SECONDE ÉDITION
Cet opuscule a une bonne forlune sur quelle je ne complais guère. Desliné h. porr humblement sur les degrés du trAne l'âti-ession des idées régnantes concernant le rojet de rendre une exislence légale à la nolesse, il devait rester dans les modestes limirsd'lioDimages personnels h. mes amis el à un srtain nombre de fonctionnaires.
Mais deshommes politiques qui ne secroient as dispensés d'encourager les hommes noueaux parce qu'ils ont élâ eux-mêmes aidés ans leur jeunesse, m'ayant exhorté à le mellro
lu vert; on réclamail uno main vaillante, courageuse, inlleiible pour écliapper au marasme el à l'crélliisme , pour relrouver la gaieté, la libcrlc des beaui jours.
C'était le temps, on s'en souvient, où l'on parlait doctement de créer une aristocratie des bètes afin d'annuler à jamais t'intluence des hommes de lettres, des professeurs, des avocats et des médecins. Mais les femmes, eitrfimes en tout, eurent le tort d'en parler avec tant d'esprit, de gracieuse fraîcheur, de charmant entrain, que la verve gauloise est revenue : les bannerels de la sottise, les chevaliers de l'ignorance, les tenants titrés d'une réaction insensée parce qu'elle eût été sans bornes, ont perdu leurs auxiliaires encore plus vite qu'ils ne les avaient gagnés et l'opinion publi' que recouvre sa puissance : elle nous est rendue avec l'amour de nos mères un instant voilé par nos excès.
A elle de remporter la dernière victoire I De décider si la nullité intellectuelle, l'absence
doivent leur avancemeiit qu'à leur mérite ; si ' des ministres, des ambassadeurs, les premiers fonctioDDaJTes de l'ÉUl, les discutent, c'est que des forces contraires à l'égalité ont grandi à l'ombre de nos divisions et qu'elles ont acquis assez de consistance pour obliger le gouvernement à compter avec elles. Pendant quo les frères s'annaient contre les frères, les poursuivants de l'ancien régime, les adversaires-nés des idées démocratiques, relevaient leur fanon blanchi. Voilà le fruit de nos mutuelles intolérances, le résultat final de nos inimitiés, le châtiment providentiel des journées dejuin. Tout marche, en effet, tout converge à une féodalité nouvelle. Les principaux dépositaires de l'autorité le voient avant nous et mieux que nous, parce qu'ils sent placés plus haut. 11 ne faut pas chercher ailleurs le motif de leurs préoccupations nobiliaires.
Un immense mouvement de centralisai ion s'accomplit sous nos yeui en Europe : l'iadus-
7 — esliges du passé qui Toudraîent rcTerdir sur e jeunes souches mérileçl des égards, les iees sagement démocratiques onl droit à la econnaissance de lous les bons citoyens.
Qu'est-ce que seraient sans elles ces roturiers ;ui les répudient dans leurs fojers prospères, i côté de comptoirs remplis , dans de superws hdtels seigneuriaui, que dis-je? dans de»
;liàteaux, sous d'antiques ombrages tout frénissants d'abriter de tels hôtes? Ils seraient lous le c!!aume,tai!lttbles,corïéablesàïolonlé, >u les pieds dans les ruisseaux de la rue Quincampoii. Hommes d'bier, ils consultent l'art frelaté de nos modernes d'Hoiier, comme une paysanne pervertie consulte la magie du Grand-Albert pour tromper les galants; parvenus du moment, ils écarièlent 89 sur leur blason d'un jour dans la dérisoire espérance de ressembler à leurs anciens maîtres. Que le fouet de Némésis, le sifflet d'Aristopbane et le tire français dugrand Molière fassentjustice de
renommée de nos armes. Mais il y a entre tte date el celle de ^793, la difTérence qui iste entre les resplendissantes clartés de urore et les funèbres lueurs d'une conllaitîon. S9 porte l'allégresse dans les deux misphôres : La nature sourit à sa venue, iimaaité célèbre son avènement par des lions de grrtccs au Toul-Puissant. ^7^3, au ntraire, répand au loin le deuil, reiïroi, la >nstcmatJon d'homme doute de Dieu, l'ennt à peine conju tressaille de douleur dans sein maternel.
Je sais bien qu'il est un parti, composé des [ctonS d'une caste honnie depuis le cardinal 'cliclieu, qui repousse celte difTérence de I à -1793. C'est le même qui a émigré le 15 illet, au lendemain de la prise de la Bastille: land nos chaînes héréditaires se brisaient et le nous placions pour la première fois à nos lapeaui la cocarde tricolore, il s'enfuyait à jblentzaBij d'ameuter l'Europe contre notre
ou RSTABtlSSSIEIIT ItoL "
A'oii «r aecfptio ptiaonan
opuit Deum.
(Bp. P*R(.. ait Ram.)
3ii reconnaît unanimemenl aujourd'hui i la propagunde socialisle des clubs et les îles journées de Juin qui en sont issues, . cr»^sé enlre la bourgeoisie et le peuple 3 le malentendus. Quoique leurs in-
-' <x el économiques soient les md-
:«il vaincus par les arislocralies conjurées iprès vingt-trois années de combats destià vivre éternellement dans la mémoire des imes, sont restés unis jusques dans la 't. Remuez la terre sous tant de latitudes icLies au pas de course, partout vous reiverez les corps de ces deux millions de >s s'embrassant une dernière fois dans de nncis adieux à leur lointaine patrie I Scies temps, ils ont crié : Vive la Liberté ou ; Napoléon I Mais à travers les changemenU tiques, ils ne formèrent jamais deux ips, parce qu'ils avaient pour notre France efTables amours sous cette rude écorce du lat.
eurs fils, je vous prie, leurs ùh peuvenl- Stre secrètement ennemis sans s'annihi- ' Peuvenl-ils rester sous deux drapeaux nd la nation n'en a qu'un? former deux lées, l'une de l'ordre, l'autre de la républiel du socialisme, sans lenier cet héritage
Dans le silence universel qui a soudaineent succédé au bruil de nos dissensions instines, un parli s'esl formé pour enlever à société moderne sa pliysionomie virtuelleent démocra'liquc, el lui donner je ne sais lelles analogies facliccs avec l'ancien réme ; pour lui dérober ses perspcelives, ses tnsces d'avenir, el l'enfermer dans un cercle î l'air et la lumière ne viendraient que d'en ml, comme pour Joseph enfermé par ses ères. Celte faction , peu considérable par le ombre, mais imposante par le talent et l'au* iriléde ses chers, par la discipline de ses >ldats, fait une propagande active. L'abolion des privilèges, l'égalité des partages entre
les enfants, la petite propriété et toutes les autres garanties d'indépendance', d'émancipation, de progrès régulier, douloureusemenl conquises vers la fin du dernier siècle, glorieusement consacrées au commencement de celui-ci, sont discutées, remises en questioi avec une rare adresse. Sauf quelques sentinelles perdues habituées à faire feu avant le commandement, cette phalange compacte n'a garde d'avouer qu'elle veut les aCTaiblir ; mais elle circonvient leurs défenseurs naturels et fait compcndi eu sèment accroire aux petits propriétaires, aux marchands, aux commis et ouvriers, que rien de tout cela ne les intéresse, et qu'ils doivent s'abstenir en ces mi tières.'Pour ne citer qu'un exemple, elle i leur répétant partout que la question du rétablissement légal de la noblesse ne les louche en aucune façon.
Je suis, au contraire, persuadé que cela tes concerne directement, parce qu'il leur importé beaucoup que les distinctions de naissance et .de fortune, exclusivement dues au hasard, soient graduellement reàiplacées pat les seules distinctions du mérite personnel.
Ai-je besoin de dire, en abordant ce débat, e je me confie en la modéraîion de mon igagectdans le désir du clief de l'Etat, que s Jiabitudes de discussion calme, mesurée, iinblissent sous l'égide des conslilutioDs imriales?"
L'ancien article 2S9 du Code pénal était nsi con^u : u Toute personnequiaura publiicment porté un costume, un uniforme ou ne décoration qui ne lui apprlicndra pas, I qui se sera attribué des litres royaux qui ne i auraient pas été légalement conférés, sera mie d'un emprisonnement de six mois A 3I1X ans. »
Ce dernier paragraphe: « Ou guisesera atib-ué des titres royaux qui ne lui auraient pas é légalement conférés « a été supprimé par ta bambre des députés jfL la presque unaDtmité), 7 décembre -I831, sur la proposition de '.. Bavoux, appuyée par le général Lafoyelte, 1M.CliarlemagneetLameth.0nen demanda ujourd'bui la réintégration, sans voir qu'il tistait sous la Restauration, et que les minis-
très du roi Charles X, les plus iafatués àt blesse, l'avaient laissé tomber eD désuéli il n'a pas été appliqué une seule fois pat IribuDaus, parce qu'il ne corresponilail pl -UD besoin de la Société. Le rétablir, c'est ( s'obliger à le faire juridiquement respeci!
tenter en faveur des titres nobiliaires plus la Restauration elle-même ; c'est prendre iniliative qui engage la considération du ■.
vemement, désormais tenu' de veiller i stricte ciécutîon. Est-on bien sûr que si gilance ne sera pas souvent en défaut? !
gine-t-on qu'il accroîtra sa force morali allant plus loin que M, le prince de Polil et que M. le comte de Peyronnel?
Beaucoup de familles nobles ne posse aucun de leurs papiers, jetés à tous le^^ de la Bévotution, tandis qu'un grand noi d'autres sont parvenues à faire entrer des licules, des qualifications et des noms p nymiques dans leurs actes de naissanc baptême, de mariage et de décès; dai Ibèses soutenues devant les facultés de et de médecine -, dans les brevets de noi lion et de promotion accordés par ie
voir, elc. Commenl discerner le Trai du faux daDS se dédale?
Il y »ydil-on, la notoriété. Où commencera-t-elle?-Où finira-l-elle ? Chacun connait des familles qui portent des particules usurpées, des litres coalrouvés ; mais tout le monde les accole à leurs noms propres. Est-ce unenoU>riélésuriisante,etsi l'on ne s'en cont ente pas, si l'on veut remonter aux actes de l 'lilat civil, où s'arrêlera-t-on ? El quand on se ireirouvora en face de familles nobles qui ont perdu leurs papiers, de familles roturières qui sont nobiliairement qualIQées dans les leurs, quels seront les éléments d'équitable appréciation? Il es! aussi des familles qui ne sont connues que sous leurs noms patronymiques:
il serait, nous le croyons, plus facile de les débaptiser que de les contraindre à reprendre leurs noms réels, et l'usage ici serait plus fort que la loi.
Une pareille mesure serait sinon impraticable, du moins bérissée de difficultés devant lesquelles laDestauration a fait fléchir ses propensions les plus accenluées.
Ses défenseurs allégnent l'exemple de U Belgique.
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Nous croyons qu'il y a de plus grandes i ses à accomplir que de copier nos voisins,:
tout dans ce qu'ils peuvent avoir d'arrién d'illusoire. Il est paient que certains pers nages appartenant aux nuances nobiliaire rélrogrades, hésitent K poser leur'candidal à la députât ion, parce qu'il en résulterait; eux de trop lourds sacrilîcés. Cela ne pro assurément ni la popularité ni la force mo de la noblesse en Belgique. Cette réserve primée, nous ne ressentons aucun emba à reconnaître que l'arrêté du roi Guillaum fiollande, du 22 janvier -1822, interdisant officiers de l'étal civil, aux officiers min riels, etc., de donner des dénominations gitimes, reçoit son application. Une comi sion spéciale, connue sous le nom de Co:
héraldique, vérifie les titres, et le journal ciel publie le résumé de ses travaux. En -1 le Moniteur belge a donné la liste de louK concessions ou reconnaissances de titres biliaires accordées par le roi Lëopold de •1831. On y voit près de 3S0 noms, et les blissemenls continuent. Cela désafTeclii les masses réduites à la portion congru
droit commun, el cela rend les familles privilégiées plus entreprenantes contre Tégalité, plus arrogantes dans leurs relations privées, plus audacieuses contre la petite propriété.
Sous prétexte de stabilité future, on ébranle l'ordre actuel.
Nous ne demanderons pas ce que les classes laborieuses de la bourgeoisie et du peuple y ont gagné. On ne répondrait que par de vaines déclamations. Nous ferons seulement remarquer que c'est bien d'un Conseil héraldique qu'il s'agit, et que l'on serait obligé d'en former un à l'instar de celui qui fonctionne à Bruxelles. Mais ne voit-on pas que ce qui s'effectue passablement dans une capitale de ^40,000 âmes, pour une nation de quelques millions dimbitants, ne pourrait s'exécuter que d'une manière très-imparfaite dans une capitale de ^,200,000 habitants, pour une nation de 36 millions d'ûmes?
Un propriétaire territorial prend le nom de Tune de ses propriétés à titre patronymique, l'eu à pei:, on lie sa seconde appellation à la première. S'il réside dans sa commune, il ne lui sera pas facile de tromper l'officier de Té-
(al civil. Mais aucune erreur n'aura-l-elle mais lieu au profit de personnes intdresséf l'obtenir sans causée de préj udice à des tjf Puisqu'on se trompe sur le sexe des nouve nés,- malgré l'intérêt de la défense armée pays, ne pourra-l-on pas se tromper dans qualifications ? et si l'erreur a lieu, la hm sera anoblie I Un greffier de village aura i cerné un litrel Que sera-ce si lepropiiéts territorial a changé de domicile, et que témoins affirment devant l'officier de l'i civil qu'il est noloiremenl connu sous le u de comte d'Escarbagnas ou de marquis Pourceaugnac? Quant aiii familles nul qui ont perdu leurs papiers en fuyant le terres dévastées, et à celles qui sont en p session de qualiOcations faussement inlrod (es dans les actes depuis plusieurs gêné tions, les questions soulevées seraient souv<
Néanmoins, supposons que l'on tourne difficultés que l'on ne parviendra Jamaii surmonter totalement, il en reste d'auU Nos innocents usurpateurs de titres ne prennent apparemment pas pour en jouir
■Dl les ufficiers de l'état cifil, ni dOTant les ommUsaires préposés aux inhumalioas : c'est «ur qu'on les prononce à leur entrée dans un aloQ, pour en placer les emblèmes sur leurs oilures, leur vaisselle, leur linge et leurs varies de visite; pour que les clients, les solicileurs, les fournisseurs, les domestiques et es simples, les répètent dans leurs relations et es écrivent dans leurs missives.
Le Conseil héraldiqut et le ministère public nlerviendront-ilsjusque dans ces vanités de a «le privée ? Traduirez- vous M. Jourdain en K>lice correctionnelle, parce qu'il a ordonné à Nicole de l'appeler M. le Marquis? Ce serait me inqubition au sein des familles, une imnixtion judiciaire dans le loyer domestique, in remède pire que le mal, car c'est un mal |ui ne nuit à personne qu'à ses auteurs, taniisque le remède violerait la liberté civile. Et 'i ces enquêtes, ces investigations dans la vie irivée sont impossibles; si les usurpateurs de lires continuent à les porter, que devient oute l'économie de la loi ? Évidemment, la ;eDtilhommerie n'est justiciable que du sens
Tel maître de danse de bayadères, tel selliciteur impudent qui adore toutes les victoires et qui se raille de toutes les défaites, s^est créé un revenu en exécutant des mouvements cadencés ou de cyniques palinodies; du haut de ses renies, cet engin de perfectionnement dans Fart de fléchir le genou et de calomnier les vaincus, veut briller à son tour, non par Tintelligence ni par Thonnêlelé des mœurs, mais à la façon dont beaucoup de gens brillent aujourd'hui, par des airs de grand seigneur roué, appris à rarrière-bouli^ que ou dans une antichambre. N'est-ce pas une bénédiction que ce sot mette Tart du gra- Teur à contribution, qu'il émaille ses caries de visite de vignettes armoriées et de particules? Au lieu de se fâcher de son élévation, les gens d'esprit s'en amusent et rient de l'usage qu'il en fait. Pourquoi les priver de celle consolation ? D'ailleurs , voulût-on la leur enlever, qu'on ne le pourrait pas, car cet aliboton doré recourrait à mille stratagèmes pour rester un homme de qualité quand même, un homme de qualité toujours.
Que ces rejetons du plaisant marquis de Carabas, si aptes à prendre l'insolence pour la fierté et à sauter pour tout le monde, étendent acluellement leur empire, je Tavoue: la passion des particules est en progrès, elle sévit partout C'est une affection passée à Tétat sporadique qui appelle, non pas la citation des délinquants devant la police correctionnelle, niais au tribunal de Topinion publique. Point de poursuites judiciaires, eltes seraient trop fréquemment inefficaces et constitueraient uue atteinte à la liberté civile. Loin de recourir à Tapparcil de la magistrature, à la solennité de la justice, il suffirait de ramener le goût de la bonne comédie ; et parmi les pièces de Molière à présenter comme des modo-
f. ioDRniiN. Taisez-Tous, ma femme, je
l"" JanRDAiN. Descendons-nous lous deux : de bonne bourgeoisie ?