‹ Du rôle de l'emphysème dans la tuberculose pulmonaireChapitre 33 sur 44 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Fe. Edmond, âgé de 19 ans, entre au sanatorium le 16 décembre 1929. Le début de son affection remonte à novembre 1929. Le malade fait de la température, se sent très fatigué, a des sueurs nocturnes. Une expectoration abondante attire l’attention sur l’appareil pulmonaire. Une radioscopie révèle la présence de lésions tuberculeuses.

A son arrivée on constate un fléchissement de son état général. La vitesse de sédimentation est légèrement accélérée. Les symptômes aigus ont disparu; cependant l’examen microscopique permet de déceler des bacilles de Koch.

La radiographie montre un trait scissural horizontal à droite. Dans le 2° espace intercostal droit on voit un foyer d’ombre opaque de la grosseur d’un petit pois, à contours flous et dans lequel on constate un éclaircissement central. Dans l’apex gauche existent deux petits foyers d'ombre d’aspect sclérosé.

Le malade s'améliore rapidement; prend du poids. Radiologiquement les lésions régressent très vite et le malade quitte le sanatorium avec un état général satisfaisant. L’examen local fait conclure à une inactivité des lésions du sommet droit.

Le malade refait une cure en 1932. Il se sentait bien portant durant son séjour chez lui et a même fait des excès au point de vue sportif (gardien de but dans une équipe de football).

A l’examen, la vitesse de sédimentation globulaire est très accélérée; les bacilles de Koch ont réapparu dans les crachats. La radiographie montre à droite un petit foyer allongé délimitant une ombre ovalaire qui occupe la partie interne du sommet. À gauche, sous la clavicule, on constate une ombre annulaire de la grosseur d’une noix et qui est reliée au hile.

La cure se passe normalement et le malade repart après avoir amélioré son état général et sa vitesse de sédimentation.

Îl se fait admettre une troisième fois en novembre 1933. L'état général est resté stationnaire. Les bacilles Koch sont toujours présents dans l’expectoration. Malgré l’absence d’autres symptômes, la radiologie montre que la caverne sous-clavicujaire gauche atteint le volume d’une orange. Les foyers du sommet droit ont un aspect fibreux.

Le 14 mars 1934 le malade fait subitement une poussée thermique avec maux de tête violents, malaise général, frissons. En deux jours tous les symptômes disparaissent. On pense à une rétention au niveau de la caverne et on pratique un pneumothorax le 9 mai. Le décollement du poumon est satisfaisant, cependant deux grosses brides retiennent la caverne béante et l’expectoration est toujours bacillifère.

Le 6 octobre 1934 on pratique une section de brides. Le collapsus devient complet. La radioscopie montre la présence d’une très forte hernie médiastinale. La caverne est collabée. Les bacilles de Koch disparaissent de l’expectoration.

Nous avons depuis revu le malade à plusieurs reprises. Son -état général et son état local se sont maintenus d’une facon satisfaisante.

Le malade a fait une évolution des lésions torpides à gauche, celles du côté droit restant durant toute la maladie bien cicatrisées. Il nous semble, que les exercices sportifs de ce malade ont pu provoquer l’évolution de son atteinte antérieure. En effet, le gardien de but est exposé à des traumatismes de la cage thoracique d’une manière continue: le «blocage» du ballon se fait sur la poitrine, la glotte étant fermée. La rupture alvéolaire, qui suivant notre opinion a été à l’origine de la

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