‹ Du Régime cellulaire préventif, répressif et pénitentiaire, à substituer au système pénal actuel en général, et à la peine de mort en particulierChapitre 4 sur 42 · DE LA PEINE DE MORT · texte numérisé non relu

DE LA PEINE DE MORT

sous LE RAPPORT

«le riuTlolAbllItë de la vie bumalne (1).

' I. Quel que soit le point de vue où Ton se place pour observer la société , sa marche , ses mœurs , ses lois , dans son enfance ou dans l’état de civilisation, une chose nous frappe , c’est l’indifférence ou plutôt le dédain profond qu’elle témoigne pour la vie. Dans la lutte que le corps social est obligé de soutenir contre le génie du mal , car il y va de sa conservation , ou dans le duel que

(I) La commission dont M. Chappuy de Monllaville fut l’honorable rapporteur , a témoigné le désir de voir notre travail précédé de quelques considérations générales sur l’abolition de la peine de mort ( V. le Rapport ) ; nous n’avions pas cru devoir en parler, et , en cela , nons nous étions renfermé dans les conditions du programme. M. Ch. Lucas s’est occupé de cette question dans son ouvrage sur le système pénal ( de la Mission de la Justice humaine ). M. de Chateauvieux , rapporteur du concours ouvert à Genève , émit l’opinion que celte partie de l’ouvrage de M. Ch, Lucas étant

les nations engagent , il semble que pour les individus comme pour l’être moral qui les résume tous , il n’y ait d’autre satisfaction que celle dn sang !... Au temps de la barbarie , comme depuis l’époque où le christianisme l’a refoulée loin de nous , du sang , toujours du sang répandu ! Le mal n’en existe pas moins : le remède qu’on appbqne à la plaie sociale ne la diminue ni ne la cicatrise, elle n’en est que plus vive et plus saignante (1). Il ne faut pas s’en étonner, la société n’a rien fait pour la fermer... Ce qui la tourmente ce sont les excès , inévitable enfantement des passions, de l’intérêt, de la haine, de la vengeance, etc. , que sais-je? et c’est par la mort qu’on cherche à les réprimer, après avoir es-

nécessairement métaphysique , n’oflrail pas à la masse des lecteurs un degré suffisant de clarté ( p. 4^ du Syst. pén.). Nous n’entendons pas critiquer par cette citation un ouvrage justement estimé ; mais , en venant après son auteur, nous voulons dégager le sujet d’une métaphysique obscure, et rendre nos idées faciles à saisir ; nous n’entendons , en un mot , selon les expressions de M. Uello , appliquées dans un autre cas, qu’exprimer ici quelques vérités fondamentales. (Réflexions d’un magistrat à l'occasion du discours de AI. de Lamartine sur l’abolition de la peine de mort. Cas. des Trib. 2S mai 1836. )

Nous avons également mis à profit le temps qui s’est écoulé depuis la dernière assemblée générale de la Société de la Morale chrétienne ( 30 avril 1838 ) jusqu’au moment de l’impression de notre travail , pour l’appuyer de tous les documents qui nous ont été connus dans cet intervalle.

(i ) Montesquieu a dit : « La peine de mort est comme le remède à la société malade (Liv. xii , cb. iv)» ; et la société continue de souffrir !...

péré mais en vain de les prévenir!... Quoique le législateur n’ait pas été avare de cette peine , l’homicide n’en a pas moins efh:ontément marché , la tête hante, souvent impunément. L’inefficacité de la répression constatée, il fallait trouver une autre peine. Ici commence une généreuse enquête de la philantropie. Elle a recherché si la peine de mort était efficace et nécessaire : désormais l’examen de cette question serait oiseux , car elle est résolue ; on compte les partisans de son utilité prétendue. D’ailleurs une question bien autrement importante domine celle-ci qui n’est que subsidiaire. Ne sommes-nous pas en droit de nous étonner que des siècles se soient écoulés avant que l’humanité ait songé à demander compte au pouvoir de ses fréquents attentats à la vie humaine ?

II. Tout ce que l’homme possède, honneurs, puissance , richesses , il peut dans son orgueil n’en rapporter la possession qu’à lui seul. Scs peines , ses travaux , son intelligence surtout , puissance presque souveraine qui lui soumet tant de sujets, les lui auront conquis. Mais, une faculté que son ambition ne saurait lui procurer, le pouvoir de créer, l’homme ne l’a pas. L’existence est un don du Créateur ; le sauvage l’admire dans les astres , pour nous c’est Dieu.

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