ET DE
LA MORPHINOMANIE
Dès le début de nos études médicales, nous avons eu sous les yeux des exemples de morphinisme. Plus tard, dans les asiles, nous avons pu étudier à loisir d’autres victimes du grand poison intellectuel.
En dehors de ce champ d'observation, il nous à été donné de compter dans nos relations plusieurs morphinomanes avérés. À éeux-là nous nous sommes attaché ; nous avons eu leurs confidences, nous connûmes leurs déses-
“poirs. Deux sont morts que nous avons suivis Jusqu'à leur dernière hetre.
Impressionné par de tels exemples, nous avons voulu connaître dans ses manifestations, dans ses effets, cette chose prestigieuse qu'est la morphine. Sur nous-même nous l’avons expérimentée le plus froidement possible. Cette tentative nous a appris quelque chose. Avec certaines considérations sur les causes, la prophylaxie et le
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traïtement de la morphinomanie, elle sera le sujet de ce travail.
Nous n’ignorons pas que nous n’ajouterons rien d’absolument nouveau à ce qui a été dit sur ce point ; que de magistrales études ont précédé notre faible effort. Cependant nous avons pensé qu’une expérience tentée délibérément sur nous-même, serait fout au moins intéressante ; qu’une description vraie, scrupuleusement faite de ce qu’est le délire morphinique risquait de n’être pas inutile.
Au moment d'écrire leur thèse inaugurale, la plupart des étudiants jettent un regard interrogateur et navré sur leur faible bagage scientifique. Nous nous sommes tâté de la sorte, et nous avons vu combien il nous fallait être modeste dans nos prétentions. À la bienveillance de nos juges, nous présentons, avec ses faiblesses, cette œuvre en tous points personnelle. —
Voici quelle sera la division de notre sujet :
TI. Qui devient morphinomane ?
Comment devient-on morphinomane ?
IT. Du rêve morphinique. Compte-rendu l'une expérience personnelle.
Analyse d'observations.
IT. Du traitement de la morphinomanie.
IV. Considérations sur la prophylaxie de la morphinomanie. Dec
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