TITRE II LE RISQUE POUR L’'ASSUREUR
Dans le Titre I, nous avons étudié « Le déplacement cu risque, but du contrat vis-à-vis de l’assuré », et nous avons vu les conditions auxquelles doit satisfaire te risque.
Supposons maintenant qu’une personne remplisse toutes ces conditions et qu’elle désire assurer sa maison contre le risque incendie.
Cette personne ira trouver une Compagnie qui prendra ce risque en charge, moyennant le payement de primes.
Le risque, pour être maintenant à la charge de l’assureur, au lieu de l’assuré, n’en est pas modifié. Le but de l’assurance, en effet, n’est pas de prendre des mesures préventives, destinées à réduire le nombre des sinistrés, mais de dédommager les victimes, elle n’intervient donc pas, ou très rarement, pour en modifier l’incidence,
Le risque présentera les mêmes caractères de probabilité et d’intensité; la maison aura autant de chances de brûler après qu'avant l’assurance.
Et cependant... l’assureur voit-il Le risque comme ie voyait l’assuré?
Non. Pour l’un, c’est un danger éventuel, un accident fâcheux et redouté, qui peut se produire sous l’effet du hasard.
Pour l’autre, cet événement contre lequel on s’assure, n’a pas ce double caractère: catastrophique et imprévisible. [1 à été l’objet de calculs de probabilité portant
sur des risques analogues, on a dressé des statistiques.
Le hasard en est éliminé et on peut dire même que sa réalisation est une éventualité exactement mesurée.
Quelle va donc être l’attitude de l’assureur lorsqu’une personne va lui proposer un risque ?
Il faudra d’abord qu’il étudie cette proposition, qu'il vérifie les dires du futur assuré; ne cache-t-il pas des circonstances susceptibles de provoquer la réalisation du sinistre, et, au contraire, ne met-il pas en lumière d’autres éléments, pour présenter le risque sous un jour qui lui soit plus favorable, de façon à payer une prime moindre? Cette première opération de l’assureur fera l’objet de notre deuxième partie: L’Opinion du risque pour l'assureur. C’est plus une étude de consentement entre assuré et assureur qu’une question intéressant le Risque d’Assurance.
Nous traiterons, dans ie utre Il: Le déplacement du risque fonction économique de l'assurance, du risque en général, et non pas de tel risque particulier, dont les conditions de prise en charge sont discutées.
Nous n’étudierons pas l’établissement des statisttques qui permettent à l’assureur de grouper le risque particulier qu’on lui propose dans une série dont il connait déjà les caractéristiques. Cette élaboration est d'ordre trop pratique pour faire l’objet d’une étude
Dans un premier chapitre: Caractère des opérations d'assurance vis-à-vis de l’assureur, nous nous poserons cette question préliminaire: Puisque l’assureur con-