‹ Du role de l'acide phosphorique dans la végétation et de l'emploi des phosphates de chaux fossiles aÌ€ l'etat naturelChapitre 8 sur 8 · DEUXIÈME APPENDICE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME APPENDICE

Nous ne saurions trop déplorer les fraudes de toutes natures qui se commettent journellement dans l'industrie des phosphates de chaux fossiles. — Hier, c'étaient des schistes verdâtres, des phosphates d'alumine, des terres phosphatées du :\Iidi ou encore des phosphates cristallins du Canada, de Belgique ou d'autres provenances, qu'on mélangeait aux phosphates des Ardennes, et voici qu'il est question, à l'heure présente, de falsifier ces derniers avec des résidus de Hauts-fourneaux provenant de la dé phosphoration des fontes. — Ce nouveau mode de sophistication qu'on va, dit-on, employer sur une très large échelle dans plusieurs centres de Bretagne et notamment à Nantes, est sûrement l'un des plus dangereux qui soient . — Ces résidus de forges, accusent, en effet, à l'analyse .commerciale, un très haut dosage pouvant s'élever parfois, à 60 0 0, tandis qu'ils contiennent à peine 7 à8 0/0 d'acide phosphorique dont la valeur agricole, suivant d'excellents esprits, (1) est nulle ou à peu prés.

Nous formons donc des vœux très sincères pour que, sans plus tarder, on adopte dans tous les laboratoires la méthode à' analyse chimique et qu'on en exclue absolument celle dite commerciale. Ce dernier mode, en effet, exagère très notablement les résultats, en précipitant le fer et Valumiîie en même temps que le phosphate de chaux.

Il serait aussi, grandement à désirer que prenant en mains l'intérêt des agriculteurs si souvent et si odieusement trompés, le Gouvernement fît voter, dès la rentrée des

(1) Le Journal d'Agriculture fondé par M. J. A. Barrai, publiait dans son numéro du 10 octobre 1885, un article de M. G. Lechartier, directeur de la station agronomique d'IlIe-et-Vilaine, démasquant la fraude que nous signalons ici et concluant de la même façon que nous.

chambres, le projet de loi du 14 août 1884, concernant la répression des fraudes dans le commerce des engrais.

Quand on songe qu'une chambre de commerce a osé envoyer une protestation contre le vote de ce projet de loi, l'esprit d'équité et le bon sens, restent véritablement confondus. — Aussi approuvons-nous, sans réserve, les lignes suivantes extraites d'un ouvrage récemment publié par M. Grandeau: La Production agricole en France (1).

c( Si, par impossible, les conclusions des pétitionce naires (2) étaient acceptées, les agriculteurs devront ce s'abstenir d'acheter un sac de guano ou de phosphate c( fossile aux négociants refusant la garantie d'un titre c( minimum en azote et en acide phosphorique ; la réfacc( tion dont il est question dans la pétition n'étant possible c< qu'avec l'indication exacte de la garantie d'une teneur c( minima en principes fertilisants. »

Le Gouvernement, dans V intérêt de la santé publique , n'hésite pas à sévir d'office contre les falsificateurs de certaines denrées aUmentaires dont la consommation serait malsaine. - Que n'agit-il de même à l'égard des fraudeurs d'engrais qui, eux, compromettent, sans scrupule, /a richesse publique, exploitent la bonne foi du cultivateur et abusent de sa crédulité.

(1) Berger-Levrault et Cie, éditeurs, Paris 1885.

(2) Les pétitionnaires demandaient qu'il fut édicté dans la loi : « que « 'acheteur aura droit seulement à une réfaction, sans qu il puisse être <c EXERCÉ DE POURSUITES, lorsque l'écart trouvé à l'analyse n indiquera pas « d'une façon certaine et par son importance, la fraude du vendeur. »

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