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LA FIÈVRE DANS LA CONVALESCENCE DE LA DOTHIÉNENTÉRIE

La plupart des complications de la période fébrile sont susceptibles d’apparaître après la chute de latempérature ; la fièvre due à une pneumonie congestive, à une perforation ‘intestinale, etc., n'offre pas de difficulté de diagnostic, ni d'intérêt spécial. |

Les difficultés commencent quand la fièvre est la seule manifestation d’une complication latente ; il faut alors en rechercher la cause par une étude minutieuse des diverses fonctions et un examen complet des différents organes.

La grosse crainte au point de vue de l'alimentation sera celle d’une rechute, car il y aura là indication formelle de suspendre l'alimentation, la reproduction de lésions ulcéreuses intestinales offrant les mêmes dangers que pendant la période d'état.

La fièvre de la rechute est d’ailleurs par elle-même très caractéristique.

Elle se manifeste par une élévation progressive, ascendante de la température, analogue de tout point au stade des oscillations ascendantes du début de la fièvre typhoïde, en différant peut-être par ce fait que souvent le plateau qui suit n’est pas toujours aussi élevé ; en même temps, on peut voir se reproduire la diarrhée et une nouvelle éruption lenticulaire. Ces rechutes ne surviennent à peu près jamais après le treizième jour; elles ne seraient pas à craindre, d’après Hanot, quand on à constaté la triade symptomatique

de convalescence : hypothermie, ralentissement du pouls et polyurie. Il est évident que, dès qu’on soupçonne. une rechute, il faut suspendre l’alimentation : et aspect caractéristique de la courbe thermique, oscillations progressivement ascendantes, constatées trois soirs de suite, doit faire conclure à la rechute et supprimer les aliments.

D’autres élévations thermiques sans cause apparente peuvent se produire, qu’il ne faut pas confondre avec la fièvre de la rechute. Le professeur Potain en a tracé récemment une belle étude d'ensemble. |

QIT y a tout d’abord des cas, où au cours de l’apyrexie, qui semblait définitive, on voit le thermomètre s’élever inopinément de 1 à 3 degrés au-dessus du niveau habituel. Cette élévation de température, qui peut persister de deux à cinq jours, coïncide avec la reprise de l’alimentation solide. C’est ce qu’on appelle la fièvre d’alimentation, febris carnis. Elle constitue un accident passager et de peu de gravité. »

Cette ascension thermique est encore bien plus marquée si le malade fait un écart trop brusque de régime.

Cette fièvre d'alimentation doit être une cause de surveillance, de régularisation très méthodique de lalimentation, mais ne saurait pas la faire supprimer.

A côté d'elle, il faut placer, comme s’en rapprochant beaucoup au point de vue physio-pathogénique, la fièvre d'émotion et la fièvre de fatigue. C’est un fait bien connu que les jours de visite dans un hôpital, les fébricitants et les convalescents ont facilement une élévation thermique de un degré. Parler, lire, discuter, cela donne très bien un petit accès fébrile. Le lever pour la première fois est souvent

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pour «un typhique guéri l’occasion d’une ascension thermométrique. Il faut savoir dépister toutes ces causes de fièvre pour ne pas donner aux renseignements du thermomètre une signification fâcheuse qu’ils ne doivent point avoir. L’explication commune de ces petits accès fébriles est, ainsi que l’a bien exposé le professeur Bouchard, dans la débilité nerveuse des convalescents. Le système nerveux affaibli est impuissant à régulariser la thermogénèse comme chez un homme vigoureux. La thermorégulation se fait chez les convalescents par des réflexes vaso-moteurs exagérés, c’est-à-dire qu’elle se fait mal; et la moindre cause d'hypothermie produit chez eux une élévation thermique très notable.

À côté de la fièvre d'alimentation, de la fièvre d'émotion et de fatigue, il faut placer au premier rang, parmi les accidents latents susceptibles de provoquer des ascensions thermométriques, la coprostase (Potain).

À la suite d’une maladie, dont la diarrhée est un des principaux symptômes, il semblerait d’abord que lintestin doive se vider facilement. Cependant on voit souvent, dans la convalescence, les garde-robes se faire rares, le ventre se ballonnant et la température remontant; le diagnostic est alors facile; on administre un laxatif, la température tombe. Cette fièvre de constipation paraît due, dit le professeur Potain, à la résorption de substances pyrétogènes ; aussi les purgatifs ont-ils quelquefois pour premier effet de l’exagérer en favorisant la résorption par la dilution des matières fécales. Le diagnostic de la coprostase, cause de fièvre, est parfois difficile, car le ballonnement du ventre peut faire défaut et la diarrhée masquer la constipation.

La palpation trouve alors les côlons distendus, gargouillant. En cas de doute, il vaudrait mieux suspendre Fun mentation et attendre le résultat d’un purgatif.

On peut ranger avec ces faits ceux où la fièvre reconnaît comme cause une véritable entérite chronique (Potain). I ne s’agit plus de l’entérite spécifique de la période d'état, mais d’une entérite consécutive, qui le plus souvent reste localisée à l'intestin grêle et qui est d’ordinaire provoquée par une alimentation prématurée ou mal appropriée. Cette entérite se caractérise à peu près exclusivement par une fièvre modérée, un léger ballonnement, de la sensibilité du ventre, l’absence de la sensation de la faim ordinaire du typhique convalescent, et quelquefois un peu de diarrhée. Cest là une indication de supprimer ou tout au moins de régler soigneusement l’alimentation. Les accidents disparaissent quand on modifie le régime alimentaire; «le lait pris par quantités minimes et assez espacées est particulièrement indiqué » (Potain).

En dehors de ces causes et de toute lésion appréciable, Biermer, cité par Merklen, signale chez les typhiques convalescents une fièvre secondaire (Nachfieber), manifestée par des accès intermittents modérés, se reproduisant le soir de façon irrégulière pendant plusieurs jours où plusieurs semaines. Pour ces malades, Merklen conseille de les laisser au lit et de leur donner les aliments substantiels, mais de digestion facile (lait, œufs, viande crue râpée dans du bouillon), en surveillant toujours la température, et de leur prescrire de lextrait mou de quinquina 2 à 4 grammes par jour ; si les accidents se RU de les RE ne tan) à la campagne,

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