ANATOMIE-PATHOLOGIQUE DES SARCOMES RETICULAIRES
Le réticulo-sarcome indifférencié de l'os ou tumeur d'EwinG, est constitué du point de vue de sa morphologie microscopique par une prolifération cellulaire abondante, fréquemment disposée en couronnes autour de petits vaisseaux et entrecoupée fréquemment de zones hémorragiques et de nécrose. Cette prolifération cellulaire est constituée d'éléments d'assez petite dimension, arrondis ou aplatis, à noyaux ronds ou légèrement fusiformes présentant des irrégularités. Les cytoplasmes sont assez fortement chromophiles, sans granulation, et leurs limites, parfois difficiles à préciser. Les tentatives d'imprégnation de la réticuline ne mettent en évidence absolument aucun réseau de cette nature. En présence de tels aspects, on pourrait parfois être tenté de penser à une métastase osseuse d'épithélioma à structure peu évoluée ou bien, comme WiLis l’a fait, d’'attri-
buer ce processus à une métastase d'un sympathome embryon-
Fig. 7. — Tumeur d'Ewing (microphoto X 60). — Lamelles osseuses entourées par deux plages de prolifération de petites cellules très tassées, aux limites indistinctes, avec des suffusions hémorragiques.
Fig. 8. — Tumeur de Parker et Jackson (microphoto X 60). — Entre des
lamelles osseuses, coulées importantes de cellules jointives, volumineuses,
pseudo-épithéliales.
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naire, sympathogénique ou sympathoblastique, à cause de certains aspects trompzurs en rosettes ; mais dans les sympathomes embryonnnaires ces roset.es sont constituées par des cellules disposées autour de groupements fibrillaires tandis que dans la tumeur d'EWING, ces rosettzs ont des dispositions cellulaires autour de vaisseaux ou de suffusions hématiques. Nous voyons donc dans cette variété de réticulo-sarcome l'aspect d'une prolifération mésenchymateuse totalement indifférenciée qui contraste très fortement avec celui de la tumeur qui doit surtout nous occuper ici et qui est le réticulo-sarcome différencié de
l'os.
Ce dernier, en effet, s'avère au contraire formé de vastes nappes cellulaires sans localisation péri-vasculaire particulière. Ce qui frappe d'emblée dans ces cellules, c'est leur dimension importante, leur disposition étalée, toutes étant jointives les unes des autres en une structure pseudo-épithéliale pavimenteuse avec des cytoplasmes de forme variée, arrondie, polyédrique ou parfois contournée ; ces cytoplasmes, peu fortement chromophiles, d'aspect général clair, ne contiennent pas de granulations visibles si ce n'est parfois par les colorations hématologiques sur coupe, telles que lz2 May-Grunwald-Giemsa, de discrètes et peu nombreuses granulations rougeâtres que l'on appelle azurophiles. Les noyaux sont généralement globuleux, mais deviennent parfois quadrangulaires pouvant même prendre des dispositions en travers de la cellule, dites « en drapeau » ; leurs nucléoles sont nombreux, souvent irréguliers, bourgeonnants, nettement anormaux ; la substance chromatinienne ellemême du noyau, est parfois distendue par des phénomènes d'œdème et réalise parfois des bourgeonnements et des incisures aboutissant à des dispositions très irrégulières analogues à celles que certains auteurs qualifient de « noyaux grimaçants ». La vascularisation se fait par des déhiscences et des fentes inter-cellulaires. L'imprégnation de la réticuline par la
méthode de WIiLDER par exemple, met toujours en évidence un
Fig. 9. — Tumeur de Parker et Jackson (microphoto X 450). — Au fort
grossissement les cellules apparaissent très nettement de type réticulaire ou
histiocytaire avec des noyaux ronds ou encochés, irréguliers, et des cytoplasmes faiblement chromophiles.
Fig. 10. —— Tumeur de Parker et Jackson (microphoto x 150). — Vue d'ensemble du réseau de réticuline très fourni entourant les cellules ou les groupements cellulaires
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réseau abondant entourant les cellules isolées ou de petits groupes cellulaires sous forme de fibrilles anastomosées en noir, assez vif, s'unissant parfois pour former des troncules plus importants qui aboutissent en quelques points à des bandes de tissu collagène. Nous voyons donc que cette néoplasie rappelle dans l'ordre tumoral, ce que les réticulums de la moelle réalisent dans l’ordre histologique normal. C'est-à-dire des cellules différenciées en vue d’une fonction précise ayant une architecture d'ensemble cohérente et des dimensions notables avec
en outre, le soutien d'un réseau de réticuline très bien déve-
loppé.
Dans ces tumeurs, la différenciation cellulaire dépasse même parfois le simple stade de la cellule réticulaire pour atteindre celui de l'histiocyte jeune ou histioblaste ; ce sont les éléments qui dans notre description sont donnés comme ayant des noyaux gquadrangulaires ou en drapeau, et c'est surtout à leur niveau
que s'observent les anomalies nucléaires les plus remarquables.