‹ Du rôle des concepts dans la vie intellectuelle et moraleChapitre 18 sur 19 · IV. — Du concept d'un Dieu unique dans ses rapports avec la · texte numérisé non relu

IV. — Du concept d'un Dieu unique dans ses rapports avec la

connaissance scientifique et philosophique.

L'idée de l'intervention de volontés surnaturelles dans l'ordre des phénomènes s'oppose à une conception scientifique de la nature des choses.

Les concepts arrêtés sous forme de dogmes entravent la libre pensée philosophique. La méthode scolastique, utile. Rôle de la Raison.

Premier courant platonicien idéaliste, connu ici sous le nom de réalisme ou : concepts généraux, universaux, considérés comme ayant une réalité absolue. Réaction en faveur de l'être individuel, relatif : nominalisme. Le nominalisme tend à ruiner les concepts essentiels de la

doctrine et de la civilisation monothéistes, il ramène l'esprit vers la Nature; succès final du nominalisme. .. . 65

I. — L'esprit revient de l'unité suprême au divers et au multiple : connaissance de la Nature par la Raison.

Rupture de l'unité catholique dans les idées, dans les faits.

Retour à la Nature par la science : progrès dans les sciences concrètes, dans la connaissance du monde physique, céleste et terrestre.

Progrès dans les sciences mathématiques, abstraites, purement rationnelles.

II. — Philosophie naturaliste. Systèmes naturalistes ontologiques. La philosophie naturaliste ramenée à l'étude et à l'application de la méthode des sciences naturelles.

Bacon. Méthode pour faire table rase des préjugés et des erreurs. Méthode pour acquérir la science par l'induction. Le concept de la cause.

Application delà méthode relativiste des sciences naturelles à l'esprit humain : d'où suivra l'élimination progressive de tous les concepts premiers absolus.

Hobbes. La sensation. Élimination du concept d'esprit par le concept de matière.

. Locke. Concept des qualités réelles des corps et des qualités qui se réduisent à des sensations. Tous les concepts intellectuels ou idées ramenées à la sensation.

Berkeley. Élimination du concept de matière ou de corps. Tous les concepts des qualités des corps éliminés et ramenés à des sensations d'esprits.

Hume. Élimination des concepts d'esprit et de substance. Élimination du concept de cause; tout ramené à des faits et à des lois : phénoménisme et relativisme universels.

Condillac. Synthèse de la connaissance par le seul élément de sensation.

La contingence étendue aux concepts mathématiques par

Stuart Mill. La table rase cherchée par Spencer dans le

proloplasma. Tous les concepts premiers inconnaissables.

111. — Philosophie rationaliste inspirée de la méthode des sciences

mathématiques.

Descartes. Détermination de la méthode. Méthode pour distinguer la vérité et exclure l'erreur. Evidence par l'intuition rationnelle: concept d'un ordre rationnel : part de l'expérience rationnelle.

Elimination, grâce au doute, des projugés justiciables de la raison. Aflîrmation rationnelle de rexistence. Affirmation rationnelle de l'existence de Dieu et de la dépendance de toute réalité par rapport à Dieu. Possibilité rationnelle de la science.

Concepts de la pensée et de l'étendue, de la volonté et de l'entendement, de l'activité et de la passivité, delà liberté et du mécanisme.

Lutte des concepts d'étendue et de pensée. Malebranche.

Lutte du concept de volonté libre avec les concepts de mécanisme intelligible, d'entendement, de raison. Prédominance du concept de mécanisme intelligible. Panthéisme rationnel. Spinozisme. Monisme infiniment un de Dieu, substance absolue, libre et rationnelle, de la pensée et de l'étendue.

Réaction en faveur de l'être relatif individuel. Malebranche, puis Leibniz.

Concept de l'énergie individuelle repris dans la pensée, spiritualisant le concept de matière. Monades. Prédominance du concept d'entendement et de Raison. Concepts exclusivement rationnels de l'optimisme ou principes rationnels du mécanisme spirituel infiniment parfait. Monisme infiniment multiple de la pensée, toute déterminée par la Raison.

IV. — Application des concepts de Nature et de Raison à la morale

et à la société.

Suppression du concept de la transcendance de Dieu;

ébranlement ou ruine de toutes les idées liées au concept

d'un ordre surnaturel.

Concepts rationnels d'un droit naturel humain ou Droit de

l'homme, d'un état de nature, d'un bonheur naturel.

Conséquences morales, politiques, pédagogiques, civiles.

V. — Le concept rationnel d'un droit naturel de l'homme est-il

d'essence physique ou métaphysique?

Le concept du droit ramené par l'empirisme au concept d'une force physique.

Concept métaphysique du droit.

La Raison et la conscience juges des faits, de la force et de la JNature, même dans une philosophie naturaliste.

Le concept du droit fondé par la Révolution sur le concept de liberté, la liberté fondée sur le concept d'un être suprême, supérieur à la nature physique.

Négation du concept français du droit par la philosophie et la science naturalistes. Retour de la philosophie française aux concepts métaphysiques. Auguste Comte. Le fait érigé ontologiquement en droit, en dieu, grâce à un concept rationnel du devoir. Les spiritualistes français. Nécessité d'établir un fondement inviolable de la métaphysique. Kant 101

L — La philosophie moderne ramenée à l'étude du sujet : est-il

une résultante ou quelque chose par lui-même? Elude du sujet par Kant.

Abstraction faite de tous les concepts et de toutes les représentations, reste l'intuition de l'Espace et du Temps; elle ne vient pas de l'expérience, elle est condition de l'expérience. L'espace et le temps, derniers concepts objectifs de la philosophie moderne, ramenés à des formes du sujet. Relativité de tous les concepts. Activité du sujet. La catégorie de la causalité. Relativisme subjectif de la philosophie.

n. — Relativisme objectif de la science, produit par l'idée d'inlini. Relativité des concepts mathématiques, calcul infinitésimal. Relativité des concepts des sciences naturelles : théorie de l'évolution, élimination du concept des époques de la Nature, du concept d'espèce, du concept positiviste des ordres de science distincts.

Dissolution du concept d'un moi empirique.

La relativité des concepts ou leur dissolution dans la politique, l'histoire, les institutions, la morale, l'éducation et l'art. Rôle synthétique de l'art et de la philosophie. Sans concepts, pas de pensée.

IIL — Pour rechercher la vérité et reconstruire des concepts vraisemblables, on peut pousser jusqu'à l'extrême dans les deux directions de l'absolu et du relatif.

Point de pensée sans dilTérences.

L'infini semble être cause substantielle de toute différence, de toute détermination, de toute chose, en un mot de tout ce qui est fait.

Usage transcendant du principe de causalité pour réaliser le concept du moi, pour affirmer la réalité de causes substantielles des phénomènes du monde fini. IV. — Le concept de cause illogique, mais rationnel.

Le concept de la cause suprême, pour être pleinement rationnel, doit supposer cette cause infinie. Transcendance de la cause suprême infinie, conçue seulement comme une inaccessible limite, comme un Absolu différent de toute représentation relative. QueUjues mots du mysticisme.

V. — Le concept de la cause infinie absolue nécessairement complexe, par exemple le concept d'une Trinité. Insuffisance de la Trinité alexandrine, perfection de la Trinité chrétienne.

L'être infini transcendant cause libre du fini. Le fini Hou d'une contradiction logique, non irrationnelle, linlini étant raison du fini. Élimination de l'idée du néant comme cause, grâce au travail de la philosophie moderne.

VI. — Retour de l'absolu au relatif, de l'infini au lini. Élude du sujet.

Le sujet fini n'a aucune représentation adéquate de l'infiui, même par les formes a priori de la pensée, temps, espace, causalité. Les actes par lesquels le sujet se repré-

sente le temps, l'espace et la causalité sont toujours finis et infiniment relatifs; ils supposent seulement une aperception confuse d'une possibilité infinie et renferment en ((uelque manière un infini.

Chacun de ces actes relatifs au temps et à l'espace suppose que le temps et l'espace sont également donnés a priori dans le sujet, car le temps est construit subjectivement dans l'espace infini, mais l'espace infiniment grand ne peut être construit subjectivement qu'avec une quantité infiniment petite ou infinitésimale de temps et ni le temps ne peut être construit avec un néant d'espace ou point, ni l'espace avec un néant de temps; ainsi le temps est construit dans l'espace et l'espace avec le temps.

Construction objective du temps dans l'espace, par une opposition subjective du fini à l'infini.

L'opposition du fini à l'infini forme des déterminations de la causalité et acte universel de la Raison. VIL — Synthèse générale par l'idée de liberté.

La liberté consiste à opposer le fini à l'infini, à déterminer extérieurement des actes et des concepts finis. Caractère synthétique de ces actes.

Elle consiste intérieurement à être cause spontanée de ces déterminations. Causalité divine, physique, naturelle, morale; relativité de la liberté humaine.

L'idée de liberté et de cause explication de l'Absolu et du relatif.

Les diiïérences, les fins ou finalité, la discontinuité dans la Nature expliquées par le concept de liberté.

Penser la discontinuité, c'est penser de l'être. Perception divine de l'être. Perception humaine de l'être, impliquant toujours indétermination.

Les concepts de nécessité et de liberté dénués de sens dans l'Absolu. Valeur positive du concept de liberté pour la Raison relative : élevé à la transcendance, donne seul, par un concept de Dieu, une explication universelle.

Valeur positive du concept de la grâce libre de Dieu, valeur négative des concepts de prédestination et de prescience. La liberté conçue comme substance de tout l'être déterminé, même de la Nature; pas de continuité absolue pour nous dans la Nature.

Impossibilité de concevoir la liberté absolue du sujet hors de la Nature. La relativité des libertés originelles, étant conçue nécessairement, donne un sens à la relativité de la Nature et une fonction intellectuelle et morale à la Raison, corrélative de la liberté même. Des destinées, pas de destin.

La causalité individuelle libre, ou la liberté absolue ou la grâce infinie et non la causalité mécanique type de la causalité.

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