‹ Du Réticulo-Sarcome Osseux Différencié:Chapitre 16 sur 39 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Production tumorale maligne vrai-emblablement de même nature que les ganglions inguinaux : réticulo-sarcome différencié du type Parker et Jackson.

Devant ce résultat, le patient est adressé à la Fondation Bergonié, où il est admis le 16 janvier 1953.

Les douleurs du membre inférieur droit sont alors vives, à type d'élancements, spontanées, aussi bien nocturnes que diurnes. Le malade boîte. Il est amaigri et fatigué, mais apyrétique. L'appétit est conservé.

Examen local : À l'inspection, on voit la moitié supérieure de la cuisse droite considérablement augmentée de volume. L'aspect des tégquments est normal. La palpation perçoit une tuméfaction profonde, faisant corps avec l'os, occupant la partie supérieure de la cuisse, à limite inférieure imprécis?, de surface lisse, de consistance dure et homogène. Elle revêt en somme la forme d'une massue à grosse extrémité supérieure. Cette tuméfaction est douloureuse avec maximum au niveau du pli inguipal, du trochanter, et du pli fessier. Les muscles de la cuisse et du mollet sont atrophiés.

Examen régional: Adénopathie inguinale droite constituée par des ganglions petits, fermes et mobiles. Il y a deux ganglions rétro-cruraux de la taille d'une noix, fermes, non fluctuants, fixes, légèrement douloureux. Il n'y a pas d'hydarthrose du genou.

Examen radiographiaue : I] montre la présence d'une tumeur ayant l'allure d'une géode, au tiers moyen de la diaphyse fémorale et repoussant la corticale sur la face externe. Le grand trochanter présente un aspect de condensation de type pagétoide.

Un bilan biologique complet, est également pratiqué.

La vitzsse de sédimentation est normale.

La calcémie et la plusphorémie sont légèrement abaissées.

Fig, 3: M. Z.. — Radiographie à l'admission à la Fondation Bergonié

Les 17 céto-stéroïdes également.

Les phosphatases alcalines et acides et le taux de protides

totaux sonf normaux.

L'électrophorèse donne une courbe similaire de celle qu'on obtient dans les lympho-sarcomes avec abaissement des « et B

globulines et augmentation des albumines.

Quelques jours après, M. le Professeur LACHAPÈLE mettait l2 malade en roentgenthérapie. Le patient était irradié sur six

champs jointifs, chacun rectangulaire, de 4X 12 cm. à grand axe

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parallèle à l'axe de la jambe, répartis à la peau tout autour du tiers supérieur, et un champ inguino-abdominal. La répartition du traitement était alternée et sa chronologie quotidienne : un champ par jour recevait 300 r. La tension était de 200 KV. l'intensité de 5 mA. Le rayonnement était filtré par 1 millimère de Cu, mm Al

Le traitzment a duré quaranite-deux jours et la dose reçue au niveau de chacun des champs fut 1800 r., la dose totale étant donc de 12.600 r. Dès les premières séances de roentgenthérapie, le malade présente un clocher thermique à-39°. Après l'avoir placé quelques jours sous antibiotiques, la fièvre disparaît définitivement. Au 20° jour du traitement, les parties molles fémorales avaient retrouvé une partie de leur souplesse et la palpation ne permettait plus de sentir la tumeur en massue. Les téguments supportaient très bien l'irradiation. Les adénopathies inguinale et rétro-cruralz avaient considérablement diminué de

volume et leur consistance était devenue plus molle.

À huit jours de la fin du traitement, une radio était pratiquée qui montrait une importante réaction ostéo-constructrice de tou-

te la zone tumorale.

Le 27 mars 1953, le traitement était terminé. Le patient quittait la Fondation Bergonié en excellent état local et général. Sa cuisse avait retrouvé un aspect parfaitement normal, cependant l'adénopathie rétro-crurale persistait. Il avait, en outre,

retrouvé le poids qu'il pesait avant le début de la maladie.

M. Z.… était alors régulièrement suivi tous lès deux mois aux consultations du Centre. Son état général demeurait excellent,

la récupération fonctionnelle était parfaite.

Le 3 décembre 1953, le malade était admis à nouveau à la Fondation Bergonié. Une radiographie montrait alors une fracture pathologique sous-trochantérienne du fémur droit avec engrênement et angulation à convexité externe. Elle montrait

également une énorme évolution très sensible du processus

Fig. 4 — M. Z.. — Radiographie en fin de traitement. Réaction ostéo-condensante post-roentgenthérapique

pathologique au niveau de la tête, du col et du massif trochantérien, avec une évolution plus discrète du côté de la diaphyse ; un cliché thoracique montrait une image pulmonaire normale, sans aucune trace de métastase et aucune réaction médiastinale. L'état général est excellent. La gêne fonctionnelle est étonnamment discrète. Le malade marche presque normalement. Seule

une légère boïterie à l'effort traduit la fracture pathologique.

On entreprend alors une nouvelle roentgenthérapie dans les mêmes conditions d'appareillage que la précédente. Le malade

était irradié suivant trois champs : antérieur, latéral et posté-

Fig. 5. — M. Z... — Fracture pathologique.

rieur, de 8X12 cm. de surface, centrées un peu au-dessus du grand trochanter. Il recevait 300 r. chaque jour sur un des champs. Le traitement qui dura vingt et un jours se termina le 31 décembre 1953. Chaque champ avait reçu 2.100 r., la dose totale était de 6.300 r. Le patient quitte alors la Fondation Bergonié. Il est en excellent état général et se déplace normalement. Du fait de l'engrènement de la fracture, le membre infériur droi est raccourci de plusieurs centimètres. Il ny a

plus du tout d'adénopathie.

Depuis, M. Z.…., est suivi régulièrement aux consultations du

Centre, tant au point de vue clinique que radiologique. À une

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consultation toute récente, nous l'avons vu se présenter en parfait état local et général.

Une radio a montré une recalcification considérable de toute la zone tumorale. La région est consolidée et stabilisée. Le pa-

tient vaqu2 normalement à ses occupations.

Patiente de 69 ans, ayant subie une roentgenthérapie en 1943 pour une tumeur de la diaphyse fémorale. En novembre 1954, reprise ide l'évolution. Entrée à la Fondation Bergonié à la fin du mois d'août 1955. Traitée par désarticulation de la

hanche. Bon résultat immédiat.

Décédée en novembre dernier d'un infarctus du myocarde. Ne

présentait alors aucun signe de récidive ni de métastase.

M" Marie-Jeanne B.., âgée de 69 ans, est admise à la Fondation Bergonié, le 27 août 1955. Le début de l'affection remonte à 1943. À ce moment était apparue progressivement une tuméfaction au niveau de la moitié supérieure de la cuisse droite, particulièrement dans la région antéro-interne. Cette tumeur était dure, non douloureuse, et avait, aux dires de la patiente, la taille d'un œuf de poule. Les téguments étaient normaux et la gêne fonctionnelle nulle. Après un traumatisme, la tumeur avait augmenté de volume et la malade avait été adressée à un radiologue qui avait institué une roentgenthérapie dont la dose

ne nous 2st malheureusement pas connue.

Jusqu'en novembie 1954. l'état demeure stationnaire. Cepen-

dant la patiente éprouve à l'effort des crampes musculaires

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quelle attribue à ses varices. Bientôt, ces crampes augmentent et cessent d'être calmé?s par le repos. À partir de ce moment, la malade reste confinée dans son lit. Au mois de février 1955 apparaissent des douleurs lancinantes avec accès paroxystiques au cours desquels elles irradient jusqu'au pied.

Une radiographie est faite qui montre un remaniement osseux avec réaction de la corticale sur la zone postéro-interne et avec quelques petits spicules osseux irradiant vers les tissus mous et le radiologue se demande si ces petits spicules osseux traduisent des transformations dues aux irradiations précédentes ou une reprise de l'évolution maligne interrompue depuis douze ans.

Malgré lès conseils de son médecin, la patiente, qui envisage difficilement une hospitalisation, attend encore quelque temps. Cependant, au mois de juin 1955, la tumeur augmente de volume et les crises douloureuses deviennent plus fréquentes. A la fin du mois de juillet, la malade devient insomnique et maigrit. On pratique alors une ponction exploratrice qui retire un verre de liquide sanguinolent, soulageant temporairement la malade. Sur les instances du médecin et de sa famille, elle entre peu de temps après à la Fondation Bergonié. L'examen clinique montre une grosse tumeur au niveau de la face antérointerne de la cuisse, rénittente, fixée, recouverte d'une peau luisante, marquée d'une légère circulation collatérale. Au niveau du point de ponction persiste une ulcération rouge qui laisse sourdre une sérosité louche. Il n'y a pas d'adénopathie ni inguinale ni rétro-crurale. L'état général est atteint, la malade

est amaigrie et pâle.

Compte rendu de la radiographie pratiquée à l'entrée de la malade à la Fondation Bergonié

Modification de la structure du fémur droit au niveau de son tiers moyen. Los apparaît généralement condensé avec quelques taches plus claires, parsemées, lui donnant un aspect vermoulu. Les contours osseux sont éburnés, leurs bords sont un peu irréguliers. La corticale même semble rompue. Les lésions succèdent brusquement à l'os sain du côté distal.

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