‹ Du Rio-NunezChapitre 20 sur 21 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Qu'il nous soit permis d’espérer, à la fin de cette étude, que si un jour la région du Rio-Nunez répond au grand avenir qu’on Jui a prédit, un sanitarium important sera établi du côté de l’est, dans la région élevée et saine qui va de Boké à Bambaïa. À notre avis, c’est là une question sine quä non de viabilité dans ce pays. En effet, l’acclimatement au Rio-Nunez ne peut être qu’une illusion trop chèrement payée. Cette région, comme nous avons cherché à le démontrer, n’est pour ainsi dire qu’un vaste dépotoir, où vont se déverser et s’accumuler tous les déchets organiques de cette partie de la côte d'Afrique. Son climat, quoi qu’on fasse, sera toujours meurtrier pour l’'Européen, qui ne saurait y prolonger son séjour au delà de deux à trois ans sans se vouer à un lent mais inévitable suicide.

Quant aux braves soldats que le sort désigne pour aller faire respecter le pavillon français dans ces dangereuses contrées, ils nous paraissent au plus haut point dignes des sympathies de tous, et on ne saurait trop faire pour améliorer leur sort. Les officiers, qui jouissent d’une solde suffisante, peuvent facilement améliorer leur régime et se procurer tout le confort nécessaire pour la lutte contre les éléments. Mais le soldat,

NCIS qui a le même ennemi, a-t-il les mêmes moyens de le combattre? Evidemment non.

Ce n’est pas que nous ne nous fassions un devoir de reconnaître que la sollicitude de nos gouvernants ne fait pas défaut à nos jeunes soldats, et qu’on a fait beaucoup pour eux. Mais ce n’est pas encore assez | Et nous ne pouvons que vivement regretter à cet égard que notre voix ne soit pas plus autorisée pour appeler et fixer l’attention des hautes sphères gouvernementales sur ces obseurs et modestes serviteurs.

Toutefois, dans cette circonstance, la première où il nous soit donné de produire notre opinion sur une question de science qui se double d’une question d'humanité, nous nous permettrons de faire un appel en faveur de ces braves gens, et nous terminerons cette étude en disant bien haut : qu'on ne saurait trop faire pour les garnisons des postes insalubres, et que, quoi qu’on fasse, on ne fera que ce qu’on doit. |

Vu et permis d'imprimer :

Montpellier, le 20 décembre 1886. Vu et approuvé: Le Recteur de l'Académie, Montpellier, le 20 décembre 1886 correspondant de l'Institut, Le Doyen,

CHANCEL, : CASTAN.

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