‹ Du rôle de l'intoxication dans les gastro-entéritesChapitre 7 sur 20 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Nous avons recueilli quelques observations dans lesquelles les crampés ont apparu soit avant la diarrhée, soit dès son début, Ces faits étant en contradiction avec l'hypothèse d’une déshydratation de lorganisme pour expliquer les crampes, nous avons fait dans plusieurs cas, comme moyen de contrôle, la numération des’ globules rouges. La déshydratation doit avoir pour effet, a priort, d’épaissir le sang et, partant, d’augmenter le nombre des globules pour une quantité déterminée de sang. L'augmentation du nombre des globules rouges a, d’ailleurs, été observée dans le choléra. M. Hayem y a constaté une augmentation moyenne de 1.500.000 et G. K. Okladnykl y a trouvé de 6 à 7 millions d’hématies. D’autre part, M. Brouardel, en étudiant l'influence des purgatifs sur la proportion des globules rouges du sang, a constaté aussi l’augmentation de leur nombre.

Ces faits sont la preuve de la déshydratation de l’organisme toutes les fois que l'intestin secrète une quantité de liquide trop grande.

L'importance de la déshydratation a surtout frappé les

auteurs qui se sont occupés du choléra. On s’en est peu

préoccupé dans les gastrc-entérites simples, celles qu'il nous a été donné d’observer.

Elle a été invoquée comme cause de la tétamie d’origine gastro-intestinale.

En ce qui concerne le choléra, la théorie de la déshydratation a été la plus anciennement invoquée pour expliquer les phénomènes généraux. Elle a été aussi la plus généralement admise.

Pour Barth, Grisolle, Niemeyer, etc., c’est l’épaississement du sang, conséquence du catarrhe intestinal, qui joue le plus grand rôle dans la symptomatologie du choléra. La théorie de la déshydratation fut combattue par Magendie, Graux, Briquet et Mignot, etc. On lui opposa diverses théories : celles de l’action primitive du poison cholérique sur le sang (Legros et Goujon, Papillon, Ch. Robin), sur le cœur, sur le système nerveux cérébro-spinal ou ganglionnaire, etc. Quant à la tétanie, quand on l’observe en même temps qu’une altération du tube digestif, elle offre évidemment une certaine analogie avec les crampes observées dans les gastro-entérites. Tholozan, d’ailleurs, dans la dysentérie, et Trousseau dans le choléra, ont constaté des crises de tétanie. Eh bien, là encore, on a invoqué comme cause des troubles musculaires, la déshydratation.

C’est Kussmaul qui a rattaché à l’abondance et à la répétition des vomissemeats les crampes musculaires. A cette théorie s’oprose celle d’une action réflexe ayant son point de départ dans les nerfs de l’estomac dilaté, enfin celle de l’intoxication, défendue par MM. Bouveret et

Devic, qui l’attribuent à une peptotoxine.

Comment se passent les choses dans les gastro-entérites banales? Les crampes ÿ sont un phénomène fréquent. Nous ne retiendrons que les observations suivantes, dont l'intérêt résulte de la précocité de l'apparition des crampes. Toutes ont été prises à l’hôpital de la Porte d’Au-

bervilliers dans le service de M. Roger :

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