OBSERVATION . PERSONNELLE
M. C.., 32 ans, originaire des Antilles, employé de commerce.
N'a guère connu ses parents qui seraient morts jeunes.
Pas de syphilis avouée, mais antécédents paludiques nets.
Le malade a vécu aux Antilles jusqu’à l’âge de 18 ans. Il se rappelle avoir eu de fréquents accès de fièvre avec grand fris- Son. Il s'agissait vraisemblablement de paludisme (quoique l'hématozoaire de Laverand n ‘eût été recherché dans le sang) puisque cette fièvre cédait facilement à la quinine.
A Paris, les accès se répètent, moins violents cependant.
De plus, il accuse de fréquentes épistaxis. Un traitement quinique prolongé supprime la fièvre, achevant de démontrer - l’origine paludique de cette hyperthermie.
À l'âge de 27 ans, c'est-à-dire en 1917, le malade commence à éprouver une grande lassitude, il maigrit, quoique l'appétit soit conservé.
Vers la fin de 1917 ik est pâle, subictérique et il s'aperçoit que son ventre augmente de volume.
À cette époque, son joie est énorme, mesurant 21 centimetres. La rate ect percutable sur huit-neuf travers de doigt, aisément palpable; on perçoit une matité nette des flancs.
Trois mois plus tard, l'ascite est assez abondante avec circulation collatérale, sans ictère.
Le malade est traité uniquement par les extraits hépatiques; les nombreux médecins qui l’ont vu n’ont pas encore eu l’idée de lui faire une réaction de B. W.
En juillet 1918, la paracenthèse est inévitable.
On retire 9 litres de liquide citrin sans caractère particulier.
En février 1919, nouvelle paracenthèse de 7 litres.
En septembre 1919, nouvelle paracenthèse de 10 litres. Le foie mesure 22 centimètres, la rate 11 centimètres.
Le malade est extrêmement pâle, fatigué, mais toutefois, après chaque ponction, il se lève et vaque à ses affaires.
En février 1920, nouvelle ponction de 12 litres. Cette fois, la réaction de B. W. est recherchée dans le sang et l’ascite; : elle se montre positive.
Alors à cette époque seulement on commence un traitement spécifique ; 12 injections intraveineuses de cyanure de Hg bien tolérées, calomel per os, puis nouvelle série de 12 cyanure, Au bout de trois mois, le foie a régressé de 2? centimètres, mesurant 20 centimètres, la rate n'a pas changé, l'ascite se reforme, mais très lentemeni. Troisième série de cyanure Hg, une série de iodo-bismuthate de quinine; au bout de six mois le foie mesure 19 centimètres, l'ascite diminue, la rate ne rétrocède pas. ,
Le malade quitte l'hôpital très amélioré, mais quelques mois plus tard il fait chez lui une nouvelle poussé et meurt.
L'autopsie n’a pu être pratiquée.
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IL est possible que ce cas eût été plus heureux si la syphilis avait été dépistée et traitée à temps. En tout cas, du fait que le foie a régressé sous l’influence de la thérapeutique mercurielle et iodo-bismuthée, il s’agissait bien d’une cirrhose spécifique évoluant chez un paludéen avéré. Le paludisme avait'peut-être aussi lésé la glande hépatique, mais la sclérose dominante était incontestablement d'origine syphilitique puisqu'un traitement spécifique avait permis d'observer une diminution de volume du foie, une diminution de l’ascite et une légère amélioration de l’état
général.
Ïl est vraiment regreltable que l'histologie n’ait pas, là encore, apporté le concours de son autorité indiscutable. Cela n'empêche pas de tirer un enseignement de cette observation : même chez un paludéen avéré, pensons à la concomitance possible de la syphilis et traitons le plus . tôt possible cette dernière sans nous atiarder au paludis-
me hépatique encore à l’étude.
€) LA SYPHILIS EST SEULE EN CAUSE OBSERVATION PERSONNELLE (7enomn).
Service de M. le docteur Boidin.
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ans.
La malade entre à l'hôpital pour douleurs abdominales et essouflement à l'effort. ;
Depuis deux ans elle n’a jamais té bien portante; elle a eu des troubles gastro-intestinaux et son appétit est devenu très irrégulier. Elle dit aussi avoir beaucoup maigri, En même temps sont apparues des douleurs abdominales; elles sont survenues petit à petit, d’abord passagères, puis tenaces et parfois assez vives pour empêcher la malade de marcher. C’est le
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seul trouble accusé dont la malade se plaint. IL y a quatre mois, la malade avait pour la même raison passé quelques jours dans le Service de M. Weill.
Examen: — 12 mai 1923-: on trouve, à la palpation de l’hypocondre gauche, une rate dure, douloureuse à la pression, volumineuse, descendant jusqu’à la crête iliaque et atteignant presque la ligne ombilicale. : 4
Le foie déborde de trois travers de doigt le rebord costal; on sent son bord inférieur dur et douloureux. Pas d'ascite;,
pas d’æœdème.
Auscullalion du cœur. — Deuxième bruit clarigoreux et léger souffle présystolique mésocardiaque sans propagation.
T. A. 12-7 (appareil de Vaquez).
Rien aux poumons, les urines sont de coloration normale et ne contiennent ni sucre, ni albumine, ni-pigments et acides biliaires. |
Le B. W. esi fortement positif dans le sang.
La malade a eu sept enfants et deux fausses couches. Parmi les sept enfants, cinq sont morts dans le jeune âge de trois mois à un an. Les deux vivants sont, dit-elle, bien portants. :
Cette femme a été traitée du 15 mai au 15 septembre 1923 par le cyanure de Hg; à cette épcçue, les douleurs ont disparu, l’état général est meilleur. Mais le foie n’a pas régressé, la - rate non plus.
De septembre à novembre 1923, elle recoit 10 injections de 914. Elles sont bien tolérées.
En décembre 1923, le foie ne déborde plus que d’un travers de doigt; la rate semble avoir diminué de voulume, mais d’une manière insignifiante.
Fin janvier 1924, reprise de cyanure.
En mars 1924, le foie est redevenu normal, la rate reste
énorme.
L'état général est extrêmement satisfaisant.
Nous n'avons plus revu la malade.