‹ Du role de l'acide phosphorique dans la végétation et de l'emploi des phosphates de chaux fossiles aÌ€ l'etat naturelChapitre 7 sur 8 · DÉSIGNATION DE L'ENGRAIS · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION DE L'ENGRAIS

grain récolté

Nombre de grains

Noir animal seul à 60 0/0 de phos-

Og. 685

Poudre fine de nodules

Nodules traités par l'acide sulfuri-

rique

Og. 080

«Le mauvais effet du phosphate acidifié ne proviendrait- « il pas de l'absence de bases énergiques dans le sol fac- « tice (1) où se faisaient mes expériences ? Je suis très porté « à le croire. »

Nous pouvons citer également les conclusions suivantes extraites d'un rapport publié en 1861 par M. Eugène Tisserant (2), l'éminent directeur actuel au Ministère de l'agri culture :

« Depuis trois années il a été employé dans les domaine « impériaux des Landes, de Gascogne et de La Motte Beu- « vron environ 100.000 kilogs de phosphate de chaux « fossile, provenant de l'exploitation créée par M. deMolon « et les résultats suivants ont été obtenus sur le domaine « impérial des Landes, récolte de 1861 :

«1° Pour 100 francs de poudre d'os on a obtenu « 2 090 kilogrammes de blé.

(1) Ces expériences étaient faites dans une terre argilo-schisteuse, dépourvue d'humus et en présence d'une quantité d'acide phosphorique excédant les besoins de la récolte.

(2) Echo agricole, 4 Septembre 1861.

« 2° Pour 100 francs de noir animal, 1 620 kilogrammes « de blé.

« 3» Pour 100 francs de phosphate de chaux fossile, « 4 900 kilogrammes de blé.

« Ainsi pour la même dépense en phosphate de chaux. « fossile, on a obtenu plus du double de récolte qu'avec c, la même somme en poudre d'os, et trois fois et demie 0 plus qu'avec le noir animal. i>

Tous les faits exposés dans le cours de ce travail, résultent d'expériences exécutées par des savants consciencieux. La transformation du phosphate des grés verts en superphosphate est complètement inutile, ce phosphate étant directement assimilable, et l'assimilation se trouvant encore activée par son mélange avec le fumier.

Ce n'est pas seulement en France, d'ailleurs, que la campagne en faveur de l'emploi direct des phosphates de c'-aux fossiles est énergiquement poursuivie et quand, il V ? quatre ans, environ, un grand nombre de Directeurs de Stations Agronomiques (1) se réunirent à Versailles sous la présidence de M. L. Grandeau, Directeur de la station agronomique de l'Est, cette question générale de l'assimilabiUté des diverses sortes de phosphates sous des forme.^ différentes fut très sérieusement discutée.

On pourra lire tout au long ces débats dans les « Comptes-Rendus » (2) publiés à cette époque par M. Grandeau, mais nous croyons utile de condenser en

(0 De nombreuses stations agronomique, d'Mlemagne à^^-^^^^^-

ce congrès international.

(2) comptes-rendus des travaux du congrès international des d.rec.eurs dis stations agronomiques publiés au nom fErf^ea " P

commissaire général du Congrès. (Berger-Lecrauli et EcUteu

quelques pages les principaux faits établis dans le corps de ce travail, faits qu'a merveilleusement résumés le savant doyen de la faculté des sciences de Nancy :

c( D^^ Jamieson. — Reports on the proceeding of the « Aberdeenshire agricultural Association 1875-1880 (Rap- <i ports sur les actes de l'Association agricole d'Aberdeen. « 5 brochures in-folio avec plans et figures.)

« Je ne saurais, dit M. Grandeau, trop recommander « aux directeurs des Stations la lecture attentive des cinq « rapports si intéressants de M. Jamieson et dont je ne « puis qu'indiquer sommairement les résultats généraux.»

l°Les phosphates minéraux employés seuls (Ce qui était contesté en Angleterre il y a quelques années,) ont une influence très marquée sur l'augmentation des rendements.

2° La valeur fertilisante du phosphate minéral insoluble est égale à ceUe du phosphate animal insoluble.

3^ Le phosphate soluble (dans Teau) n'est pas supérieur comme action au phosphate insoluble, (Tribasique) dans la proportion qu'on admet généralement (1).

4^ Le phosphate précipité a donné des rendements supérieurs de 6 0/0 environ à ceux qu'à fournis le phosphate tribasique."

Ces conclusions, écrit M. Grandeau, se rapprochent beaucoup, on le voit, de celles que j'ai tirées de mes huit années d'expériences. Elles confirment notamment ce fait important de la presque identité de l'acide bibasique (phosphate précipité) et des superphosphates. — La con-

(1) Le Dr Jamieson estime qu'elle est pour la plupart des récoltes de 7 p. 0/0 environ, tandis que les expériences faites à la station agronomique de l'Est n'ont donné que 4 p. 0/0 pour une période de huit années. Or nous le répétons, l'écart de prix entre le Kilogramme d'acide phosphorique du superphosphate et le Kilogramme d'acide phosphorique du phosphate fossile est supérieur à 100 0/0.

séquence générale des essais d'Aberdeen est que le phosphate tribasique (phosphates fossiles à l'état naturel) en poudre fine est la source d' acide phosphorique la plus économique pour le cultivateur. — Nous sommes donc, M. Jamieson et moi, ajoute M, Grandeau, absolument d'accord sur ce fait économique très important qu'il faut arriver à substituer dans la grande culture les phosphates minéraux bruts, en poudre, aux superphosphates infiniment plus chers.

« Docteur A. Vœlcker. — Field experiments on Swec( dish turnips withs soluble andfinely ground phosphatic « fertilisers. (J. ofthe R. agric, soc. of. England) (Champs c( d'expériences sur les turneps suédois fumés avec des c( engrais phosphatés solubles et insolubles en poudre c( fine).

c( Ce mémoire, inséré dans le tome XVII, partie, du « Journal delà Société royale d'agriculture d'Angleterre, c( comprend une série d'essais de cultures avec coprolic( thes seuls, phosphate rétrogradé, superphosphates mice néraux et d'os. L'intérêt de ce travail est tout entier « dans les nombreux chiffres qu'il contient et dont la rec( production m'entraînerait trop loin. L'auteur a soin d'ailc( leurs d'ajouter qu'une seule année d'expériences ne suffit « pas pour se prononcer d'une façon définitive sur la valeur c< comparative des phosphates minéraux bruts et des c( mêmes phosphates traités par l'acide sulfurique {Super- « phosphates). Il annonce qu'il continuera ses essais sur c( l'orge, pour l'année 1881. Le résultat principal des expé- « riences de 1880 est que les coprolithes et les phosphates c( rétrogradés ont donné des hauts rendements, surtout c( associés au fumier de ferme. C'est une nouvelle confirc( mation de ce fait, aujourd'hui incontestable, que l'as- « sociation des coprolithes en poudre au f umier consti

« tue Vun des modes de fumure phosphatée les plus acc( tifs et les plus remarquables à la fois.

« M. Mœrcker. — Ueber den Werth verschiedener Forc< men der sogenannten zurûckgegangenen Phosphor- « satire gegenûber der Wasserlœslichen der Superphosc< phate. ( Journal de V association agricole de Saxe.) (Sur « la valeur de diverses formes de Tacide phosphorique, « dit rétrogradé, comparé à l'acide phosphorique soluble c( des superphosphates).

c( De tous les mémoires qui ont été reçus par le congrès « le rapport de M. Maercker sur les essais de cultures c( entrepris par l'association centrale de la province de « Saxe, est celui dont la lecture m'a causé le plus de sac< tisfaction. Notre collègue de Halle était, en effet, jusqu'à « ces derniers temps, on se le rappelle, l'adversaire le « plus ardent, j'allais dire le plus passionné de l'assimi- « lation des phosphates précipités au phosphate soluble « dans l'eau sous le rapport de la valeur agricole. C'est « lui qui, en Allemagne, (1) s'opposait avec le plus d'énerc( gie à l'admission des principes que M. Petermann et « moi émettions à l'appui de notre manière de voir. « M. Maercker, si je ne me trompe, se refusait, jusqu'à c( ces derniers temps, à tenir compte dans l'analyse des « superphosphates et par suite dans l'évaluation de leur c( valeur commerciale, des quantités d'acide phosphorique c< rétrogradé que ceux-ci peuvent contenir. Il soutenait c( énergiquement que l'acide phosphorique soluble dans « l'eau devait seul entrer en ligue de compte dans la fixac( tion de la valeur vénale des superphosphates. La valeur

(1) La -conclusion des mémoires publics par M. Dûnkelberg, directeur de l'Académie agricole de Poppelsdorf, près Bonn, dans les « Landwirthscha/tliche Jahrbucher » est absolument conforme aux idées que nou« soutenons dans le corps de ce travail.

« de M. Maercker comme chimiste agricole et comme dic( recteur de station étant considérable, il est tout naturel <( que nous nous réjouissions aujourd'hui de le voir nous c( apporter des arguments favorables à notre manière de « voir et appuyer de son autorité, avec une bonne grâce « dont il faut lui savoir gré, les conclusions de nos re- « cherches, conclusions diamétralement opposées aux c( principes qu'il avait soutenus jusqu'ici, « En général, c( écrit M. Maercker, le phosphate de chaux précipité, c( employé à la même dose que l'acide phosphorique solu- « ble dans les sols moyens et de bonne qualité s'est c( montré équivalent au superphosphate soluble. »

« Voilà donc le point fondamental qui nous séparait c( d'opinion, M. Maercker et nous (M. Péterman et moi), c( vidé en faveur des idées que je défends depuis plus de c( dix ans, avec l'entière conviction d'être dans le vrai : c( j'avais prédit, il y a bien longtemps déjà, que dans un c( avenir plus ou moins rapproché, les directeurs de stac( tions allemandes arriveraient à attribuer une valeur « égale aux deux formes de l'acide phosphorique des en- « grais phosphatés. Ma prédiction ne saurait être loin de c( se réaliser, car les expériences de l'Association « saxonne confirmant les miennes et celles de M. Peterce mann, amèneront nécessairement les chimistes et les c< agronomes allemands à tenir compte, dans l'évaluation « des engrais, comme nous le faisons, du phosphate so- « lubie dans le citrate au même titre que de l'acide ph^sc( phorique soluble dans l'eau.

Et plus loin M. Grandeau, conseillant de multiplier les champs d'expériences sur les divers points du territoire, n'hésite pas à dire : a Je suis certain, à l'avance, que les « conclusions qu'on tirera de ces essais, seront celles que

« je considère comme acquises par les expériences dont « j'ai présenté le résumé :

c( 1° Equivalence agricole des superphosphates et du « phosphate précipité.

« 2° NÉCESSITÉ ÉCONOMIQUE d'aBANDONNER l'eMPLOI DES « SUPERPHOSPHATES, DANS LA PLUPART DES CAS, ET DE LES (( REMPLACER PAR LES PHOSPHATES TRIBASIQUES FINEMENT C( MOULUS, INCORPORÉS AUX FUMIERS, ET A DIVERSES MA- (.< TIÈRES ORGANIQUES, TOURBE, SCIURE DE BOIS, ETC

c( Je crois, dit M. Grandeau, que l'industrie des super- « phosphates n'aura qu'un temps : il arrivera un moment, « moment que la diffusion des notions exactes sur la nuc( trition des plantes et sur le rôle des substances fertili- « santés pourrait singulièrement hâter, où le cultivateur c( intelligent, pouvant faire quelques avances au sol, re- « noncera complètement à acheter des superphosphates, c( c'est-à-dire des phosphates plus une substance qui en c( TRIPLE le prix sans posséder d'action fertihsante, l'a- « cide sulfurique.

c( Il emploiera à hautes doses, sur les fumiers, en épan- « dage dans les étables, les phosphates tribasiques neuii très, coprolithes etc., et obtiendra, à beaucoup plus bas « prix qu'avec les superphosphates, les mêmes rendements.

Ci l'avenir me parait être tout entier a la substitu-

« TION DES PHOSPHATES MINÉRAUX PULVÉRISÉS AUX SUPER- C( PHOSPHATES TROIS FOIS PLUS CHERS QU'eUX. »

Cette conclusion de M. Graudeau est également la nôtre, aussi n'insisterons-nous pas davantage. — Heureux si, par ce simple exposé de faits nombreux et concluants nous pouvons être de quelque utilité à l'Agriculture, cette principale branche de notre industrie nationale.

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