‹ Du role de l'acide phosphorique dans la végétation et de l'emploi des phosphates de chaux fossiles aÌ€ l'etat naturelChapitre 5 sur 8 · BLÉNEAU · texte numérisé non relu

BLÉNEAU

ta

l.bO

Matières volatiles au rouge

Acide phosphorique

— sulfuric^ue

Traces

Traces

Fluor

Traces

Traces

Traces

Traces

Traces

Total. . .

IM

Matières non dosées ' et

Equivalent de l'acide phos-

phorique en phosphate

Équivalent de l'acide car-

bonique en carbonate de

chaux

Équivalent du fluor en

fluorure de calcium, .

Les nodules des sables verts et de la gaize contiennent tous, sans exception, une notable proportion de matière organique azotée (1). La teneur en azote s'élève à un pour mille environ, et, chose singulière une partie de cet azote se trouve à l'état de combinaison ammoniacale (2).

Cette proportion de matière organique, quoique faible, n'est pas sans avoir une grande importance au point de vue de V assimilabilité des phosphates des grès verts. Nous aurons l'occasion de revenir encore sur ce point dans le courant de ce travail.

Quelle a été l'origine de ces dépôts phosphatés? Les savants ne sont pas encore bien d'accord sur ce point, mais on admet assez généralement que les phosphates des grès verts ont une origine organique ; aussi avait-on donné à ces nodules le nom de coproUthes (excréments pétritiés), mais depuis la découverte des véritables copro- Uthes qui ne sont, pour ainsi dire, que des curiosités scientifiques on les a nommés pseudo-coprolithes.

Quoiqu'il en soit beaucoup de géologues assignent à ce produit une origine animale. Lyeh dans ^on Manuel de géologie élémentaire publié en 1855, (3) s'exprime ainsi à propos des grès verts trouvés en Angleterre et qui sont les mêmes que ceux du Pas-de-Calais, ainsi que nous l'avone vu plus haut c( Le phosphate de Chaux trouvé près de c( Farnham (Surrey) avec assez d'abondance pour que les c( cultivateurs puissent l'employer sur une assez large c( échelle à la fertilisation des terres, se trouve exclusi-

(1; Ch. Delattre: Etude sur les gisements français de phosphate de chaux.

(2) M Ch. Delattre a eu tout récemment Foccasion de vérifier ce fait très intéressant. (Voir sa brocliure : Etude sur les gisements français de phosphate de chaux — 1882.)

(3) Lyell, Manuel of élémentary Géology, 1855.

. c( vement, d'après M. Austen, dans le gré vert supérieur « et dans le gault. // e§t indubitablement d'origine ani- (}. maie et, en partie coprolithique provenant probable- « ment d* excréments de poissons ». ,

Dans un travail récent (1877) MM. Brylinski et Lyonnet (1) ont étudié le phosphate au point de vue de son origine. — Pour eux l'origine de l'acide phosphorique dans ces terrains du grés vert est, avant tout, organique. Ces savants s'appuient surtout, et avec raison, sur la préserice constante des matières organiques dans ces phosphates et l'absence de ces matières dans ceux d'origine minérale, telles que les apatites de Norw^ège, de Saxe etc..

Les phosphates des grès verts, contrairement aux autres phosphates, ne renferment que peu d'acide phosphorique uni au fer et â l'alumine. La presque totalité de l'acide phosphorique est combinée â la chaux pour former du phosphate tricalcique, identique à celui entrant dans la constitution des os. Les produits autres que le phosphate sont des débris de la roche encaissante. Du reste ces phosphates sont verts comme les grains glauconiens au sein desquels ils se trouvent, lesquels sont eux-mêmes, des débris d'origine organique.

De plus les matières organiques qu'ils renferment leur donnent la plus grande analogie avec l'os, — Aussi l'ingénieur J. Brunfaut, {2) ne fait-il aucune différence entre l'acide phosphorique de l'os et celui du phosphate fossile et, pour lui, le prix de l'un et de l'autre ne doit être établi que d'après la quotité d'acide phosphorique qu'ils renfer-

(1) Brylinski et Lyonnet. — Phosphates de ehaux fossiles — Géologie et origine — Application en Agriculture (Bulletin de la société Géologique de Normandie, 1871).

(2) Jules Brunfaut — Des phosphates et des produits chimiques propres à l'Agriculture.

ment, prix qui doit être majoré, pour Tos, de la valeur de l'azote seulement.

« Les besoins de l'agriculture étant insuffisamment as- « surés, ajoute M. Brunfaut, cette anomalie ne tardera c( pas à disparaître, le cultivateur mieux renseigné, ne c< s'occupera en achetant du phosphate qu'à connaître :

« 1° La richesse centésimale en acide phosphorique,

« 2° Le degré de finesse de la pulvérisation.

« Car l'assimilation est d'autant plus rapide que Ton c< augmente les points de contact avec les agents dissol- « vants contenus dans le sol.

Et plus loin M. Brunfaut envisageant la question aux point de vue économique, dit encore :

c( L'emploi des phosphates, en Angleterre, se fait sur « une vaste échelle. Aussi nos voisins d'outre-Manche « récoltent-ils, en moyenne, 28 hectolitres de blé par hec- « tare au lieu de 13 en France. On ne peut se dissimuler « l'infériorité de l'Agriculture française sur celle de cer- « taines autres nations ; cette infériorité ne fera que s'ac- « centuer et l'on ne peut espérer d'amélioration que par c< l'établissement d'un Crédit Agricole. »

« Comment vouloir, en effet, sans crédit, sans argent, « que le travailleur de la terre puisse se procurer le chep- « tel qui doit lui fournir le fumier de ferme, le phosphate, « l'azote, qui doivent augmenter les récoltes? »

L'Etablissement d'un crédit agricole sérieusement constitué serait en effet, grandement à désirer pour nous aider à sortir du cercle vicieux dans lequel nous tournons. Car pour rendre à l'Agriculture sa prospérité d'autrefois, il faut augmenter les rendements, et on n'y parviendra ue si le cultivateur peut se procurer économiquement, les matières fertilisantes dont ses terres ont si grand besoin. « Nous avons en France dit encore l'ingénieur

a Brunfaut, 26,567,000 hectares de terres labourables aux « quels il faudrait quatre fois plus de fumier qu'ils n'en « reçoivent ; nous avons 5,021,000 hectares de prairies c< auxquels pour la plupart, on n'accorde pas les amen- « déments qui leur sont nécessaires et enfin, nous avons « 6,545,000 hectares de terres incultes. »

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