‹ Du rôle de la syphilis Dans le Déterminisme de Certaines CirrhosesChapitre 11 sur 26 · ARR T · texte numérisé non relu

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présente quelques stigmates d’alcoolisme chronique, on s'arrêtera, sans chercher plus loin, au diagnostic de cirrhose alcoolique hypertrophique. Il en est de même üe la cirrhose atrophique:

Fréquentes aussi sont les erreurs commises quant au diagnostic étiologique de certaines cirrhoses dites biliaires. de certaines cirrhoses anascitiques avec ou sans ictère. Il faut donc toujours penser à la syphilis, en explorant les antécédents du malade, en pratiquant la réaction de fixation du sang, de l’ascite et, en cas d’hydrothorax, du liquide pleural même.

Mais ce qui complique le problème, c’est que les anciens syphilitiques ne sont pas à l’abri d’autres affections . cixrhoses alcooliques, cancer du foie, cancer de l’estoma:. On est ainsi exposé soit à méconnaître la nature syphilitique d’une lésion, soit à déclarer d’origine syphilitijue une affection quelconque survenant chez un spécifique. Pour guider, étayer l'interprétation syphilitique de certaines cirrhoses, nous montrerons ici combien la réaction de B. W. positive est sujette à caution; nous dirons encore, et ceci est plus grave, pourquoi, dans certains cas. l'épreuve du traitement mereuriel ne constitue pas un argument péremptoire, ainsi qu’on le croit généralement.

En résumé, l’importance clinique, accrue de nos jours, des cirrhoses syphilitiques, leur fréquence peut-être insoupçonnée chez l’adulte jeune ou vieux, en tout cas la difficulté de rencontrer des cas nettement, purement spécifiques, les multiples aspects qu’elles revêtent, l’em£arras que le clinicien éprouve pour leur diagnostic, embar-

ras atténué sans doute mais non dissipé de nos jours, par

lHatde du Mniaoires Éenienston anatomique auntielles sont susceptibles, les efforts et les succès thérapeutiques nouveaux ques nous relatons, militent en faveur de ce tra- ; dE ail, que nous présentons humblement à nos Maîtres.

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Historique et Rerarques

L'histoire de la syphilis hépatique est ancienne. Portal, en 1813, la soupçonne; depuis, les travaux de Rayer, d'Oppolzer font de la gomme syphilitique du foie une réalité. Mais on ne connaît pas encore les cirrhoses syphilitiques, l'alcoolisme étant considéré comme le primum movens de ces altérations hépatiques.

Ce n’est que plus tard que Frerichs, tout comme Becquerel, en 1840, avait montré qu’une cirrhose hépatique pouvait succéder à une lésion cardiaque, signale timidement le rôle de la syphilis et de l’impaludisme dans le déterminisme des scléroses hépatiques. Mais c’est surtout Dittrich (de Prague) qui, en 1849, décrit magistralement les manifestations hépatiques spécifiques. Virchow, en 1860, consacre un travail spécia] à la gomme du foie et montre son analogie avec les « grains de semoule » signalés par Gubler en 1852.

Puis Lancereaux, Leudet, Hutchinson, Fournier, Mauriac nous montrent l’influsnce & la syphilis héréditaire sur le foie.

Lancereaux rapporte des cas de cirrhose atrophique le . plus typique, à sa phase « ascitique » ayant « guéri » sous l'influence d’un traitement ioduré prolongé... C’est

encore Lancereaux qui, en 1869, se basant sur l’étiologie, établit une classification où l'alcoolisme, la syphilis et l’impaludisme sont considérés comme les trois grands facteurs des lésions de sclérose hépatique.

Leudet, de Rouen, dans ses cliniques, signale la « curabilité » de certains cirrhotiques syphilitiques.

… Cornil et Ranvier précisent l’anatomie pathologique.

Steiner, en 1902, consacré sa thèse aux erreurs de diagnostic auxquelles les gommes du foie ont donné lieu en clinique; le mémoire de Cumston, en 1903, vise le même objet.

Mais ce sont là des investigations encore boîteuses dans le domaine de la syphilis hépatique. Les faits ont frappé les esprits; ceux-ci les ont constatés le plus souvent au cours d’autopsies, qui, par leur nombre, montrent la fréquence toujours croissante des erreurs commises. Et comment pouvait-il en être autrement à une époque où le clinicien n'avait pour argument suprème, en l’absence d’accident avoué ou de stigmates objectifs, que son « flair », en un mot son génie souvent alors assimilé à la folie ?

Une orientation nouvelle se précise dès 1906-1907. Les thèses de A. Marçais (1907), d’Etienne Fichot (1910), grâce à la réaction de B. W., sont scrupuleusement édifiées.

Ballanü, dans sa thèse (1912-13), prononce franchement le mot de « cirrhose syphilitique » et nous prévient du danger qu'il y a à confondre celle-ci avec la « cirrhose alcoolique ». Pour la première fois l’écueil est nettement dévoilé, l'argument thérapeutique y apporte sa sanction :

c’est le double mérite de ce travail.

Dès ce moment, la syphilis hépatique, la cirrhose spéci-. fique en particulier, va subir un nouvel essor, essor souvent fécond de 1914 à nos jours grâce à la réaction de fixation. C’est qu'en effet, en cette matière, les travaux abondent à l'étranger; la France y apporte aussi sa contribution (trop modeste, il faut le reconnaître). Ce: sont ces travaux qui éclairent d’un jour nouveau une partie de ce monde qu'est la syphilis hépatique, monde non encore

exploré dans sa totalité.

Nous ADOPTERONS LE PLAN SUIVANT :

L. — Les cirrhoses qui ont par elles-mêmes une évolution anatomo-clinique très spéciale :

1° Syphilis héréditaire précoce et syphilis héréditaire tardive;

2° Les syphilis hépatiques fébriles.

IL — Foies ficelés de l'adulte :

1° Cirrhose atrophique ficelée syphilitique

scléro-gommeuse;

2° Cirrhoses monolobaires simulant le can-

cer.

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