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Tout au moins n’attribuent-ils aux phénomènes pure ment sociaux et à leurs conséquences directes qu’une influence médiocre sur la vie organique, c’est de causes et de conditions toutes différentes qu’ils font dépendre l’état physiologique et l’état pathologique. |
Entre les causes naturelles, air, eau, feu,traumatismes, microbes, qui,fatales, échappent ou à peu près à l’action de l’homme, et la vie sociale que l’homme, son auteur, peut modifier et améliorer, quel rapport y a-t-il ? Ils répondent hardiment : aucun. Ils entendent séparer d’une manière catésorique la pathologie de la sociologie. Cette dernière n’a, tout au moins, qu’un intérêt secondaire, c’est l'affaire des économistes et peut-être des députés, mais le médecin a le droit, et presque le devoir, de n’en rien connaître.
Malgré leurs dires, nous croyons qu’on ne peut étudier l’homme comme s’il vivait isolément. L’abstraire de Ja société dont il est un facteur, c’est aller contre la vraie méthode scientifique et contre les témoignages les plus certains de l’expérience. D'ailleurs si les partisans de cette manière de voir ont compté des hommes éminents, ils sont loin d’être aujourd’hui les plus nombreux. La: masse du corps médical est, au contraire, trop aux prises avec le milieu économique pour en méconnaitre l'influence. Enfin des maîtres éminents que leur compétence indiscutable met au-dessus de tout soupcon s’opposent à ce courant d’individualisme scientifique par leurs enseignements, leurs travaux et leur attitude dans l’exercice de leurs fonctions publiques.
Si la loi n’est pas encore venue sanctionner leurs requêtes, ils n’en ont pas moins provoqué un mouvement énorme dans ce sens. La question du milieu économique,
ne
facteur pathologique, est à l’ordre du jour.Depuis la communication du professeur Finkelnburg au congrès d'hygiène de Nuremberg, elle a progressé grâce aux travaux d’Axel Key, de Brown-Séquard, de Marey, Bouchard, Pioger et enfin tout dernièrement du professeur Mosso de Turin.
La clinique n’est pas restée indifférente à un état de choses dont elle constate en dernier lieu les effets désastreux. Depuis longtemps elle a confirmé les dires des expérimentateurs et montré la part énorme qu’il faut faire à la misère physiologique que M. le professeur Teissier appelle quelque part le syndrome social.
Cet exposé nous a semblé nécessaire pour aller audevant des objections que l’on pourrait faire à l’intervention des sciences médicales dans les faits économiques et en particulier dans la question des accidents du travail.
En ce moment,où elle semble devoir être bientôt résolue par le Sénat après quinze ans de discussions et d’études, nous avons cru utile d'appeler sur elle l’attention du corps médical.
Encore ignorant de la solution qui doit sortir d’une discussion tant de fois renouvelée, nous ne saurions avoir laprétention derien résoudre,aussine pouvons-nousqu'être comme Bacon se désignait lui-même, « ainsi qu’un jalonneur placé sur la route pour montrer la voie à suivre. »
L’honneur que nous a fait M. le professeur Lacassagne en nous accordant son patronage scientifique, comme la grande bienveillance et la largeur de vues avec lesquelles il a bien voulu nous guider et nous faire bénéficier de sa haute expérience nous sont autant de preuves de l’opportunité de ce débat.