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CHAPITRE V. — DU ROLE DU GÉNIE DANS LA SOCIÉTÉ

qui sera toujours, en même temps, une association logique indissoluble de représentations.

Tant qu*il y aura des sociétés à intégrer, des lois à créer et à découvrir, il y aura des grands hommes. Avec le dernier grand homme apparaîtra la dernière loi psychique ou sociale, et de ce moment seulement une science psychologique et sociale positive sera possible. L'harmonie sociale, autant que la cohérence psychique définitive seront alors définitivement acquises. Le grand homme n'aurait plus de raison d'être. Mais ce moment-là correspond aussi à la fin de l'intégration sociale. La société serait alors devenue complètement intégrée et aussi fixe que les espèces d'aujourd'hui, et par conséquent le génie est pour la société ce qu'en biologie sont les variations individuelles, qui se propagent, se fixent et donnent naissance à des espèces permanentes. Les génies sont ces variations sociales qui se propagent, se généralisent, se fixent et donnent naissance à des lois ou à des formes sociales permanentes. Le génie, phénomène d'origine purement et exclusivement sociale, est donc le créateur initial d'une loi ou d'une forme sociale. Et, inversement, toute forme ou loi -sociale est l'invention ou la création d'un grand homme. Le génie est « l'individu devenu à lui seul tout le genre auquel s'applique la loi et qui en est maître )) (i).

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