‹ Du Rhumatisme Blennorrhagique et de son TraitementChapitre 22 sur 56 · PEN ELA · texte numérisé non relu

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parlé du traitement général et du traitement local de l’arthrite blennorrhagique, nous devons dire en quelques pages ce que nous pensons de l'intervention chirurgicale et de ses indications dans le traitement de cette affec— tion. |

Tout d’abord si nous jetons un regard d’ensemble sur nos observations, nous constatons que deux malades seulement ont dû passer en chirurgie pour subir l’arthrotomie.

De plus, nous sommes surpris de voir que sur un nombre relativement assez considérable de malades observés par nos maîtres et par nous 110 environ... pas une seule fois Pankylose ne s’est montrée consécutivement aux arthrites blennorrhagiques relatées dans ce travail.

Cette redoutable complication serait-elle donc plus rare qu'on le dit JÉRCRAEMENt” Nous le pensons, et sans être trop affirmatif, nous croyons entrevoir les raisons pour lesquelles notre avis diffère de celui de beau coup d'auteurs. |

Tous les malades que nous avons vus, et dont les observations sont consignées dans notre thèse, ont été traités activement dès le début de leur affection. Le traitement a été institué non-seulement contre l’arthrite, mais contre l'infection générale gonococcique et contre l’uréthrite; de plus nous remarquons que l’immobilisation complète a été très rarement et très sobrementemployée. On la faisait cesser le plus tôt possible. Tout cela nous explique pourquoi aucun de nos malades n’a présenté d’ankylose. Aussi croyons-nous qu’un certain nombre des eas d’ankylose observés jusqu'ici, estdû à Pimmobilisation

prolongée des jointures atteintes et à insuffisance, soit du

traitement général interne, soit du traitement de l’uréthrite, soit du traitement local de larthrite. Aussi pen- -Sons-nous devoir insister encore sur l'importance ‘que nous attachons au traitement général et au traitement

‘ocal dans le cours du rhumatisme blennorrhagique.

Indications de lintervention chirurgicale,

Les indications de l'intervention chirurgicale sont, à notre avis, assez restreintes.

Deux formes seulement d’arthrite blennorrhagique sont justiciables de l’arthrotomie : l'artkrite purulente et l’arthrite aiquë séreuse grave.

1° Dans l’arthrite purulente, tous les chirurgiens s’ac- cordent à reconnaître qu’une intervention radicale s’impose. Il faut ouvrir largement l’articulation, la débarras-

ser avec le plus grand soin de la suppuration qu’elle contient au moyen d’un grand lavage antiseptique, soit avec le sublimé, soit avec l’acide phénique à 1/20 (Hartmann). |

= Nous n’insistons pas sur les soins consécutifs à l’opé-

ration; pansements antiseptiques et plus tard mobilisa-

“tion et massage qui doivent être mis en usage dans toute arthrotomie.

Certains auteurs comme Bœgehold (1), Mori (2). (de

1. Bœgehold (Arch. f. kl. chir., 1882,t, XXVII). 2. Mori de Brescia (Traitement des synovites aiguës. Gaz. méd. Lombo

Milano, 188$, n. 29 et 33.

DO

Brescia), M. Nicaise (1) et Defressine (2) ont préconisé la ponction de l’articulation tout en faisant cette réserve, qu’il faut se tenir prêt à inciser largement même si le liquide articulaire est fibrineux et floconneux.

D’ailleurs la ponction suivie d’une injection de 5 ou 6 centimètres cubes de sublimé à 1/4000 a donné de bons résultats à M. Rendu (3) et dans un cas observé dans le service de M. Balzer et dans lequel le malade fut ponctionné par notre ami, M. Mermet, interne du service.

Il ne faut pas oublier que le gonocoque se laisse facilement influencer par les agents d’antisepsie et notamment par le sublimé. Il n’en serait pas de même s’il s'agissait d’une infection mixte et dans ce cas l’arthrotomie précoce est nécessaire. |

Mais la ponction n’est pas applicable à toutes les articulations comme le poignet par exemple. De plus, elle n’est pas sans danger d’après MM. Terrier ét Segond; et aujourd’hui la plupart des chirurgiens s’accordent pour lui préférer l’arthrotomie.

Cette opération, grâce à l’antisepsie, est maintenant sans danger, et offre sur la ponction des avantages incontestables. Elle permet de se rendre compte des lésions, d’évacuer complètement le liquide articulaire, d'enlever les membranes fibrineuses, de rompre les adhérences et de modifier l’état de la synoviale soit par les caustiques, soit

par la résection d’une partie de cette séreuse, si c’est.

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