‹ Du Rôle de L'Administration En Matière de Prophylaxie des Maladies ÉpidémiquesChapitre 47 sur 54 · Revue hebdomadaire, mai · texte numérisé non relu

Revue hebdomadaire, mai

A TDR ER

C’est donc àtrès juste titre que l’on demande de grouper les services d'hygiène dans un organisme approprié.

L'idée a été reprise, ces temps derniers.

M. Bussat, député de Paris,souligne les liensétroits qui rattachent entre elles les questions relatives à l'hygiène et à l’assistance, et d’autre part, la répercussion incontestable qu'ont les conditions du travail sur l'hygiène. Il demande, en conséquence, dans une proposition de loi déposée à la Chambre le 30 janvier 1911, que la direction de l'assistance et de l’hygiène publiques du ministère de l'Intérieur soit rattachée au ministère du Travail.

Cette proposition réaliserait sans aucun doute un très sérieux progrès. Mais, à notre sens, elle est encore insuffisante et nous regrettons que l'honorable M. Bussat n'ait pas été jusqu’au bout de sa pensée, c’est-à-dire à la constitution d’un organisme unique ! Et cependant, c’est là qu'il faut en arriver. Toute autre réforme ne sera qu’un palliatif.

N'est-ce pas, au reste, la tendance actuelle (M. Bussat, le fait d’ailleurs remarquer) que d’ordonner, de «sérier », les attributions des ministères ? Ne vient-on pas de constituer le service des Postes et Télégraphes en service autonome et de rattacher les services pénitentiaires au ministère de la justice ? Pourquoi donc ne pas constituer à côté du ministère du Travail dont le champ d'action est naturellement

tourné vers les questions ouvrières, un sous-secrériat spécial qui concentrerait toutes les attributions sanitaires des autres départements ministériels, et dont les services seraient répartis entre trois directions :

1° Hygiène et médecine publique ;

2° Assistance publique ;

3° Statistique.

Sans doute, certaines attributions continueraient à chevaucher entre les deux organes; mais les questions à trancher seraient facilement résolues dans lintimité du cabinet, entre les chefs de service compétents

Nous croyons qu’il faut en arriver à une solution de ce genre.

Mais il ne saurait suffire de centraliser, de coordonner les rouages administratifs. Cette réforme capitale ne sera vraiment effective que lorsque les mesures prescrites au nom de l’hygiène, seront comprises et acceptées de tous.

En France, la plus grande partie de la population est dépourvue de toute éducation sanitaire. C'est là, ceci est incontestable, la cause essentielle de la non application de la loi de 1902. Les pouvoirs publics se heurtent à la routine, à l'indifférence, à l'hostilité de la masse. Souvent, il leur faut vaincre les résistances par la coercition. & Il est vain, s’écriait Duclaux, qu'une loi sanitaire commande quand elle ne sait pas se faire obéir ! »

Page 1