‹ Du rôle de l'auto-intoxication dans la genèse des attaques apoplectiformes et épileptiformes de la paralysie généraleChapitre 11 sur 27 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Considérations cliniques pathogéniques et thérapeutiques.

Cette conception des attaques apoplectiformes et épileptiformes de la paralysie générale, basée sur l’autointoxication, nous permet de nous rendre compte de la marche de ces accidents. S'ils sont précédés d’une période prodromique assez longue, leur apparition est souvent brusque et brutale, et leur disparition est assez souvent rapide, et ils ne laissent après eux-qu'une aggravation de la paralysie générale, sans traces de symptômes auxquels ils ont donné lieu.

Les phénomènes prodromiques qui sont le plus fréquemment des vertiges, lourdeur et douleur de tête, correspondent à la période pendant laquelle les toxines s’accumulent dans le sang et les phénomènes convulsifs, comateux ou paralytiques au moment où les éléments nerveux altérés sont suffisamment excités ou inhibés par ces toxiques.

:: On comprend très bien que le moment de leur apparition soit sous la dépendance du degré de l’altération des éléments nerveux et de la qualité du toxique.

La guérison de ces accidents sera plus ou moins rapide suivant que l’élimination des toxines sera plus ou moins prompte et en rapport par conséquent avec l’intégrité des émonctoires, du rein, du foie, etc.

. L’aggravation consécutive de la paralysie générale est un fait analogue à ceux qu’on observe dans d’autres intoxications du système nerveux, intoxications par l’alcool ou par le plomb.

L’alcoolique, le saturnin guérissent bien complètement une fois, deux fois, le premier de ses accidents convulsifs, le second de ses accidents paralytiques, mais les organes par lesquels le toxique s’élimine s’altèrent au point de ne plus pouvoir remplir leurs fonctions.

L’indication dans la paralysie générale est donc de ménager avec le plus grand soin ces organes qui sont le plus souvent altérés, si l’on veut prévenir l’apparition de ces accidents.

On devra donner au paralytique une alimentation qui donne le moins de déchet possible, et la réduire au strict nécessaire.

Les aliments devront être choisis parmi ceux qui peuvent être avalés sans avoir besoin d’être mâchés.

On devra les surveiller étroitement au moment de leur repas, car leur gloutonnerie les expose aux indigestions dont on connaît les dangers.

La régularité des selles est d’une importance capitale, à tout prix on doit éviter la constipation.

La surveillance des fonctions urinaires n’est pas moins L, G. 4

EAU — importante et l’on doit s'assurer souvent que le malade vide bien sa vessie.

De temps en temps, sinon d’une façon constante, on donnera des antiseptiques intestinaux, le naphtol et le calomel, ce dernier a l’avantage d’être purgatif, et des diurétiques (lait, eau).

Si, malgré toutes ces précautions, ces accidents surviennent, le traitement aura pour but de hâter l’élimination des toxiques par des purgatifs énergiques, des drastiques et des lavements purgatifs et même, dans certains cas, par la saignée.

L’antisepsie intestinale, si elle est possible, devra encore être employée; mais elle sera moins utile pour les accidents présents que pour en prévenir leur retour.

OBSER VATIONS

Lorsqu'il y a un an environ notre maitre M. le professeur Pierret nous suggéra l’idée de ce travail, nous fimes placer dans une salle spéciale les paralytiques générales que nous avions l'intention d'examiner.

La température a été prise régulièrement mâtin et soir pendant toute la durée de leur séjour.

Nous observions régulièrement l'intestin et vessie.

Une infirmière notait sur la feuille de température le nombre de selles, le traitement et l’apparition des accidents. C’est le relevé de ces feuilles que nous avons joint à nos observations.

Nous avons jugé inutile d’en publier un plus grand nombre, bien que nous en ayons observé près d’une vingtaine. Nous en aurions trouvé beaucoup dans la riche

ollection que M. le professeur Pierret a bien voulu mettre à notre disposition, mais pour éviter des répétitions

nous nous sommes tenu à ce petit nombre, car elles sont toutes à quelques détails près semblables entre elles.

Dans toutes nous avons trouvé avant l’apparition des accidents et d’une façon très nette les phénomènes d’autointoxication que nous avons signalés.

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