‹ Du Régime cellulaire préventif, répressif et pénitentiaire, à substituer au système pénal actuel en général, et à la peine de mort en particulierChapitre 37 sur 42 · DÉPUTÉ · texte numérisé non relu

DÉPUTÉ

Au nom de la Commission da concours sur la question de l’abolition de la peine de mort.

« Messieurs,

» Notre siècle avance tons les jours dans le développement merveilleux de l’intelligence : il semble vouloir se borner désormais à des conquêtes pacifiques; et cependant des préjugés, des erreurs qui ont été pour ainsi dire matérialisés par le temps , survivent encore dans nos lois. Ce sont ces erreurs qu’il faut combattre ; c’est la prédominance du fait moral sur le fait matériel qu’il faut établir et proclamer déFinitivement.

» De toutes ces erreurs , la plus étendue et surtout la plus funeste, c’est le mépris de la vie ; et il est d’autant plus nécessaire de la combattre , qu’elle semble se généraliser davantage.

» Le mépris de la vie n’est-il pas un des principes afOchés par cette école sensuelle , qui a pour but d’extraire de cette vie tout ce qu’elle peut donner de jouissances matérielles pour la rejeter ensuite, lorsqu’épuisée et flétrie , elle n’a plus ni ressort ni puissance? Cette doctrine mène infailliblement au suicide ou à l’assassinat.

» Quelques réflexions ne seront pas inutiles sur ce point.

» L’homme , dit-on , n’est point tenu de remplir sa mission jusqu'au bout ; s’il trouve la coupe trop amère , que ses lèvres s’en éloignent , et qu’il brise la coupe ! On ne comprend pas que la destinée humaine n’appartient pas , dans un sens exclusif et absolu , à celui qui la porte , et qu’elle a été calculée dans son entier par la Providence. Chacun de nos jours est du domaine de l’ordre général, et il ne nous est pas permis d’en détacher un seul.

» L’honune n’a pas été jeté ici-bas pour son compte , ce n’est pas une création égoïste ; il fait partie de cet univers que son mouve-

ment propre emporte incessamment vers le but providentiel. Il est l’un des anneaux de la chaîne étemelle.

» Lorsqu’il s’attaque à la vie, à la sienne ou à celle d’autrui, il outre-passe sa puissance et son droit , il se révolte.

» Et c’est ici que notre immortalité nous vient en aide pour la démonstration du principe de l’inviolabilité de la vie humaine.

» Si je suis immortel , si , dans ma chétive enveloppe je porte l’étincelle divine, je suis un temple aussi ! Qui donc viendra briser le temple P qui donc viendra détruire la sainte demeure?

» Que l’homme respecte ce vase d’élection , et que la société lui donne l’exemple de ce respect !

» Et comment, législateurs, moralistes, pbilosoplies , hommes religieux , ne sentiriez-vous pas la nécessité de consacrer enfin ce respect de la vie humaine , de remettre cette vie k l’abri dans le sanctuaire , à une époque où on se joue d’elle avec tant d’imprévoyance !

» Tontes les barrières sont ou franchies ou rompues , l'espérance et l’effroi ne retiennent plus ; on ne redoute pas le tombeau , la mort n’intimide pas : c’est une chance prévue , et qui entre quelquefois dans des calculs réguliers, mais toujours criminels.

» Ne vous souvenez-vous plus de cet homme , type malheureusement trop exact de la dépravation intelligente , si je peux me servir de ce mot de cette époque ; il résumait en lui toute la corruption de notre temps. Ne vous souvenez-vous plus de ce qu’il disait à ses juges? Avant d’entreprendre le crime , d’en faire mon état , j’ai calculé mon avenir et j’ai compté avec la société et avec moi-méme.

» J’ai prévu l’échafaud comme chose possible, et afin de m’assurer s’il y avait assez de force en moi pour supporter cette chance , je suis allé assi^er aux scènes de l’écliafond , et l’échafaud ne m’a point paru , dans la réalité , aussi terrible que l’avait enfanté mon imagination ; je me suis dit après : La naort n’est que l’effort d'un instant : la vie pleine de misère et sans passions , est une douleur de chaque minute , un fardeau pesant. Si je ne puis parvenir à vivre sekm la brutalité de mes instincts , et que l’échafaud m’atteigne, eh bien ! je subirai l’échafaud. Entre la nécessité d’avoir du courage un instant et celle d’en avoir long-temps , je n’hésite pas.

U Et cet homme que la pensée de l’immortalité avait abandonné , qui croyait que l’ètre vivant n’était qu’un accident du hasard , qui

ilonnait à ce hasard le droit et le pouvoir de créer des merveilles , se décide et se met en lutte avec la société.

» Il envisage d’un coup-d’œil tonte sa situation ; il prévoit tout ce que l’avenir peut lui amener de fatal , et il n’hésite pas. C’est par le crime qu’il veut parvenir. Il méprise la vie chez loi , il la méprise chrz les autres. Son moyen de fortune , c’est le meurtre.

» Et qu’est-ce donc en effet que l’homme sans l’immortalité ? Une chose plus ou moins bien organisée, un vase plus ou moins ciselé , plus ou moins rempli de parfums ; mais ce n’est qu’une chose , qu’un vase , qu’une parcelle de matière ; s’il n’y a rien dans cette matière on ce vase , de divin et d'immortel , est-ce donc nn acte bien criminel de le briser ?

» Oui , c’est l’immortalité qui préserve la vie de l’homme, en lui donnant un véritable caractère de sainteté.

» Nos deux natures sont inséparables, elles se soutiennent mutuellement, c’est un accord nécessaire et parfait , sans lequel la création serait dépouillée à la fols de sa force , de sa richesse et de son étendue.

a Dans ces temps difficiles , où les opinions flottent incertaines , et où les principes essentiels de la vérité générale sont trop effocés par le mouvement actif de notre civilisation matérielle, ou les intérêts passionnés du moment dominent et écartent les intérêts réels et d’avenir , il est du devoir des gouvernements de raffermir les bases de la société , et l’une de ces bases , n’cst-ce pas le respect de la vie de l’homme? C’est le devoir aussi des citoyens. Chacun de nous a reçu une mission sur cette terre ; tous sont apétres en ce monde , et nul homme de bien n’est inutile ici-bas ù la cause du genre humain.

» Quelle déplorable aberration pousse donc tant d’Iiommes à s’affranchir par eux-méraes de cette vie , et à se priver plus tôt du moyen mis à leur disposition par la sagesse éternelle ?

» Chez les uns, c'est le délire qui les emporte; chez les autres , c’est le dégoût , c’est une langueur mortelle ; chez celui-ci , c’est la vanité blessée ; chez celui-là , c’est une peine de cœur , ou c’est une affliction corporelle.

T> Que d’exemples tristes à citer , et à cette tribune, où je ne crains pas de vous affliger . parce que vous êtes des hommes courageux et que résolument vous voulez connaître la profondeur de la plaie pour la guérir , je vous en citerai quelques-uns.

» Un homme honoré , déjà plein de jours , henreux , selon le monde , par sa gloire , par scs ricliesses , se lève et dit : Je ne verrai pas la lin de cetle journée. Il s’abandonne à cette mélancolie , il se plaît à préparer sa dernière demeure , à en arranger les détails ; il calcule les suites de sa mort, il pense pour ainsi-dire après lui , il voit sa famille en deuil, ses élèves désolés; il se plaît à voir couler sur lui des larmes de regrets , il épie les souvenirs d’admiration qu’on lui donnera , il s’enveloppe , il s’enivre de cette poésie funèbre , il se frappe , il meurt.

» Et à quelle cause attribuer donc ce suicide, sinon à ce mépris général de la vie , qui est la maladie propre de ce siècle. Si les puissants de la terre dédaignent à ce point l’existence, où voulez-vous donc trouver encore du respect pour elle?

» Ailleurs, une jeune fille, fraîche , joyeuse, à peine à l’entrée de sa carrière , dont le cœur n’a commencé à battre que sur le sein de sa mère , mais , comme toutes les jeunes filles , amies du luxe personnel , de la parure , des robes gracieuses, de tout ce qui peut la faire briller au-dessus de ses compagnes ; une jeune fille coejuette et vaniteuse , s’afflige , se désespère de ce que sa mère n’a pu fournir un joyau de plus à sa toilette, et son désespoir est tel qu’elle se précipite dans le fleuve.

» Et c’est pour une bague ou une fleur qu’elle se donne la mort.

» Où donc trouverez- vous encore le respect de la vie?

» On est riche, heureux , splendide , on se tue; on est pauvre , mais on a de la vanité outre mesure, on n'entrevoit encore la vie qu’à travers les illusions de la jeunesse , on se tue.

» Ou se tue encore , quand on est enfant , avant que la raison soit développée. Un fils, sous la main du père, un enfant qui n’a pas dépassé sa douzième année , pour échapper à une punition , se frappe comme le vieillard et la jeune fille.

» En vérité , on dirait que ce mépris de la vie nous enveloppe , et qu’il est dans l’air que nous respirons.

» Quand on est arrivé à ce point de dire, la vie n’est rien , on est peu disposé à respecter celle des autres. U y a , messieurs, dans ce fait , un vériuble danger, une immense perturbation.

» C’est ici qu’est le mal , c’est là qu’il faut concentrer vos efforts , appeler ceux des gens de bien, guider les mœurs et la législation.

» Il faut rendre à la vie sa valeur morale , il faut lui redonner sa splendeur , il faut que le rayon éternel qui luit en nous , perce les ténèbres dont les passions cherchent à l’envelopper , il faut qu’il soit visible à tous, et répande sur la société sa douce et rassurante lumière.

» C’est ce but que vous voulez atteindre, et c’est ce bot qui ne fuira pas toujours devant vous. Déjà l’esprit public s’est amélioré , la réaction contre le suicide et contre l’échafaud, s’opère simultanément : on comprend davantage la nécessité de prévenir les crimes par l’éducation ; on comprend que ce n’est pas en frappant de mort un homme , qu’on arrivera à détruire le crime. — La régénération morale , le rétablissement de la foi dans les âmes , les espérances d’un avenir infini , la prédication de la vie à venir , la vue des richesses du ciel , promises à celui qui remplit avec fermeté les devoirs d’homme , de citoyen et de famille ; voilà les moyens que la société reconnaît comme ceux qui doivent la préserver bien mieux que les douleurs de l’échafaud , et que le sang des hommes. Voilà les moyens qui doivent à la fois prévenir le suicide et l’assassinat.

» Les lois ont déjà subi sur ce point la force et le mouvement des mœurs. Le Code a été révisé et adouci. La mort légale n’est plus prodiguée, on a restreint la mesure de l’échafoud, et c’est un premier pas vers l’abolition absolue de la peine de mort.

» Mais il est un fait qui s’agrandit , et qui , en se généralisant , tend à prouver que la vérité est en progrès , c’est la répugnance qu’éprouvent les jurés à prononcer la peine capitale. Si nous n’avons pas triomphé dans toutes les consciences , nous avons éveillé le doute partout ; il n’est pas un homme qui , au moment de déposer une boule dont la couleur peut trancher une tête , ne se dise en luimême : Suis-je bien dans mon droit ? cette puissance de destruction m’a-t-elle été remise ?

» Une loi qui est ainsi commentée , messieurs , n’est pas une loi de dorée ? Celui qui hésite est à demi réformé.

» Ce n’est donc pas seulement de la législation dont il faut nous préoccuper?

» Votre mission est plus grande et plus générale : c’est la nation, c’est le monde , c’est l’universalité des consciences qu’il faut persuader. La vérité ne se renferme ni dans les temps ni dans les lieux ; elle est de tous les siècles et de tous les pays. C’est no apos-

tolat qa'il faul conlinuer et finir, c’est un principe saint qu’il faut rétablir dans les âmes P Lorsque l’inviolabilité de la vie hnmaine sera devenue un article de la foi publique , nul n’osera porter la main sur son frère ou sur lui. Et c’est ainsi que vous parviendrez à réduire le suicide et l’assassinat dans les limites les plus étroites!

Notre mission est désintéressée sur cette terre , notre œuvre est belle , humanitaire , et nous en poursuivons la réalisation par les vois chrétiennes ; nous appelons la paix dans ce monde , et nous sommes, avant tout , des iiommes de charité et de foi. Nous cherclions à convaincre, à persuader, nous savons que la vérité ne s’impose pas , mais qu’elle s’élève naturellement du cœur de celui qui la cherche. Et cependant, les objections sont venues de tontes parts, avee une ardeur qui ressemblait à de la passion , heurter notre marche ; on a méconnu à la fois notre but et nos intentions ; deux objections surtout m’ont frappé , et je vous demande la permission de les combattre ici en peu de mots.

Avons-nous plus de sympathie , plus de pitié pour le meurtrier que pour sa victime 7 Oublions-nous dans notre commisération pour quelques coupables, l’intérêt général de la société? En demandant l’abolition de la peine de mort, avons-nous cédé à un mouvement philantropique sans raison et sans limite?

C’est une accusation qui a été lancée contre nous en désespoir de cause; ne trouvant plus un argument à nous opposer, la force de In vérité ayant émoussé tous ceux qui avaient été présentés , l’irritation est venue et le fiel a été mélé à la discussion.

Eh quoi ! messieurs , nous serions assez dépourvus de cœur et de mesure pour ne nous préoccuper que de la main qui a frappé, nous ne travaillerions que dans le but d’éviter que cette main soit tranchée, sans arrêter nos regrets sur sa victime ! nous ne chercherions ni à recueillir le sang versé ni à prévenir qu’il en soit versé encore !

Quel serait donc notre rôle ? et comment l’indignation publique ne nous a-t-elle pas encore arrachés de nos sièges? Comment nous a-t-il été permis de souiller ainsi devant vous, à la face du monde, la morale publique?

Non , messieurs , nous nous préoccupons essentiellement et d’abord, de l'intérêt général de la société ! Nous nous préoccupons du sort des victimes à venir ! Nous voulons en diminuer le nombre ! Et si nous demandons que l’écltafaud soit aboli , c’est que nous sa-

vons que du aang versé en expiation par la main du bourreau, s'élève une vapeur qui enivre, qni dispose et qui porte au crime.

Je signalais dernièrement à la tribune législative un fait qui preuve ce que j’avance. Je vous demande la permission de le reproduire devant vous.

Dans une ville de l’nn de nos départements du centre, un parricide est commis , la justice informe , la loi prononce , l’écliafaud se dresse aux lieux mêmes où l’exécrable attentat a été consommé. Depuis longues années , un siècle peut-être, U n'y avait pas eu d’exécution dans le pays. De toutes parts la foule accourt à ce triste spectacle ; cliaeun veut assister i ces malheureuses funérailles ; enveloppé de son voile funèbre, le patient arrive ; il subit sa peine. Son corps venait d’être enlevé, l’échafoud n’était pas encore démonté , lorsqu’une troupe de jeunes gens, excitée, enivrée, se précipite, monte les degrés, foule aux pieds les planches humides, danse comme une forcenée sur k planche même on le supplice s’est accompli ; mais tout-à-coup l’un d’eux se détache et s’écrie : a Mourir ! c’est l'affaire d’un instant ; j’ai, moi aussi , un compte à régler avec mon père ! » Et il se dirige vers la demeure paternelle, la foule le suit ; ellearrive au moment où l’insensé allait commettre un second parricide ; et saisi , arrêté , il répondait aux transports de l’indignation publique : (t Laissez-moi , on n’aura pas k peine de rebâtir l’échafaud , qu’il reste dressé pour mon compte. »

Eh bien! messieurs, l’échafaud préserve-t-il? Si la foule ne fut pas accourue à temps, le supplice du meurtrier aurait entraîné une victime de plus. Prenez-y garde , le crime sort de la peine même destinée à le réprimer , l’échafaud est un danger pour k société , et k mort enfante la mort.

Ne poursuivez donc plus, hommes légers de ce monde, ces philanthropes dévoués au triomphe d’une cause qui a pour but de réduire autant qu’il est possible de le faire , la destruction de l’homme par riiomme.

Mais voici la seconde objection qui m'a touché.

Vous parlez , nous dit-on , de ne point retrancher de k vie cet homme qui a déployé dans l’exécution de son crime la plus intraitable férocité ; mais cette férocité est le résultat de son organisation, et vécût-il des siècles , il conserverait son funeste pencliant.

Si vous admettez ce raisonnement , messieurs , et si vous recon-

naissez qu’il existe des hommes prédestinés an crime , q nature condamne à certains actes, et inféode pour ainsi dire TOUS détruisez le monde moral , vous supprimez le libre ; vous enlevez i la vertu son mérite essentiel qu’elle puise dar liberté de choisir , vous restreignez notre étendue, et il ne r plus permis de nous perfectionner et de nous élever par nos forces : la volonté est anéantie.

’fandis que vous affaiblissez ainsi l’homme moral , vous l’étre matériel : vous enlevez au crime son plus mauvais asp ne le considérant plus comme un calcul ou comme un mou raisonné et volontaire , mais bien comme un soubresaut pas nerveux , résultat d’une organisation vicieuse en principe , ( rée par accident. Les actes , bons ou mauvais , ne sont pins vous, que les effets incertains de la hitalité ; nous naissons ve ou criminels par hasard ; l’homme ne dispose plus de lui-méi

Jouet de ses sens , irrégulier par sa nature, il flotte maig sans boussole ; aujourd’hui le vent le balance sur une mer trar demain, sous le coup de l’orage, il va se briser contre les écut n’y a plus de pilote an gouvernail.

Remarquez bien, messieurs, qu’il suffit d’admettre la doctr l’incorrigibilité vis-à-vis d’un seul homme , pour que toutes h séquences que je viens de détruire soient inévitables.

Il n’en est pas , messieurs , des lois providentielles comn lois humaines , elles n’existent qn’autant qu’elles sont parfa absolues. Si vous les trouvez en défaut sur un point , fût-il à sensible, la loi n’existe plus , c’était une erreur , il n’y a de I inflexible, constante, absolue, que la logique providentielle.

L’homme est faible, limité : il fait des lois faibles , limitéei imperfection dans une loi humaine ne détruit pas celte loi, ell vivre même avec elle ; mais une imperfection dans une loi d une tache dans le décret , cela n’est pas possible.

Dès lors, si vous trouvez un homme à quelque temps , à qi nation qu’il ait appartenu et qui soit incorrigible, la loi de perf et de retour est détruite , le libre arbitre n’existe plus , le r moral a disparu.

Et comment désespérer de l’Iiomme lorsqu’il loi a été dor pouvoir infini de dominer au dedans et autour de lui ses pa et celles des autres , lorsqu’il lui a été donné de combler i

^'«.ei inféode PM, ^.r d’un insUnt tout l’abime d’une longue yie! Comment,

: »»ppriœj,;,^jurer toute confiance en la bonté éternelle, désespérer de

/ qnVüep,i“e? Non, messieurs, il y a toujours place ici-basà unerésur-

'"M noire éiendoe niorale.

*^*■«1 denoojélererpr^^dlez donc, législateurs, non pas à détruire celui qui a trousociété , méconnu , violé , anéanti le droit d’un autre , celui unsi /'homineiii(w;,,“^"1"^ * '» •«' humaine, mais à le corriger, à le relever, '■‘■'me son pim ^ ® créature, il y a espoir de réhabilitaüon.

' 00 cooMie société est de marcher incessamment vers ce grand

I coinnie on vraiment divine , seconde création qui rapproche le

•on ricieoM en ^ société du pouvoir infini.

ou manrais^ ne la société a pour devoir de ne jamais désespérer

lalri/ié; noMnJ®"' ®‘ "® *® ‘®**®'' Ja““‘a dans son zèle et dans son dévoue-

ue dispose plnsïi* pour lui. Elle ne doit pas oublier qu’elle tient à la tête des peunsiore, il a)(i,| "”® P’*®® '*nuaense. Elle doit 6ire pour eux , dans la limite de hafance sor nnee ‘®“‘ ®® *1“® ’® P^^dence aurait pu faire si elle se fôt réservé ' « briser contreiiL®'* gouverner elle-même sur cette terre.

i vais maintenant, messieurs, avoir l’honneur de vous rendre uffitd’admeHreià***®’ ®“1“®l^“®a ““**> du concours que vous avez ouvert. '®^poor,«l«'"®'®";®“^®®®®* adressés. Ils témoignent tous

«I ioctitaWe. éclairées et philanthropiques de leurs auteurs. Ils prouvent pmridenüelks « 7"* ®PP®* ®"‘®“du et que c’est aujourd’hui chSse sérieuse

qn’e/lfs sMiis' w- *'^®*™®j® "®‘^® pénal, sous le double rapport de *ur onpoÆ“r““‘ P<S"i‘enUaire, et de l’abolitirde la

r-ui.iui^e njort.

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lois bêles ^"® ® P®“® de “«'■t doit être remplacée par la soli-

•«/( P» ceneT ’ "i'*® ®®“®*®',““de ne doit être modifiée que dans la propor-

■/onLsoi«iv,r‘®^ pour quelle n’altère pas profondément la constitulion l ^ ® ■* ®" autrement , vous n'auriez lait

icinue lemn. /® la mort prompte par la mort lente éternelle.

•ihl iS ^®'®™®"* qee le devoir essentiel de la société

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plus, bupable à lui prêter secours contre lui-même , pour l’aider à dé-

cuiller le vieil homme , et à extirper ce mauvais «rme nui

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« de codte Tous n’ont pas été également heureux, messieurs, dans leurs -

reclitrches; mais noua devon* le dire , tous ont été également consciencieux. Noos rendons hommage aux intentions de chacun , et nous accordons le prix , et une mention lionorable , non pas à ceux qui se sont distingués par plus de conviction ou par plus de bonne foi, mais à ceux qni ont d^loyé plus de talent, et qui ont approché davantage do but utile et pratique que vous leur aviez proposé. ' Le travail de M. Doublet de Boistbibanit est digne de votre attention ; il embrasse d’on coup d’œil ferme la tâche qui lui est imposée , et il la parcourt dans tous ses détails ; après avoir établi par quelle peine la peine de mort doit être remplacée , il discute rapidement la nature, l’objet et la durée des peines.

Il passe successivement en revue les réformes législatives admises ou tentées jusqu’à ce jour ; il donne à la suite les opinions des divers criminalistes : ses appréciations , messieurs, annoncent un esprit éclairé, hardi, qui ne se laisse dominer ni par l’enthousiasme du sujet , ni par la grandeur historique de l’homme qu’il juge.

Dans sa seconde partie , l’auteur du mémoire couronné présente dans leurs détails les systèmes pénitentiaires essayés, soit en Europe, soit en Amérique ; il compare les résultats, quelquefois il en signale les débuts, souvent il en reconnaît l’eflicacité.

Quant an système qu’il propose, il peut être controversé sur plusieurs points, cependant nous avons reconnu qu’à l’aide de quelques modifications il pouirait suffire à bien des exigences.

La solitude dans laquelle il plonge le condamné n’est pas sans gradation et sans adoucissement. Au fond de cette triste cellule il laisse percer un rayon , Il a compris que la société devait admettre le repentir comme Dieu même l’a admis dans ce monde , et qu’elle ne pouvait pas être plus inflexible que lui.

Le coupable qui , après de iongues années de réflexions , de douleurs et de travaux, après avoir baigné sa couche de ses larmes arrachées par le remords , tend des mains suppliantes vers le pouvoir qui a le droit de grâce, les tendra-t-il en vain, et n’y aura-t-il plus sur cette terre ni pitié, ni miséricorde pour lui ?

Faudra-t-il que de la mort seule il attende sa délivrance ?

Non, messieurs, il n’y aurait ni charité ni justice dans une loi aussi hiflexible ; vos cellules seraient des lieux de désespoir , et les condamnés maudiraient votre législation comme plus cruelle que la loi sanglante que nom voulons effacer de nos codes.

Je remercie en mon (>articulier M. de Boislliibault d'aruir cuiiipria ainsi dans toute son étendue l'idée clirélienne, et ce n’est pas à mon avis l’un des moindres titres qu’il a su acquérir à votre bienveillance.

Votre commission m’a cliargé, cependant, de vous faire observer qu’elle regrette que M. de Boisthilault n’ait pas fait précéder son travail de quelques considérations générales sur l’abolition de la peine de mort.

Elle espère qu’avant de le livrer à l'impression il voudra bien le compléter.

Un autre mémoire, messieurs, a mérité une mention honorable.

Un style chaleureux , des pensées élevées , on amour sincère de l’humanité vous ont décidé à accorder ce témoignage de votre estime à un travail qui , sous plusieurs autres rapports , ne remplissait pas les conditions de votre programme.

En terminant , permettez-moi de me féliciter avec vous des progrès rapides de l’oeuvre civilisatrice.

Tout ce qui feiit obstacle à la vie de l’homme tend à s’effacer. Ces gnenes qui , pendant tant d’années , ont moissonné tant de générations , sont éteintes , les haines de peuples à peuples , les querelles de rois à rois s'apaisent, les mœurs s’adoucissent , les violences individuelles se restreignent , le duel , ce reste de la barbarie de nos pères, succombe devant les lois et devant l’opinion ; les lois eUes-mèmes qui ne sont que la conséquence et la suite des mœurs deviennent moins sévères, et chaque jour la mort légale est resserrée dans un cercle plus étroit ; la vérité s’agrandit avec la civilisation qui la porte en elle , et le flambeau chrétien se rallume sur notre vieille société.

Courage donc, hommes de bien, vous êtes au temps de la moisson et , pour votre consolatiO'i , vous verrez bientôt inscrit en tète de nos codes, le principe de Mnviolabilité de la vie humaine.

C’est ainsi , messieurs , que la providence récompense magnifiquement les efforts de ceux qni marchent dans ses voies.

TABIÆ BES MATIÈRES.

IMTRODÜCTIQW. ’ page 1

Ck>nsidératioDS générales sur l’abolition de la peine de mort , sous le rapport de l’inviolabilité de la vie humaine. \

Par quelle peine l’exécution à mort pourrait-elle être effica cement remplacée en France? 13

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