‹ Du Régime cellulaire préventif, répressif et pénitentiaire, à substituer au système pénal actuel en général, et à la peine de mort en particulierChapitre 36 sur 42 · POUR L’ANNÉE · texte numérisé non relu

POUR L’ANNÉE

Le concoors , dont le prix a été décerné le 30 avril 1838 , avait pour objet les mesures à prendre pour l’abolition de la peine de mort. Le prix était de 300 fr. Le programme suivant avait été rédigé par M. II. Carnot , vice-président de la société.

En 1825, la société de la Morale Chréteinne provoqua par un concours l’examen de ces hantes questions de morale et de l^slation : La peine de mort est-elle légitime ? La peine de mort est-elle nécessaire, dans l’état de civilisation auquel nous sommes parvenus?

Bien que la philosophie et la science judiciaire eussent , par l’organe d’illustres penseurs, donné sur ces deux questions des solutions négatives , on jugea prudent de les présenter encore sous l’apparence d’un doute.

Le résultat du concours a certainement contribué à les éclaircir, et depuis, de nouveaux écrits et des faits nombreux ont jeté d’abondantes lumières sur le même sujet.

Aujourd’hui , la société de la Morale Chrétienne pense qu’elle ne s’exagère point les progrès de la raison publique , en considérant celte double question comme définitivement résolue selon le vœu de riiumaniié. Il lui est permis de croire que le législateur n’ajourne la réalisation de ce vœu que par un excès de déférence pour les préjugés qui régnent encore , peut-être , chez les intelligences les moins accoutumées à la réflexion et à l’observation.

Elle a jugé qu’il était de son devoir de travailler à lever ces scrupules, en popularisant, autant que possible, son opinion sur l’injuslicc et l’inefficacité de la peine capitale.

En conséquence , elle a provoqué , par deux nouveaux concours ,

la composition d'articles de journaux et d’écrits peu étendus , propres à être distribués en grand nombre.

Mais nne troisième phase reste à parcourir : après avoir démontré et propagé ses vues , il s’agit d’en indiquer les moyens de réalisation.

Tel était l’objet du concours.

La société ofTrait une médaille de 500 fr. au meilleur mémoire sur ce sujet : Proposer les mesures législatives qui doivent accompagner l'abolition de la peine capitale.

Les concurrents devaient considérer comme acquise à l’humanité la cessation des supplices ; ils devaient partir de ce principe : les pouvoirs sociaux donneront désormais l’exemple du respect de la vie de l’homme.

Leur attention devait donc se porter tout entière sur ces deux questions :

t° Par quelle peine ou par quelles autres mesures l’exécution à mort pourrait-elle être efficacement remplacée en France?

2° Quel régime devrait être adopté dans les lieux de détention pour enlever au malfaiteur toute possibilité de nuire , et pour le ramener aux sentiments de sociabilité?

Les concurrents étaient invités à présenter le tableau des réformes législatives proposées par divers publicistes , et celui des résultats obtenus en divers pays par la pratique du système pénitentiaire et de celui de la déportation. Ils devaient baser leurs théories sur l'étude de l’homme et l’expérience des faits; c’est surtout un frarail d'application qui leur était demandé.

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