‹ Du rôle de l'emphysème dans la tuberculose pulmonaireChapitre 35 sur 44 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Sa. Edouard, est entré au sanatorium le 30 octobre 1935. Le début de sa maladie revêtait un caractère banal: légère toux et expectoration peu abondante. Il consulte un médecin qui par précaution, fait faire une radiographie. Le spécialiste ne découvre aucune lésion évolutive. Une analyse de l’expectoration montre la présence de bacilles de Koch et on conseille une cure sanatoriale.

A son entrée, l'examen montre un très bon état général. La vitesse de sédimentation est légèrement accélérée. A l’auscultation, on note la présence de râles sonores, assez rares au sommet gauche.

La radiographie montre une caverne isolée du sommet gauche, de la taille d’une grosse orange. Sur le film pratiqué avant son entrée, cette caverne était masquée par le trajet de la 1'° côte.

Un essai de pneumothorax en novembre 1933 échoue par suite d’adhérences. En décembre 1933 on pratique une phrénicectomie qui est bientôt suivie d’une thoracoplastie partielle supérieure.

Malgré la conservation d’un bon état général, les bacilles de Koch persistent dans l’expectoration. ;

En août 1934 on complète la thoracoplastie par la résection des 5° et 6° côtes.

En novembre 1934, un plombage antérieur (100 grammes de paraffine) est effectué comme opération complémentaire.

Nous revoyons le malade en novembre 1936. Son état général est toujours très bon. Néanmoins, l’expectoration reste bacillifère.

En fouillant les antécédants de ce malade, nous avons cru devoir attacher de l’importance à sa profession comme cause déterminante à l’éclosion de son affection. Nous n'avons pu retrouver l’atteinte initiale de sa maladie; elle aura probablement passé inaperçue. Ce malade, garagiste de son métier, nous signalait qu'avant le début de sa maladie actuelle, il était appelé à actionner très fréquemment la manivelle de démarrage

de gros camions. Or, là encore, tout l'effort — et il est grand — se répercute dans les sommets pulmonaires.

L’effort se fait après une inspiration profonde; l’air reste emprisonné dans le poumon, la glotte étant fermée. La rupture alvéolaire peut alors se faire aux dépens d’un nodule scléro-atrophique du sommet.

Cette observation nous montre également la conservation du bon état général et le peu de symptômes qui sont liés à l’activité cavitaire.

En même temps, le traitement quoique énergique s’est montré inopérant dans ce cas.

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