GÉOLOGIE
Le poste de Boké, qui personnifie pour ainsi dire la région, se trouve situé par 11° 53’ 30” de latitude nord, et 16° 34’ 30” de longitude ouest. Il à été construit sur la première élévation de terrain que l’on trouve en remontant le cours du Rio-Nunez. Son altitude est de 36 à 37 mètres audessus du niveau de la mer. Il occupe le bord extrême d’un plateau rocheux qui s'étend vers l’est, sur une longueur d'environ 1,500 à 2,000 mètres, et se trouve limité par les monts Saint-Jean et Cadié-Diora, dont l’altitude peut atteindre R00 mètres.
Le plateau de Boké, ainsi adossé aux monts Saint-Jean et Cadié-Diora, nous paraît constituer, sur ce point de la côte africaine, le premier contre-fort de la chaîne montagneuse du Fouta-Diâlô. Aussi la région continue-t-elle à s’élever, et en remontant vers l’est, on arrive, après-quelques jours de marche, au village foula de Bambaïa, dont l’altitude a été évaluée à 500 mètres par différents voyageurs.
À partir de Boké, la région devient uniformément basse et ne présente aucune saillie ou éminence de terrain appréciable. Le
LES Do
niveau du sol s'incline d’une pente molle et insensible jusqu'aux bords de l'Atlantique. Nous verrons que cette insignifiance des pentes jouera le plus grand rôle au point de vue du régime des eaux et du cours du fleuve, dont le lit sera sinueux, peu profond et à bords plats, au lieu d’être profond et encaissé.
Le sol de cette plaine basse est recouvert, sur une assez mince épaisseur, d’un humus riche en détritus organiques de toute sorte, alimenté par des forêts séculaires et la puissante végétation hivernale, dont les débris s'accumulent lentement à la surface du sol. Le sous-sol, formé d’une couche d'argile ferrugineuse, est imperméable, et favorise ainsi la stagnation des eaux et la formation de marécages.
Sur les bords du fleuve et à son embouchure, le terrain est uniquement alluvionnaire.
HYDROLOGIE
Le Rio-Nunez prend sa source dans le BONE province du Fouta-Diâlô ou Fouta-Djallon.
Il coule d’abord dans une région montagneuse et boisée, sous forme d’un mince cours d’eau qui porte le nom de Tiguilinta. Il ne commence à porter le nom de Rio-Nunez qu’à partir du point dit des chutes, à 5 ou 6 kilomètres au-dessus de Baralandé et à 10 kilomètres de Boké. Il coule alors presque parallèlement à l'équateur, vers le onzième degré de latitude nord, et entre les seizième et dix-septième degrés de longitude ouest. Il finit en s’inclinant un peu vers le sud, près de son embouchure.
Cette rivière, non moins sinueuse dans son cours que la
SE
Seine après Paris, est bordée dans toute son étendue par une haie épaisse et impénétrable de mangliers.
A chaque marée basse, les longues racines de ces plantes fébrigènes émergent de l'eau et se montrent couvertes d’un enduit vaseux noirâtre du plus triste aspect. Cette disposition n’est pas seulement désagréable à la vue et à l’odorat, mais elle accroît encore dans une certaine mesure la surface d’émanation des effluves palustres, et contribue pour une assez large part à l’insalubrité du fleuve.
Le Rio-Nunez est soumis à une crue régulière, annuelle, dont le début coïncide avec celui de la saison des pluies. Le caractère de cette crue est d’être unique. Elle commence en mai, finit en décembre et a son maximum vers le milieu ou la fin d’août. Le régime de ces crues est la représentation fidèle de celui des pluies. Le courant des eaux est assez rapide au mois d’août, et l’influence des marées ne se fait plus sentir que jusqu’à Bel-Air, à 85 milles environ de l’embouchure.
À partir de novembre, les eaux du fleuve décroissent rapidement, et les mois suivants, le Rio-Nunez, ne recevant plus d’eau ni des pluies ni de ses affluents taris, remplit le rôle d’un simple canal creusé plus ou moins profondément, et présentant deux fois par jour un double courant en sens inverse, soumis au mouvement de la marée. Il suffit alors, pour voyager sur ses eaux, de tenir compte de l’heure de cette marée, qui, sans grands efforts d’avirons, vous transporte assezrapidement d’un point à un autre.
Le Rio-Nunez nous paraît donc devoir étre considéré plutôt comme un torrent hivernal se déversant dans l'Océan et ne constituant plus, à la saison sèche, qu’un vaste marigot, dont les eaux saumâtres n’ont d’autre courant que celui que leur imprime l’Océan.
Le flot montant atteint jusqu’à Baralandé, dans le haut de