‹ Du régime alimentaire dans la fièvre typhoïdeChapitre 17 sur 19 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBservarion Î (personnelle, résumée), — Fièvre typhoïde. — Albuminurie. — Alimentation tardive. — Relour de l'albuminurie. — Urémie. — Éclampsie.

La nommée Augustine B..., 43 ans, caissière, entre le 3 octobre 1899 au n° 2 de la salle Chomel, à l'hôpital Saint-Antoine, service du docteur Siredey.

Antécédents. — Scarlatine et albumine à 15 ans. — Elle est au 12° jour d'une fièvre typhoïde d'intensité moyenne ; sa température oscille entre 39°,5 et 40°; le pouls est à 88 ; légère diarrhée ; éruption abondante de taches rosées — séro-diagnostic positif. — Aux deux bases des poumons, on trouve une large zone de congestion plus intense qu’on ne l'observe d'ordinaire. La langue est complètement rôtie ; les urines roses sont fortement albumineuses. — En dehors de phénomènes pulmonaires, bronchite et congestion, plus marqués que d'habitude, l'évolution se fait normalement ; la période de défervescence succédant au stade amphibole dure six jours ; la température atteint pour la première fois 37° le 16 octobre. Mais le soir le thermomètre marque encore 38°,5. Les trois jours suivants la température oscille entre 37° et 38°,5.Les poumons sont pleins de râles sibilants disséminés ; les urines, plus abondantes, sant toujours légèrement albumineuses. Le régime lacté absolu exclusif est continué. On fait ventouser la malade tous les deux jours. Le 24 la température atteint définitivement 37°. Traces d'albumine.— Régimelacté; le 26, disparition del’albumine; le 28, on donne des potages. — Pas d'albumineles jours suivants ; le 30, on permet les œufs ; le 2 novembre, poulet et œufs, l'alimen-

Roue

tation est progressivement augmentée les jours suivants ; — le5,on donne du pain ; — le 10 et le 11, la malade se plaint de céphalée assez marquée, la langue est un peu sale ; ily a un peu de constipation : on administre un purgatif. — Le 12, troubles de la vue, on examine les urines où on retrouve de l’albumine en quantité très marquée ; la malade est remise au lait, mais, dans la journée, éclate une crise de convulsions urémiques qui se reproduit deux fois dans la nuit et une fois encore lejour suivant; dans l’intervalle, la malade est dans le coma presque complet. — On pratique la saignée ; le 14, la malade sort peu à peu de son coma, les phénomènes s’améliorent progressivement. Elle reste encore un mois soumise au régime lacté. Quand elle quitte l'hôpital, elle conserve des traces d’albumine.

‘OrservarTion II (personnelle, résumée). — Alimentation tar- , dive. — Rechute.

Marie Cop..., domestique, 21 ans, entre le 24 août salle Chomel, service du D' Siredey. Elle est malade depuis quinze jours. La température est de 40° à l’entrée ; elle présente des taches rosées ; séro-diagnostic positif. Bains ; régime lacté; défervescence terminée le 2 septembre; pas d’hypothermie les jours suivants ; le pouls, qui était à 100 pendant la maladie, reste encore à 76; les urines augmentent sans qu'il y ait polyurie marquée. Potages le 7 ; œufs le 10 septembre. Poulet le 15 septembre.

Le 17, la température monte à 38°; 38°,5 le 18 au soir ; 39°,2 le 19 ; le 20, la température atteint 39°,8. Le régime lacté aété institué de nouveau dès le second jour d'ascension thermique. Cette rechute évolue classiquement et dure dix-sept jours ; le 4 octobre le thermomètre est redescendu à 37°. Cette fois on attend moins longtemps avant d'alimenter, on donne des potages dès le lendemain, et des œufs deux jours après ; le 8, poulet; le 9, pain.

La convalescence se fait sans incident et la malade part pour le Vésinet bien portante.

Osservariox III (personnelle, résumée). — Alimentation tardive. — Rechute.

Marie L..., domestique, 22 ans, entre au n° 1 de la salle Chomel le 11 septembre 1899.

Elle est malade depuis huit jours. Le 12, la température est de 40° le soir ; 39°,4 le matin ; le pouls est à 112. Taches rosées ; sérodiagnostic positif. Bains et régime lacté. 3 litres dé lait. La défervescence commence le 17 ; elle est complète le 23.

Le 29, on commence à donner des potages.

Le 2 octobre, un œuf ; le 3, la température commence à remonter ; trois jours après, le thermomètre marque 39°,5. L'alimentation a été supprimée, on donne de nouveau des bains. Défervescence progressive à partir du 14 octobre; le 19, la température est retombée à 37°; on fait prendre des potages ; des œufs deux jours après ; le 24, du poulet et un peu de pain, des viandes hachées les jours suivants. La malade part pour le Vésinet, guérie, le 5 novembre, soumise au régime alimentaire commun (4° dégré).

OsservarTion IV (personnelle, résumée). — Fièvre typhoide très grave. — Rechute au bout de six jours. — L'alimentation avait été composée, dans la période apyrétique intermédiaire, de lait, de potages gras et d'œufs à la coque.

Jules C..., jardinier, âgé de 26 ans, entre le 10 août 1899 dansle service de M. le D' Béclère, à l’hôpital Saint-Antoine, salle Marjolin, n° 10. :

Début de la maladie, huit jours avant l'entrée.

Le malade est dans un état de stupeur profonde. Il a la langue sèche, une céphalée intense, une diarrhée abondante. Taches rosées. Douleur abdominale à la pression, Rate volumineuse,.

Séro-diagnostic positif.

LAMARLE. 4.

On donne des bains froids.

Pendant dix jours, la température reste en plateau avec rémission matinale d’un degré ou d’un demi-degré. Elle est toujours supérieure à 39° et atteint 40°,5. Délire nocturne puis diurne très violent. Signes de myocardite, Albumine dans l'urine.

Pendant cinq jours, du 21 août au 26 août, grandes oscillations.

Le 26 août, le malade va beaucoup mieux. Température 37°,3 le matin, 38° le soir.

Le 27, 37° le matin, 37°,5 le soir. Pas d’albumine dans l’urine.

On donne des potages gras.

Le 28. Température : 37° le matin, 37°,5 le soir. Potages au vermicelle.

Le 29. Température : 37°,5 le matin, 37°,2 le soir, Deux potages et un œuf à la coque.

Le 30. Température : 36°,7 le matin, 37° le soir. Trois potages et deux œufs a la coque.

Le 31. Température : 36°,8 le matin, 37° le soir. Trois potages, Quatre œufs à la coque.

Le 1% septembre, température : 37° le matin, 38,3 le soir. On cesse l'alimentation à l'exclusion du lait.

Le malade fait une rechute qui dure douze jours, d’une gravité au moins égale à la première attaque.

Dès que la température descend au-dessous de 37°,5 le soir, on recommence à donner des potages, des œufs, des purées. On arrive à la viande hachée menue et au pain bien mastiqué en une dizaine de jours. Pas de nouvelle rechute.

L’albumine, qui avaitreparu pendant ia rechute, disparaît définitivement à la défervescence.

Le malade est au 4° degré le 27 septembre. Il sort guéri le 4 octobre.

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