‹ Du rhumatisme viscéralChapitre 6 sur 49 · DES CAS · texte numérisé non relu

DES CAS

de péricardite ou d'endopéricardite.

Fdllek toc. dt '.'..

\alleix Loc citm ...

Ormerod Medico- chirurgical Transactions, vol. XXXVI, 1853

Mac-Leod.. . ...On Bheumatism, p. 154 '. .

Latham Loc. cit

BuDi) Loc. cit

Basham Medico - chirurgical Transactions, vol. XXXII

Taylor Même recueil, vol. XXVIII,

Bambebger ^ .. Loc. cil

Wdndeklich. . . Loc. cit.

ElCBBERG Loc. cit

Leddbt Loc. cit

Total

Malgré les dissidences notables qui existent entre les observateurs qui nous ont fourni les éléments de ce tableau, nous croyons pouvoir en déduire ce résultat générai : la péricardite existe dans un peu moins d'un cinquième des cas de rhumatisme articulaire aigu.

Il existe d'ailleurs des conditions générales qui semblent présider à l'ensemble de ces phénomènes morbides. Les affections du cœur ne se montrent pas indistinctement, ni avec une égale fréquence, dans toutes les formes, dans toutes les variétés du rhumatisme articulaire aigu.

L'une des conditions qui paraissent favoriser le plus spécialement les affections cardiaques d'origine rhu-

malismale, est Tage peu avancé des malades. « Chez les jeunes sujets, dit M. Bouillaud, le cœur se comporte comme une articulation. » Cette proposition est surtout vraie en ce qui concerne la péricardite. C'est ainsi que, d'après Fuller, sur 41 rhumatisants atteints de péricardite, 23 étaient âgés de moins de vingt ans; 14 étaient entre vingt et trente ans ; 4 seulement avaient cet âge \ Mac-Leod a rencontré la péricardite chez la moitié des enfants atteints de rhumatisme qu'il a eu l'occasion d'observer. De 1 5 sujets atteints de péricardite rhumatismale, 9 étaient âgés de vingt ans ou au-dessous; 5 avaient de vingt à vingt-six ans, et un seul était âgé de plus de quarante ans.

Selon Fuller, on pourrait établir d'après l'âge les proportions suivantes :

Au-dessous de quinze ans, la péricardite se montre dans un peu plus d'un tiers des cas;

De quinze à vingt ans, moins d'un cinquième ;

De vingt à vingt-cinq ans, moins d'un dixième;

Au-dessus de vingt-cinq ans, la proportion diminue très-rapidement.

MM. Rilliet et Barthez ont vu la péricardite survenir quatre fois chez 11 enfonts atteints de rhumatisme articulaire.

Les recherches de West ", à l'hôpital des enfants de Londres, lui ont fourni les résultats suivants :

Sur 32 cas d'affections cardiaques chez des enfonts au-dessous de quinze ans, le rhumatisme a pu être

' Loc. cit., p. 271.

' Pathologie und Thérapie der Kinderkrajikheiten, p. 330. Nous cilons d'après lu traduction allemande de Wegner.

invoqué comme cause 9 fois; la lésion était chronique dans 3 cas, aiguë dans 6 cas; 5 fois il s'agissait d'une endopéricardite, 4 fois d'une endocardite simple.

C'est surtout pendant les premiers accès de rhumamatisme que se déclarent les affections cardiaques. Sur les 39 cas de péricardite rhumatismale observés par Fuller ', 25 se sont déclarés dans le premier accès; les 14 autres dans une seconde ou troisième attaque. Encore faut-il remarquer que parmi ces 14 cas, il en était plusieurs où le cœur avait été frappé dès la première atteinte de rhumatisme articulaire.

Lorsqu'il existe déjà des lésions valvnlaires, on voit souvent les troubles cardiaques reprendre une marche plus aiguë à chaque récidive; en même temps, ces lésions deviennent de plus en plus graves, chaque fois que le cœur reçoit une nouvelle atteinte.

Enfin le sexe féminin, l'état puerpéral *, une constitution faible, un organisme débilité par les excès, par les maladies antérieures, ou par un traitement antiphlogistique intempestif, sont incontestablement au nombre des conditions favorables au développement des affections cardiaques dans le rhumatisme articulaire.

Une autre question , qui se présente tout naturellement à l'esprit, est celle de l'influence que peut exercer l'intensité du rhumatisme articulaire sur la fréquence des affections du cœur. Nous venons de voir que, d'après

^ Loc. cit., p. 278.

^ .\insi que le l'ait observer iM. le professeur Simpson, il existe, dans le sang des nouvelles accouchées, une tendance manifeste aux coagulations iûtravasculaires, qui les prédis|)ose à contracter des affections du cœur, surtout lorsqu'une cause efficiente, telle que le rhumatisme, vient exagérer celle prédisposition [Obstetric Memoirs, t. 11^ p. 08).

M. le professeur Bouillaud, les affections cardiaques seraient incomparablement plus IVcquenles dans les rhumatismes d'une grande intensité, d'une grande mobilité et portant sur plusieurs articulations à la fois (Bamberger), qu'elles ne le sont dans les cas légers. Cette opinion a été confirmée depuis par les recherches de Valleix. Elle semble d'ailleurs si naturelle au premier abord, qu'on ne songe même pas à la contester; et les auteurs anglais ont en général adopté cette manière de voir. Ainsi Mac-Leod, dans l'ouvrage déjà cité, affirme n'avoir rencontré la péricardite que deux fois dans le rhumatisme subaigu, tandis que cette affection est trèsfréquente dans les cas d'une grande intensité. (P. 95.) La même opinion est exprimé par FuUer, qui, sur 130 cas d'affections récentes du cœur observées chez des rhumatisants, en a rencontré 114 dans les cas aigus ; et sur 41 péricardites d'origine rhumatismale observées par le même auteur, il y en eut 39 qui se manifestèrent dans le cours d'un rhumatisme intense; 2 seulement appartenaient à des cas légers.

Cependant Walshe, sans précisément émettre une opinion contraire à celle que nous venons d'exposer, insiste à juste titre sur l'influence que des affections rhumatismales môme très-légères peuvent exercer sur le développement des affections du cœur. La péricardite, que nous choisissons plus volontiers comme exemple, à cause de la sûreté plus grande avec laquelle on en peut étabUr le diagnostic, la péricardite, d'après Walshe, est presque toujours liée à une affection rhumatismale ; et les cas idiopathiques de cette affection reposeraient presque toujours sur des observations incomplètes, dans

lesquelles un rhumatisme articulaire aurait passé inaperçu^. Nous avons eu nous-même l'occasion d'observer quelques cas dans lesquels une péricardite très-nettement caractérisée se développa à la suite de quelques douleurs articulaires fugaces et d'une bien minime intensité. C'est là d'ailleurs un fait que plusieurs auteurs ont eu soin de faire ressortir ^

Sans vouloir par conséquent battre en brèche la doctrine qui établit un rapport de fréquence entre l'acuité des manifestations articulaires, le nombre des articulations frappées, et le développement des lésions cardiaques, nous croyons que le principe a été peut-être exagéré, et que le rhumatisme subaigu, le rhumatisme passager, exercent à cet égard une influence beaucoup plus grande qu'on ne l'avait supposé.

Quant au rhumatisme mono-articulaire, il est universellement admis qu'il se complique très-rarement de maladies cardiaques.

Nous nous trouvons amené, par une transition naturelle, à discuter l'existence des affections rhumatismales qui débutent d'emblée par le cœur. Déjà Matthey, de Genève, avait affirmé que, dans certains cas, le rhumatisme peut influer simultanément sur le cœur et sur les membres. La démonstration positive de ce fait appartient à M. le professeur Bouillaud : il a nettement établi que l'endocardite et la péricardite peuvent coïncider dès le début avec le rhumatisme articulaire, et marcher parallèlement avec lui'"^. C'est à la persis-

• Apract. treat.ofthediseasesofthelungsandheart,^. 445. Lond., 1831. ^ Lalham, Mac-Leod, Taylor, Ormerod.

^ Traité du rhumatisme, p. 282.

lance de raffection cardiaque après l'extinction des phénomènes ailiculaiies que l'éminent professeur attribue la fièvre rhumatismale sans affections articulaires décrite par plusieurs auteurs. Cependant, il n'est pas bien rare de voir la péricardite se développer d'emblée avec tout l'appareil des symptômes généraux du rhumatisme, mais sans lésions articulaires, chez des sujets qui ont déjà subi une ou plusieurs atteintes de rhumatisme articulaire aigu \

Mais il existe incontestablement des faits dans lesquels le cœur a été directement la première victime de l'influence rhumatismale. Nous continuerons à prendre la péricardite pour base de notre argumentation, et il nous sera facile de rassembler des témoignages à l'appui de cette proposition.

Dans l'ouvrage que nous avons si souvent eu l'occasion de citer, Fuiler a rassemblé cinq observations dans lesquelles les symptômes cardiaques précédèrent l'explosion du rhumatisme articulaire. Dans deux cas, la péricardite avait existé deux jours avant que les articulations eussent offert le moindre indice d'une fluxion rhumatismale, et dans les trois autres, cet intervalle fut de trois, cinq et sept jours. Des faits analogues ont été recueillis par Wilson \ Graves^, Watson *, Hope^, Duncan ", et Taylor^; mais l'une des observations les plus

* Taylor, Medico-chir, Irans., p. 45 i; 1845.

* Lancet, vol. Il, p. 217; nov. 1844.

^ Clin, med., p. 915.

* Praclice of phijsio, t. H, p. 284.

* Treatise on the hearl, etc., p. 178; 5* édit.

« Edinhurgh med. and surgi cal journal^ 1816.

' Mcdicu-chirunj. transactions, vol. XXVlll, p. 527.

remarquables en ce genre est celle que M. le docteur Hache a insérée dans les Archives de médecine '.

« Dans le second cas, dit M. Hache, la péricardite eut la priorité. Un rhumatisme articulaire très-intense survint le douzième jour, et cessa le vingt et unième; alors il se déclara une pleurésie au côté gauche, qui fut complètement résolue au dix-septième jour. Quant à l'affection du péricarde, après avoir suivi une marche lentement décroissante du quinzième au trente-deuxième jour, elle offrit une recrudescence le trente-sixième, et ne fut complètement guérie que cinquante jours après son début. »

Nous trouvons ici un fait incontestable de péricardite rhumatismale, dans lequel les troubles articulaires n'ont joué, pour ainsi dire, qu'un rôle accessoire. Les manifestations capitales de la maladie se sont portées du côté des grandes séreuses intra-thoraciques, et l'affection des articulations n'est survenue, en quelque sorte, que pour délivrer à la maladie un certificat d'origine*.

Il nous paraît donc établi d'une manière irréfragable que le rhumatisme articulaire peut débuter quelquefois par le cœur et ne se montrer que subsidiairement du côté des jointures.

Mais si la filiation des phénomènes, si la succession, si la coïncidence des actes pathologiques suffit pour établir une liaison évidente entre les affections du cœur

* Arch. gén. de médecine, t. IX, p. 32S ; 2« sér.

* Plusieurs faits de ce genre ont été réunis dans la dissertation inaugurale de M. Ruffey, sous l'inspiration de M. Gubler (Thèses de Paris, 186S, n" . 3-2*. M. le professeur Trousseau {Clin. méd. de VHâtel-Dieu, t. III, p. 388; insiste avec raison sur les <:ndociu-dilcs d'emblée, et en rapporte quelques observations.

et celles des articulations, ne pourrions-nous pas tirer des caractères encore plus positifs de l'anatomie pathologique? C'est ce que nous allons maintenant examiner. Mais gardons-nous bien de promettre plus que nous ne pourrions tenir. Nous rencontrerons bien quelques éléments d'individualité dans l'étude des lésions qui correspondent aux cardiopathies rhumatismales; mais ce serait s'égarer complètement que dy vouloir chercher des caractères vraiment spécifiques.

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