‹ Du Rhumatisme Blennorrhagique et de son TraitementChapitre 32 sur 56 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

D... Marie, cuisinière, 28 ans, entre dans le service de M. Rendu, le 16 mars 1895, salle Lasègue, lit n° 24. La malade entre pour douleurs rhumatismales aiguës au pied

gauche.

Antécédenis héréditaires. — Aucun rhumatisant dans sa famille.

Anlécédenis personnels. — A part la rougeole vers 7 ou 8 ans n'a jamais été malade avant l'affection blennorrhagique.

” À un enfant bien portant.

L'été dernier (c'est-à-dire il y a o ou 10 mois) a pour la première fois ressenti, à la suite d’un refroidissement, des douleurs dans le genou gauche; mais elles n’ont duré qu'une douzaine de jours : elles étaient assez intenses pour empêcher la flexion dela jambe sur la cuisse.

Cependant depuis cette époque, à part un sentiment de lassitude dans le genou et quelquefois une ‘grande difficulté’ pour le plier — crépitation — peu de choses ont subsisté des accidents: primitifs.

La malade a contracté trois semaines avant son entrée une blennorrhagie typique. Quinze jours après, c’est-à-dire; il y a huit jours, elle a ressenti des douleurs vives dans l'articulation scapulo-humérale gauche, puis dans la hanche où elles sont moins fortes. Cet état dure une semaine environ, puislesamedi 14 mars, la malade est prise de localisations dans les deux pieds et à la main droite.

Le pied droit était enflé mais indolore, le pied gauche. enfle à son tour, mais est très douloureux, ce qui décide la malade à entrer le lundi 16 mars.

A l’examen, la partie dorsale du pied gauche est rouge vif, très enflée, bosselée même sur le trajet des tendons et des gaînes synoviales : elle est même un peu infiltrée. Tout mouvement du pied est impossible et le moindre contact insupportable.

À la main droite accidentsinsignifiants ; rien du côté des autres articulations.

Pas d'albumine. Rien au cœur.

L'écoulement gonococcique persiste.

M. Rendu diagnostique, synovite blénnorrhagique aiguë du

pied gauche et ordonne (omme traitement unique des injections

du GO

vaginales au permanganate, d’abord une, puis deux par jour, le troisième jour.

18 mars. — L'inflammation et l'œdème paraissent un peu diminuées, et s'arrêtent très manifestement au ligament annulaire antérieur du tarse.

L’écoulement vaginal persiste.

20. — L'application d'un emplâtre de Vigo provoque une éruption à forme herpétique, vésicules très serrées, nombreuses, de la grosseur d’une tête d’épingle, remplies d’une sérosité jaunâtre. Démangeaison modérée.

Le Vigo est supprimé: On continue les injections.

Les douleurs de la miction ont disparu, mais celle-ci est toujours difficile.

23. — L'éruption due au vigo semble terminée ; les vésicules sèchent et se desquament.

25. — Nouvelle éruption généralisée, ressemblant à la rougeole et disparaissant très vite.

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