‹ Du Rhumatisme Nerveux Chronique Chez l'EnfantChapitre 6 sur 22 · UE · texte numérisé non relu

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gnostic établi, servira à fixer une date approximative au début de la maladie ».

Forme aiguë ou subaiguë. — Cette forme, que Besnier appelle forme rapide, est la plus commune.

« La forme rapide attaque un grand nombre de jointures, affecte au début les caractères du rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, donne lieu à des phénomènes articulaires et péri-articulaires très douloureux, et produit des déviations et des rétractions précoces, qui heureusement ne sont pas toujours définitives, comme celle des formes lentes.

Elle se caractérise, en outre, par la fixité des altérations articulaires, le peu de développement des lésions ostéo-cartilagineuses, l’intensité des crampes douloureuses, la rapidité de l’atrophie partielle des muscles, par la précocité corrélative des déviations, et, enfin, par l'état hectique qui succède à la période fébrile aiguë, des exacerbations séparées les unes des autres par des intervalles quelquefois considérables ».

Les premiers phénomènes que l'on constate sont des phénomènes spasmodiques musculaires, affectant la tétanie. Ces spasmes douloureux, sur lorigine desquels on n’est pas d'accord, seraient dus, d’après Charcot, à une sorte d'action réflexe, dont le point de départ est dans les jointures affectées.

Les autres symptômes de cette forme aiguë sont la douleur, la rougeur, la tuméfaction, et parfois même un épanchement plus ou moins considérable.

La douleur a une intensité fort variable. Tantôt, c'est un unique engourdissement, tantôt une très

grande souffrance, pouvant arracher des cris au malade.

Elle a comme caractères de n'être pas continue ; elle peut affecter une certaine régularité, apparaître sourdement ou être réveillée par les mouvements spontanés ou provoquée par la pression.

La douleur subit des poussées d’exacerbation, séparées par de longs intervalles de repos ; ces poussées sont provoquées par des influences variables : froid humide, etc.

Au bout d’un temps plus ou moins long, la douleur disparaît et le malade n’éprouve plus qu’une gène fonctionnelle.

La rougeur siège au pourtour des articulations atteintes, elle est plus ou moins intense, disparait rapidement laissant les téguments pales et décolorés.

La tuméfaction, d’origine inflammatoire, le plus souvent peu marquée, peut quelquefois atteindre des dimensions énormes.

Elle peut être encore le résultat d’un épanchement articulaire, à marche lente et à faible tendance à la résorption. Dans d’autres cas, cet épanchement se résorbe et alors la muqueuse épaissie, rugueuse, donne naissance à des frottements articulaires, auxquels succèderont plus tard des craquements. :

A cette période, il se produit des rétractions fibreuses périarticulaires et des rétractions musculaires, portant soit sur les extenseurs, soit sur les fléchisseurs, les déformations sont alors établies.

Dans leur développement, les déformations sont

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symétriques, c'est-à-dire frappent simultanément les mêmes articulations des deux membres. Toutefois, elle peuvent débuter d'abord par un côté du corps et prendre ensuite le côté opposé.

Dans le rhumatisme chronique du vieillard, Charcot a démontré que les lésions rhumatismales suivaient une marche centripète, c’est-à-dire partant des petites articulations, pour atteindre les grandes. Le rhumatisme chronique de l'enfant suit-il la même règle ? D’après les observations, où le début est relevé, on constate que la marche centripète et la marche centrifuge des grandes articulations vers les petites se retrouvent d’une façon presque égale.

La généralisation de l'arthrite à toutes les jointures s'observe quelquefois. Ordinairement, la maladie s'arrête à quelques articulations. Les plus fréquemment atteintes sont, par ordre de décroissance, celles des doigts, des genoux, des poignets, puis indistinctement celles des coudes, des épaules, des hanches, des pieds, les articulations sterno-claviculaires, les articulations vertébrales, les articulations de la mâchoire et de l'épaule.

Toutes les déformations articulaires, dues au rhumatisme noueux chronique, sont caractérisées par des flexions et des extensions plus ou moins complètes, par des déviations latérales et des rétractions vicieuses,

Ces déformations peuvent se réduire à trois types principaux d’après Diamant-Berger (Les deux premiers types décrits d'après Charcot). |

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Premier type. — Flexion de la phalangette sur la phalangine.

Extension forcée de la phalangine sur la phalange.

Flexion de celle-ci sur le métacarpien.

Deuxième type. — Extension de la phalangette sur la phalangine.

Flexion de la phalangine sur la phalange.

Extension forcée de la phalange sur le métacarpien.

Troisième type (décrit par Vidal).

Rigidité de tous les doigts.

Demi-flexion de la phalange sur le métacarpien.

Le premier type est de beaucoup le plus fréquent.

Mais à côté de ces types, Diamant-Berger décrit une quatrième variété, il s'exprime ainsi : € Nous avons trouvé chez un de nos malades un type spécial caractérisé par des déviations latérales, permanentes etirrémédiables, des phalanges et des phalangines. Il n'y a ni flexion, ni extension, les déformations sont latérales et les directions qu'affectent les phalanges et les phalangines diffèrent et se combinent de façon à limiter entre l’index et le médius, un espace losangique, qui forme pour ainsi dire l’axe vers lequel s’incurvent les doigts.

Quant au pouce, c’est l’articulation métacarpophalangienne qui est la plus souvent atteinte ; la phalange est dans la flexion, quelquefois dans l’exten-

sion.

Dans l'observation de Moncorvo (1858), c’est l’articulation phalangienne qui est altérée et maintenue dans la flexion ; la métacarpo-phalangienne est au contraire intacte.

Signalons enfin, la flexion forcée des poignets sur l’avant-bras, donnant, suivant l'expression de M. Germain, à l’attitude des extrémités, une ressemblance frappante avecles nageoires de phoque.

Au pied, les lésions sont moins accusées : il est rare que les orteils soient envahis. Dans une observation de Perret (Lyon) l'articulation métacarpo-phalangienne présente des nouures comme pour le pouce de la main.

Diamant-Berger a remarqué la flexion des phalangettes dans un cas.

Lacaze-Doré a trouvé Ia voûte plantaire affaissée par suite de la lésion de l'articulation médio-tarsienne.

Au cou-de-pied, lextension forcée peut reproduire un pied-bot équin.

L'augmentation considérable du volume de l’articulation du genou, que présentent certains malades, est due à la saillie des condyles du fémur, surtout du condyle interne et à la déviation latérale externe de la rotule.

Le rhumatisme chronique n’atteint pas uniquement les articulations ; par contre-coup, il affecte les diaphyses, les muscles et la peau. De là, des atrophies musculaires considérables, des jointures énormes, et des membres amaigris et grêles.

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L’atrophie frappe également, avons-nous dit, les os ; cette atrophie est particulièrement grave, car le squelette osseux est frappé dans son accroissement,et c'est ainsi que l’on rencontre parfois des difformités énormes des différentes parties du squelette. Diamant-Berger cite des cas où cette atrophie avait particulièrement porté sur le maxillaire supérieur.

On a signalé également des troubles dystrophiques du côté des ongles et des éruptions diverses du côté de la peau.

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