‹ Du Rôle de L'Administration En Matière de Prophylaxie des Maladies ÉpidémiquesChapitre 46 sur 54 · Gazette médicale de Paris, 22 février · texte numérisé non relu

Gazette médicale de Paris, 22 février

Au ministère du Commerce, les établissements classés et insalubres, à l'Agriculture, la police sanitaire des animaux, les abattoirs, les tueries particulières, le service de la répression des fraudes, les projets d’amenée d’eaux, etc.

Du ministère des Affaires étrangères, dépend l'Office international d'hygiène.

Au ministère de l'Intérieur est rattachée la Direction de l'assistance et de l'hygiène publiques. Au ministère des Travaux publics, l'hygiène des mines.

Encore les autres ministères interviennent-ils tous à leur heure : l’Instruction publique avec l'hygiène scolaire, etc.

Comment ne pas comprendre dès lors combien les efforts des administrateurs les plus dévoués sont souvent stériles? Que de dépenses inutiles! Que d'ordres contradictoires ! Quel temps perdu ! »

Cette anarchie administrative est néfaste. Il importe d’y remédier.

En ce sens, des esprits éclairés demandent la création d’un ministère autonome de la santé publique, qui grouperait les questions de travail, d’assistance et d'hygiène.

L'idée n’est pas nouvelle : en 1848, Louis Blanc la présentait à la Constituante ; en 1886, Camille Raspail la soutenait à la Chambre des députés. En 1893 (1),

1. L'idée a été maintes fois soutenue par M. Paul Strauss, Sénateur de la Seine.

nn 197 — enfin, M. Vaillant, dans une proposition restée fameuse, préconisait la constitution d’un ministère qui devait comprendre 4 directions :

Travail ;

Hygiène et médecine publique ;

Assistance publique ;

Statistique.

Lors de la création du ministère du Travail, le gouvernement avait donné l’assurance que ce département réunirait les services d'hygiène. Mais, postérieurement, il ne crut pas, pour diverses raisons, devoir donner suite à ce projet, et le décret du 26 octobre 1906, délimitant les attributions du nouvel organe, ne mentionnait plus que :

1° La direction du travail ;

2° L'assurance et la prévoyance sociales ;

3° La mutualité.

Les attributions de statistique, de mutualité restaient en partie attachées au ministère de l’Intérieur. Les services d'hygiène restaient répartis, disséminés entre les différents départements ministériels.

Auministère de l'Intérieur, la tâche qui incembe à la Direction de l'assistance et de l'hygiène publiques est considérable. Citons, parmi ses attributions, le mise en œuvre, la surveillance de l'application des lois du 15, février 1902, 51 mars 1903, 15 juin 1907, 1% avril 1910...

Indépendamment de tous les décrets, arrêtés, cir-

J. Humbert 13

culaires qu’il convient d’élaborer, il faut agir d’une facon continuelle sur les départements et les communes dont dépend le plus souvent l'exécution des mesures prescrites. « Encore, faut-il bien reconnaitre, dit M. Barthou (1), que la pratique révèle nécessairement des lacunes à combler, des erreurs à rectifier, des modifications à apporter aux lois et réglements, d’où des ctudes continuelles et des négociations ininterrompues soit avec les commissions spéciales, soit avec les administrations compétentes... Lisez l’officiel de 1909 et 1910. Vous y trouverez l'indication de mesures qu'il y a urgence à prendre sur la réglementation sanitaire communale, le fonctionnement des assemblées sanitaires, la vaccination obligatoire, la désintection obligatoire, l'assainissement d'office des communes, les bureaux municipaux d’hygièneetc. Les rapports indiquent les remèdes, contiennent des conclusions précises, suggèrent les moyens de mettre fin à un état regrettable d’impuissance ou d’incohérence. Et aucune suite, jusqu'ici, n’a été donnée sur les points les plus essentiels. »

La faute, dit M. Barthou, n’est pas aux hommes qui sont tout entiers à leurtâche, mais à la besogne concentrée, «au-dessus des forces humaines, et contre laquelle ils ne peuvent que succomber, entraînant dans leur impuissance les lois dont on leur a conflé une exécution devenue impossible ».

Page 1