ailleurs, la persistance des ulcérations intestinales peut être soupçonnée par la continuation de la fièvre, qui oscille autour de 38, l’état de la langue, et la présence d’une sensibilité assez marquée à la pression dans la fosse ilaque droite, au niveau de la terminaison de l’iléon; ce sont là des contre-indications à l’alimentation.

La crainte des rechutes est le second argument. Mais d’abord il n’est pas absolument prouvé que l’alimentation précoce détermine par elle-même des rechutes, et chez les malades que nous avons pu suivre, nous n'avons pas vu que la rechute füt plus fréquente avec l'alimentation précoce. D'autre part, l’alimentation tardive ne préserve pas des rechutes ; nous en avons observé deux fois chez des malades qui, au huitième jour de la convalescence, n'avaient encore pris que des potages.

Enfin, ajoutons que, dès qu’on voit la rechute se dessiner par l’ascension progressive de la température, il est toujours possible de supprimer l’alimentation et de revenir au régime lacté.

De plus, il est jusqu’à un certain point possible, sinon de prévoir, du moins de soupçonner l'éventualité d’une possible rechute et cela par la réunion des signes suivants, sur lesquels insistait Hanot : pour Hanot, la convalescence vraie est annoncée par un syndrome invariable et constant, témoignant que l’action infectieuse est terminée. Ce syndrome se compose des trois éléments suivants : Hypothermie, ralentissement du pouls, polyurie.

La température baisse, tombe à 37°, 37° et quelques dixièmes ; il ne faut pas se hâter de conclure pour cela et sur cette seule constatation, que la maladie est finie ; si le

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thermomètre ne descend pas au-dessous de 37°, si le pouls ne s’est pas ralenti (il est à noter à ce propos que, même pendant la période fébrile, le pouls n’est jamais rapide en dehors des complications), si les urines ne sont pas revenues claires et abondantes, on est en présence d’une simple accalmie, et la rechute se fera de quatre à douze jours après. Il y a donc un syndrome de convalescence : avec les trois éléments hypothermie, bradycardie, polyurie.

« L’hypothermie est ordinairement minime, la température baisse un peu au-dessous de 37°, rarement audessous de 36°, et dans deux ou trois jours en moyenne. . Le pouls descend rarement au-dessous de 60; il est assez large, peu tendu; le dicrotisme a disparu.

Les urines devenues abondantes, claires et alcalines, contiennent davantage de matières extractives ; l’urée a augmenté et les chlorures sont revenus au taux normal. »

Dès qu’on a noté le syndrome de convalescence, tout processus fébrile ultérieur ne peut plus, pour Hanot, être considéré comme fonction de rechute. Tant qu’on ne le trouve pas, les rechutes sont à craindre. Il serait facile de ürer de là une règle alimentaire.

Disons de plus qu’on a noté encore, comme pouvant faire prévoir une rechute, la persistance de la tuméfaction splénique appréciable à la percussion.

3° RÉSULTATS COMPARÉS DE L'ALIMENTATION PRÉCOCE ET DE L’ALI- MENTATION TARDIVE

Nous avons suivi, pendant l’ RE de lPannée 1899, à F hôpital Saint-Antoine, dans différents services, des typhi-

ques alimentés suivant les deux méthodes. Avec les deux nous avons observé des rechutes, de nombre ét de gravité peu différents.

Dans le service du D' Béclère, sur 64 typhiques, de juin à novembre, nous avons assisté à 3 rechutes : deux ont été bénignes ; la troisième grave, à forme adynamique, ‘est survenue à la suite d’une fièvre typhoïde, qui, elle-même, avait été exceptionnellement grave. On a l’habitude, dans le service de M. Béclère, de donner de bonne heuré des aliments. |

Dans le service du D' Siredey, où l'alimentation est au contraire très tardive, comme nous le disons plus loin, nous avons également vu 2 rechutes et cela sur 48 malades, observés de juillet à novembre. La proportion n’est pas sensiblement différente. Elle se rapproche de celle de 4,2 pour 100 donnée par Podanowski dans une statistique portant sur un grand nombre de cas, 1,559 typhiques soumis à des régimes alimentaires très divers. Nous n’avons pas vu de perforation survenir chez des malades en traitement à l’hôpital, soumis à un régime régulier. |

$2. — Complications de la période de convalescence qui peuvent contre-indiquer, faire retarder ou faire suspendre l'alimentation,

Pendant la période de convalescence, on peut voir survenir des états divers qui font obstacle à l'alimentation: ce sont soit des rechutes, soit des complications viscérales telles que la néphrite typhique.

Un certain nombre de ces complications sont anrioncées par une recrudescence de la température; il faut donc con-

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