‹ Du RhinoscléromeChapitre 5 sur 24 · CAUSES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CAUSES GÉNÉRALES

1° Réparhihon géographique. — La répartition géographique du rhinosclérome est un point fort intéressant dans l’étude du rhinosclérome. Dans certains pays, tels que la France, l'Angleterre, on ne possède encore aucune observation de cette affection, développée chez des habitants de ces contrées. Les études sur le rhinosclérome, dans ces pays, n’ont été faites que sur des personnes étrangères, venues pour consulter.

Le foyer principal du rhinosclérome est l'Autriche et la Petite-Russie. C’est de ces deux pays que viennent le plus grand nombre des observations publiées. On a relevé jusqu'à ce jour dix cas en Galicie, dix en Moravie, cinq en Bohême, cinq en Hongrie, deux en Bukowine. En Russie, nous connaissons quatre cas dans le gouvernement de Wo- Jhynie, quatre à Kiev, deux en Pologne, trois en Podolie, deux dans le gouvernement de Tchernigew, un en Podlasie el un à Odessa.

À St-Pétersbourg, on ne connaît qu’un seul cas de rhinosclérome, observé en 1874 et vu par le professeur Brueff. Il se trouve rapporté par Wolkowitsch.

Mme Ellsine, au congrès des médecins russes, déclare avoir observé plusieurs cas de rhinosclérome à Péters-

DRE bourg, dans la clinique du D' Tarnowsky ; mais elle ne parle pas de la nationalité des sujets atteints.

On n’a publié qu’une observation de rhinosclérome dans la Silésie prussienne et une autre dans la Moldavie.

Les auteursitaliens, Tanturri, Pellizzari, Mibelli, Melle, Massei, Barduzzi, Pedicini, Ducrey ont fait des travaux d'après huit cas de rhinosclérome qu'ils ont trouvés dans leur pays. Les malades observés habitaient Pise, Florence, Sienne ; la ville de Naples a fourni, à elle seule, quatre de ces cas.

En Belgique, un malade à été observé à Bruxelles.

La Suisse compte deux cas de rhinosclérome. Le premier a été observé chez un habitant de Schaffouse ; et au mois de janvier dernier, MM. Secretan et Stilling (1), professeurs à Lausanne, ont présenté un second cas de rhinosclérome développé chez un homme, habitant Loustier, dans la vallée de Bagues, canton du Valais.

En Suède, en Espagne, en Egypte le rhinosclérome est extrêmement rare.

En France, comme en Angleterre, nous l’avons déjà dit, les cas publiés ne se rapportent qu’à des étrangers. On pourrait volontiers croire que cela tient à ce que l’attention n’est pas suffisamment attirée sur cette affection, qui n’y est connue que très superficiellement.

C'est en 1883 que le premier cas fut observé à Paris. Il s'agissait d’un jeune homme, d’origine espagnole, mais habitant Quesaltenango de l'Amérique centrale, envoyé à

(1) SECRETAN et SriLLinG, Revue de la Suisse Romande, note sur un cas de rhinosclérome, 20 mars 1892.

oi M. le professeur Verneuil qui, indécis, le montra aux médeeins de St-Louis.

Les avis furent partagés. M. le D' E. Besnier fit le premier le diagnostic de rhinosclérome, d’après ses souveuirs de la description d'Hébra et de Kaposi, car il n'avait Jamais vu cette affection. C'était le premier malade qui arrivait en France, car nous laissons de côté les cas méconnus dont nous avons parlé plus haut et aussi les deux anciennes observations non étiquetées des professeurs Richet et Duplay qui se rapportaient peut-être à des rhinoscléromes, mais dont l'examen histologique n’était pas concluant. Le D' Babès qui connaissait le rhinosclérome, pour avoir suivi la clinique des maladies cutanées à Vienne, ayant vu le malade dans le service de M. le professeur Verneuil, à la Pitié, confirma le diagnostic de M. E. Besnier. C'est sur ce malade que MM. Cornil et Alvarez firent leurs premières recherches. Plus tard ce malade alla en Angleterre et c’est d’après lui que Paque et Semour firent une communication à la Société pathologique de Londres et dans la suite Morel Mackensie refit encore son histoire d’une façon plus complète. Si la littérature anglaise compte un nouveau cas, celui-ci fut d’abord observé au Caire chez une Egyptienne, vue auparavant par le D' Sousino. Cest d'après cette malade que Sidney-Davies fit son travail sur le rhinosclérome.

En France, le deuxième rhinosclérome à été présenté par M. E. Vidal, l’année dernière (1). Il intéresse une femme de 35 ans, née à Lima (Pérou), habitant Buenos-

(1) Le moulage, qui en a été fait, est au musée de l'hôpital St-Louis, ne 1178.

Ayres, depuis 16 ans. Enfin le troisième et dernier cas, c'est celui que nous publions dans notre thèse ; ilappartient également à une étrangère,

Après l'Autriche et la petite Russie c’est dans l'Amérique centrale qu'on trouve le plus fréquemment le rhinoselérome, Déjà en 1885, M. le D' Alvarez, de San-Salvador, avait publié 23 observations personnelles el trois autres données par les D Pêna Fernandez, Palomo, Guevara qui exercent aussi à San-Salvador, Dans ces cas, le diagnostic à été confirmé par l'examen bactériologique el histologique, sauf chez deux malades, C'est sur ces matériaux de l'Amérique centrale que M, le professeur Cornil et Alvarez firent leurs recherches sur le rhinoselérome.

Dans l'Amérique du Sud, le rhinoselérome devient plus rare : Lutz, du Brésil, l'observa chez un nègre brésilien, âgé de 30 ans, Le deuxième cas, connu dans celle région, est

relaté dans l'observation de M. E. Vidal. I s'agit d'une malade, née à Lima, du Pérou, mais habitant Buenos-Avyres depuis 16 ans,

Dans l'Amérique du Nord le rhinoselérome n'a été signalé qu'une seule fois ; ce cas à été publié par Bulkley.

On comprend que, d'après cette répartition géographique bizarre el Le peu de fréquence du rhinoselérome, l'étude de cette affection ne soit pas complète; et, en passant, nous pouvons le dire, cette diffusion du rhinoselérome dans beaucoup de pays peut faire craindre que l'immunité, dons nous jouissons avec l'Angleterre, ne nous soit pas assurée d'une facon définitive.

Age. — Les enfants n’échappent pas à la maladie. Al: varez dans son travail rapporte une observation de rhino-

sclérome chez une petite fille âgée de 41 ans, chez qui l'affection aurait débuté à l’âge de 6 ans. Dans une autre observation intéressant ün jeune garçon, le rhinosclérome aurait débuté à l’âge de 12 ans. Le rhinosclérome, bien qu'on en ait dit, pourrait donc débuter avant l'âge de la puberté.

Le début varie de 6 à 28 ans ; nous ne connaissons que le cas de l'Egyptienne de Sydney-Davies, chez qui l'affection a débuté à l'âge de 29 ans. En général c’est de 19 à 25 ans que le rhinosclérome commence, d’où il résulte que ce sont de jeunes sujets ou des adultes compris dans la première moilié de la vie qui sont atteints de cette maladie.

face. — La race blanche est plus souvent atteinte que la race noire, du moins d’après les travaux faits jusqu'à ce

jour.

Sezes. — Le rhinosclérome atteint plus souvent le sexe

masculin que le sexe féminin, dans la proportion de 5 à 4. Cela tient peut-être aux professions plus pénibles et à la vie plus accidentée du sexe masculin.

État social. — Peut-être parce qu’elle forme la majorité de la population, c’est dans la classe ouvriëre que le rhinosclérome se trouve le plus souvent. Ainsi sur 23 observaiions, Alvarez cite un cas survenu chez un négociant, tous les autres se trouvent chez des gens de la classe ouvriére. De méme Pellizzari, dans plusieurs cas, ne rapporte qu’une observation de rhinosclérome survenu chez un homme d'une condition supérieure, c'est chez un jeune médecin qui a contracté sa maladie alors qu'il étudiait la médecine à Sienne. Notre malade, elle aussi, paraît faire exception, car elle appartient à une classe déjà élevée.

Page 1