DIAGNOSTIC
La polyarthrite déformante arrivée à sa période d’état et présentant les caractères cliniques que nous avons, décrits, tant du côté des articulations qu’au point de vue des troubles généraux, n’offre pas, en général, de grandes difficultés de diagnostic.
La différenciation des trois formes que peut revêtir le rhumatisme chronique est assez nette au point de vue objectif, bien que l’importance de cette classification ne soit pas très grande, quand on envisage le malade et non pas la maladie.
Ce qu'il importe surtout de bien savoir, ce sont les caractères spéciaux qui distinguent le rhumatisme chronique déformant, d’une série d’arthropathies de natures diverses et dont l’aspect clinique pourrait facilement induire en erreur. Tous les auteurs s’empressent d’établir les caractères diffé¬
rentiels entre les arthropathies rhumatismales et les désordres produits par la dyscrasie goutteuse au niveau de certaines jointures.
La difficulté est surtout grande lorsque, suivant la judicieuse remarque de M. Besnier, la goutte est sans tophus, ou lé rhumatisme sans ostéophytes ; car les concrétions tophacées péri-articulaires se distinguent facilement des nodosités osseuses épiphysaires des arthrites rhumatismales.
vue héréditaire et constitutionnel, ne doit pas nous étonner outre mesure, si nous envisageons de part et d'autre la différence des influences étiologiques occasionnelles et détermi- ■
Dans l’arthrite noueuse, les conditions spéciales d’hygiène et de genre de vie du sujet peuvent souvent se rencontrer dans l’enfance ou dans l’adolescence. Celles qui conduisent à la goutte sont inhérentes au genre de vie des adultes. Pour mieux mettre en évidence la différence de ces circonstances hygiéniques particulières, il suffit de rappeler l’exemple. ingénieux de Pidoux, qui mettait en scène deux frères s’engageant dans l’armée et revenant vingt ans plus tard, l’un général, l’autre sergent. Le général est devenu obèse, goutteux, et même diabétique ; le sergent, sec et maigre, a les mains déformées par le rhumatisme.
Disons enfin avec Bouehut, que les enfants destinés à devenir goutteux offrent souvent les mêmes phénomènes articulaires ou généraux qu’on rencontre dans la période prémonitoire du rhumatisme chronique ; plus tard ils peuvent devenir goutteux, ou rhumatisants suivant les circonstances.
A cette période tout à fait éloignée des manifestations goutteuses ou rhumatismales, le diagnostic. différentiel est presque impossible.
L’arthrite noueuse peut souvent être confondue, surtout la forme partielle, avec une tumeur blanche. Cette erreur de diagnostic est signalée dans l'observation de M. Lacaze-Doré; l’enfant était traité pour une coxalgie scrofulo-tuberculeusè. L’absence de la suppuration est sans conteste un signe capital, qui, a l’aide des autres phénomènes propres au rhumatisme noueux, pourra facilement mettre sur la voie du diagnostic. Cependant les Cas ne sont pas rares, où, à côté des manifestations scrofuleuses avec suppuration et fistules caractéristiques on voit évoluer la polyarthrite rhumatismale.
La malade de M. Stoïceseo a présenté, pendant l’évolution de son rhumatisme déformant, une coxalgie suppurée. Du reste il n’est plus douteux aujourd’hui que la tuberculose marche souvent de pair avec les manifestations arthritiques articulaires ou viscérales.
Il nous semble donc inutile d’insister encore sur les carac-
« variété vous avez affaire; les articulations peuvent être
qu’on rencontre dans le myxcedème et dans l’acromégalie, sur la nature desquels nous nous sommes déjà suffisamment expliqué quand nous avons parlé des affinités et des coïncidences morbides.