‹ Du role de la choroïde dans la visionChapitre 6 sur 7 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

i° Le rôle du pigment qui tapisse l'œil est très-différent suivant les points où on le considère. C'est avec raison que, derrière l'iris et sur le segment antérieur de la choroïde, on le compare à l'enduit noir des instruments d'optique; mais, au fond de l'œil, la couche qu'il forme est plutôt destinée à réfléchir la lumière qu'à l'absorber.

2° La réflexion sur la choroïde est en effet un phénomène constant : atteignant son maximum chez les animaux nocturnes, à choroïde brillante ou tapis, elle est à son minimum dans les yeux à pigment noir, comme chez l'homme.

3° Pour que cette réflexion ne trouble pas les images rétiniennes, il faut que les rayons de retour traversent les mêmes points de l'écran sensible que les rayons directs, et cette condition se trouve réalisée toutes les fois que la surface réfléchissante est au contact du plan où se forment les images (couche épithéliale pig^mentaire chez l'homme, couche fibreuse du tapis chez les animaux). ! — Avec une telle position du plan réfléchissant, chaque rayon lumineux, arrêté et réfléchi à F extrémité même du bâtonnet qu'il a traversé, ne peut sortir de l'élément ner- Brsivais. 6

veux où il est une fois entré, et revient par le méine bâtonnet.

4° Non-seulement il ne résulte de cette réflexion sur la face antérieure de la choroïde aucune confusion dans les images, mais l'intensité de la perception est en quelque sorte doublée, chaque bâtonnet recevant en même temps l'impression du rayon direct et du rayon réfléchi.

5° 11 en est tout autrement si la réflexion, au lieu de se faire sur un plan qui touche la rétine, ne se fait que plus loin, sur la sclérotique par exemple, lorsque la choroïde est dépourvue de pigment (albinos, vieillards). — Le trouble qui en résulte ne tient pas à la quantité de rayons réfléchis, mais au mode défectueux de cette réflexion. La lumière qui a traversé un bâtonnet, ne trouvant plus la couche pigmentaire qui devait la renvoyer par le même bâtonnet, chemine au contraire jusqu'à la sclérotique ; c'est en revenant de là éclairer la rétine d'une manière diffuse qu'elle affaiblit, par l'ébranlement de plusieurs bâtonnets, l'impression qui aurait dû se limiter à un seul.

6° A un faible degré, cette lumière qui revient des membranes profondes, n'entourant l'image rétinienne que d'un cercle de diffusion très-faible, n'apporte à la vision que peu de trouble ; on doit cependant la considérer comme une cause légère d'irradiation, s' ajoutant a celle bien connue qui provient de l'incomplète transparence des milieux réfringents.

7° Si la diffusion est plus considérable, l'image n'est, en réalité, pas plus déformée; mais, comme elle se

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trouve sur un fond éclairé, la perception en est également moins nette.

8° Au point de vue de ses résultats sur la vision, il ne faut donc pas confondre la réflexion, même diffuse, mais qui se fait sur la face antérieure de la choroïde, avec la réflexion, toujours irrégulière, qui a lieu sur un plan plus reculé, dans l'épaisseur de la choroïde et sur la sclérotique : la première est favorable aux perceptions, la seconde ne peut que leur nuire.

9° L'exemple des albinos et des vieillards, chez lesquels se rencontre la condition défavorable, ne doit pas faire conclure aux mauvais effets de la réflexion sur le tapis ou sur la couche pigmentaire normale; et il n'est plus possible d'admettre et d'exig*er pour une bonne vision la nécessité de l'absorption de la lumière par l'enduit noir de la choroïde.

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