‹ Du Risque Professionnel Dans Les Maladies Et Accidents Du Travail Au Point De Vue De L'hygiène Générale Et De La Médecine JudiciaireChapitre 25 sur 40 · LOS EE · texte numérisé non relu

LOS EE

. trouvent dans les industries qui manient le mercure, l’arsenic, le phosphore, etc. L’intensité des troubles varie d’abord avec la nature des opérations du plomb.

La calcination du métal où l’on n’a plus seulément des poussières mais des vapeurs et des buées chargées de particules pulvérulentes comme dans la préparation du protoxyde ou massicot puis du sesquioxyde ou minium est certainement la plus dangereuse; de même le broyage, laminage et embarillage du minium sec, de même de l’oxychlorure de plomb, de l’acétate et du carbonate de plomb dans la fabrication de la céruse.

Mais en dehors de ces industries éminemment dangereuses, M. Layet a pu dans sa communication au Congrès international d'hygiène de Turin signaler plus de cent dix professions où l’on a trouvé des accidents saturnins, prouvant ainsi que ce poison industriel par excellence, véritable Protée, se dissimulant sous des opérations en apparence les plus inoffensives, frappe ainsi de la façon la plus insidieuse.

De même du mercure qui frappe 25 corps de métiers

» l’arsenic » 97 »

» le cuivre .» 20 »

» le plomb » 410 »

Le phosphore est celui dont les effets sont les plus connus dans le public, en réalité moins fréquents que ceux du plomb. |

Statistique des Saturnins pour Paris portant sur 28 à 30.000 ouvriers maniant le plomb.

Périodes Hospitalisés Journées

noie

+ La diminution qu’on observe à partir de 1884 sur les hospitalisés coïncide avec l’application des mesures hygiéniques . prescrites à cette époque.

Carburisme professionnel

Groupe d'accidents variés, provoqués par les gaz et vapeurs carburés.

Il provoque : 1° un état anoxhémique dû à l’altération des éléments du sang; 2° des troubles nerveux dus à l’action de ces vapeurs sur les centres nerveux.

Ces accidents se classent en :

1° Oxycarburisme produit par l’oxyde de carbone chez les fondeurs, ouvriers des häuts-fourneaux, cuisiniers, repasseuses, tailleurs, pompiers, étameurs, ouvriers du gaz.

2° Hydrocarburisme, atteint tous les groupes d'employés des produits chimiqués qui manient la benzine et ses composés, les goudrons, les aldéhydes et acétones, les essences végétales aromatiques, térébenthine, les carbures azotés aromatiques, entre autres l’aniline.

3° Sulfocarburisme forme spéciale aux fabriques de sulfure de carbone et aux fabriques de caoutchouc qui l’emploient. L'industrie de l’épuisement des corps renfermant des huiles, tourteaux, os, chiffons, etc.

4° Cyanurisme des fabriques de bleu de Prusse et de prussiate rouge.

Le Nicotisme dont l'influence se fait sentir, surtout en dehors d'accidents gastro-intestinaux, par la fréquence de l’avortement, de l’altération du lait et la débilité des enfants. (Quinquaud).

.Méphitisme et asphyxies

Produits par des mélanges gazeux plus ou moins complexes, aux effets de l’irrespirabilité ils ajoutent une action toxique spéciale dépendant des conditions de production de ces gaz et du milieu particulier dans lequel ils se dégagent et se consti-

tuent, ce sont des accidents qui sont le plus souvent soudains ét toujours graves, ils frappent comme un coup de masse et font courir des dangers de mort imminente, on peut les mettre à part dans la catégorie des intoxications, et les faire rentrer dans les cas prévus par la nouvelle loi des accidents.

On peut les classer par leur composition en :

1° Méphitisme et acide carbonique qui se trouve dans les brasseries, distilleries, féculeries, papeteries, sucreries, celliers à vins.

Fours à chaux, puits et puisards, caves et caveaux funéraires et en général toutes les extavations près desquelles on a enfoui des matières organiques. Les puits d’amarre des ponts suspendus sur la Seine.

2% Méphitisme à oxyde de carbone. — Galeries de mine, poudre, dynamite, grisou, usine à gaz, mines de guerre, tunnels, carrières, feux de cave, gazomètre.

3° Mévhitisme à hydrogène sulfuré. — L'industrie en produit dans les usines métallurgiques et les produits chimiques, bronzage des métaux, etc.

Les causes les plus fréquentes sont les égouts et fosses d’aisances, les opérations de curage et de vidange causent journellement des accidents dans lesquels la question de responsabilité de l'entrepreneur de vidange ou du piqueur égoutier n’est pas douteuse, s'ils ont pratiqué les travaux sans prendre les précautions voulues.

Malgré les précautions, les gaz peuvent envahir une fosse ou un égout subitement pendant les travaux pour des causes inconnues. rs

Le risque professionel peut donc être invoqué dans ces industries. De même aux industries exposées au virus charbonneux communiqué par des chiffons, cuirs, équarisseurs, bouchers, corroyeurs, tanneurs, mégissiers, ouvriers des usines de colle forte et noir animal, fondeurs de suif, savonniers, etc., chez qui les formes de la maladie sont très variables ‘selon les modes professionnels de contamination,

Maladies professionnelles par absorption

La première catégorie des maladies professionnelles est celle des noscomioses, M. Layet a donné ce nom générique à toutes celles qui sont engendrées par les poussières, soit qu’elles se déposent sur les téguments ou les organes et pénètrent dans les voies respiratoires avec l'air inspiré, soit par les voies digestives, de là la division en :

1° Dermatoconioses, où dermites professionnelles résultat du travail au sec par opposition aux dermites plus nombreuses du travail au mouillé sont engendrées par l'action des poussières de toute nature sur les téguments et par extension dans les cavités naturelles, elles agissent d’une façon nocive, soit mécaniquement en obstruant les conduits des glandes, soit irritantes ou caustiques, donnent lieu à des ulcérations et prennent toutes les formes érythémateuses, papuleuses, vésiculeuses, furunculeuses, pustuleuses, etc.

2 Pneumoconioses, altérations des poumons dues à l’entrée des poussières avec la forme scléreuse la plus fréquente et la plus caractéristique quand elle agit seule sans tuberculose ni prédisposition individuelles. La forme ulcéreuse, due à un travail d'élimination qui s'opère dans le poumon autour des petits amas de poussière créant ainsi des cavernes analogues à celles de la tuberculose. Ce serait la phtisie professionnelle mais elle n’est jamais isolée de la tuberculose parce que ces pneumoconioses en rétrécissant de plus en plus le champ de l’hématose favorisent le développement de la tuberculose en troublant la nutrition et produisent une déchéance organique.

De plus, il ÿ a des bronchites à tout degré avec catarrhe et emphysème par suite des efforts d’expectoration, Bronchectasie et bronchorrée dans les poussières peu dures.

3° Les Entéroconioses, altération des muqueuses digestives par les poussières. Signalées par Lancereaux chez les houilleurs, elle est mécanique simplement ou irritative, parfois infectieuse selon la nature des poussières virulentes.

%° Les Ophtalmoconioses. Les lésions produites sur Pœil par les poussières varient selon l’état de division, leur nature, leur irrégularité, leur action chimique, caustique, organique.

Les Blépharites glandulociliaire, ulcéreuse ou croûteuse des ouvriers à poussières arséniques, chromiques, alcalines ;

Furunculeuse, hypertrophique, kystique, des ouvriers à poussières, scieurs de long, criniers, brossiers, droguistes.

Conjonctivite des ouvriers en soufre, chaufourniers, plâtriers. Nous n’énumérerons pas les traumatismes de l’œil qui rentrent dans les accidents, signalons seulement la kératite des moissonneurs, des batteurs de blé, des botteleurs de foin due à des moisissures végétales. Les poussières ont en elles-mêmes de grandes différences de nocivité.

1° Les poussières minérales, dures, pierreuses, métalliques, insolubles, toxiques, salines, solubles ont des actions diverses. Les plus dangereuses minérales, dures, et anguleuses, provoquent la chalicose, dont l’effet est la phtisie ou l’asthme des aiguiseurs d’aiguilles, couteliers, tailleurs de pierre meulière, de granit, graveurs sur verre, etc.

2 Poussières végétales, ont des inconvénients moindres, elles sont cellulaires, ligneuses charbonneuses, filamenteuses, les effets sont l’anthracose des houilleurs, la bronchorrée des cotonniers.

3 Poussières, organiques ou organisées, indifférentes par elles-mêmes mais servant de véhicule à des germes infectieux, comme cela a lieu pour le charbon où des poussières organisées, moisissures, produisent des bronchites, angines, pneumonies caractéristiques.

Vapeurs acides

Sont très nuisibles, leur effet varie beaucoup si elles sont lentement absorbées ou si elles le sont brusquement et d’une façon passagère nécessitée pour certaines préparations où elles peuvent être mortelles. Au premier rang sont :

1° Les vapeurs nitreuses. — Bioxyde d’azote et acide hypoazotique, qui se dégagent dans les préparations des arsénites et

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