‹ Du rôle des mots composés dans les associations des états d'excitation du langageChapitre 28 sur 36 · Légère amélioration de l'état général · texte numérisé non relu

Légère amélioration de l'état général

Cœur à peu près régulier à 110 de puisation. L’excitation persiste toujours, reprend lentement à manger. La bronchite est un peu améliorée.

22. 2. 23. — Etat général satisfaisant, mais augmentation de l'excitation, très euphorique, ne reste pas un instant tranquille.

Spontanément, elle chante sur un air monotone.

Wo hab ich mich, Wo hat sie mich, Wo hat die Sach,

Or es

Wo hätt der Ach, Wo hab’ ich gut,

Min Sau ich leer, Genügt muss sein, Genug muss sein, Und die Massü,

Hier mäuse müt (?), Es braucht kein Fass, Es macht kein Sass, Es macht ja nicht, Wenn rot sein soll, Wenn blau der Sohn, Wenn es sinn soll,

Ja, liebe Mutter Gottes:

Und die Pauline, - Ja, auch der Jules, Auf der Maschine, :

Heidi, heida,

Meidi, meida,

Wenn du Mamsell,

Ja auch Rodell,

Und wenn die Hôll, Auf die Mamsell, Was macht denn sell, Oh jeh mineh,

Oh jeh mein Lach, etc.

Le 15 mars, elle est toujours très excitée. Crache quand on s'approche d'elle, fait continuellement des grimaces, tire la langue, fait des mouvements avec les Bras, souvent le même geste avec les doigts. Elle s'emporte facilement pour devenir aussitôt plus calme. Méconnaissance de personnes.

Toute conversation est impossible, la malade ne répond pas aux questions. Certains mots reviennement continuellement, parmi eux les jurons.

Remarque une tache de sang au bras d’une infirmière.

Blut vom Stammvater.

On entend entre autres, cette associations par assonnance.

Verriss es — schmiss es.

Résumé

Avant de discuter le diagnostic, nous allons donner un résumé de ces quatre observations en faisant ressortir les symptômes et surtout les associations les plus caractéristiques.

Lesage ‘plus instructif est sans doute celui de M; c’est le cas le plus riche en productions verbales et le plus complet comme observation. Commençons tout de suite par lui: L’anamnèse n’a rien de’ typique. La ma'adie actuelle est la première, elle débute lentement par un état légèrement stuporeux. Très 'tôt se manifestent des idées délirantes de contenu varié, tantôt de persécution, tantôt d'invention.

Les hallucinations ne sont pas franchement avouées.

Il y a méconnaissance de personnes. Huit jours avant l’admission à la clinique le 1° novembre 1920, l’état du malade change. J1 a une excitation motrice et du langage. Au moment de l’admission, on constate cette forte agitation. [orientation quant au temps et à l’espace est intacte.

Le malade est accessible. I fait part de ses idées

délirantes. Le 5. 11, il refuse la nourriture et s’op-

pose au gavage jusqu'au 16. Il préseñte une stéréo.

typie d’attitude avec des bizarreries.

Le 1” décembre, on note du mutisme complet, le malade n’est pas accessible. Le 18, 1] y a un changement dans l’état du malade qui devient agité et profère des paroles sans cohérence et parfois .sans sens.

Le 15 février 21, on mentionne dans l'observation des mouvements catatoniques.

Le 11 mars, nouvelle excitation maniaque avec prédominance d’associations par assonance.

Der Statthalter gab ein Blumenfest und liess den Blumenthal einsperren.

(Etait-ce avant la, guerre?) ja der Avanti wird in Milano gedruckt. Le dernier mot provoque le mot: des affiches — et le nom d’une imprimerie, Druckerei Fischbach. Les production spontanées reflètent la grande mpressionnabilité aux perceptions du dehors.

Il parle du temps voit le sphygmomètre et déjà apparaît Hydraulische Presse et, toute de suite, un lieu commun: dasselbe in grün (à cause du cahier vert). Le médecin écrit sur le bord de la feuille et voilà qu'il parle de Randglossen. Mais il ne s’arrête pas et produit un contraste artificiel, en disant qu’on a donné trop d’expli-implications.

Il produit une phrase dont la syntaxe est correcte, mais qui est cependant dénuée de sens.

L'image du chêne évoque un mot avec la forêt : mais 1l continue par un fragment de poésie; au lieu de terminer sans incident, il saute de Mäntelein à Mandeln und Polypen où il y a une association par assonance.

Pour le texte des associations provoquées, : on n’a qu'à se reporter à l’observation.

Elles sont caractérisées par une prédominance marquée des associations externes et par une fuite formidable des idées,

Re À Winter il réagit ainsi: wie ist wie, der ist the; à

lac, il énumère une série de lacs. En parlant des lacs

des Vosges, il cite des châteaux. Puis vient une suite

de productions sans cohérence apparente.

Un bel exemple d'association par assonance est la suivante: à Schule il répond par Schühe de Pirmasenz et par une marque de fabrique Schülers Eiermaccaroni ou bien Appenweier war ein grosser Weiser.

Dans l'explication des proverbes la fuite des idées n’est pas moins prononcée et les relations entre les phrases ne sont pas moins superficielles. Chaque cas en est un exemple. Wie der Herr, so der Knecht. Des deux mots il en forme un et le traduit. Au premier abord les relations entre Herr et chemin ne sont pas nettes. Nous supposons que c’est par la voie d’un psaume: Befñehl dem Herrn deine Wege, donc par voie indirecte, c’est-à-dire où deux représentations sont réunies, Sans que la représentation qui s’y glisse comme moyen de réunion apparaisse dans la cons-

cience.

Dans le 2° proveibe, il donne une traduction du soleil, mais par de longues paraphrases.

Le mot latin «sol» donne dans la phrase suivante le mot français sol qu'il utilise pour former de nou-

veaux complexes.

Dans un autre proverbe, le nom d’un hôtel connu lui permet de continuer par un mot composé, avec persévération de l’homonyme: «Continentalabsatz».

Dans les productions spontanées, nous avons encore l’occasion de constater la superficialité des relations. Le mot «dragée» provoque une petite phrase avec le mot «dragons» comme substantif, et de suite.

il cite un général de hussards, le vieux Zieten,

LAC) eus

Une be:le pararéaction est la production suivante: «es geht mir durch Mark und Pfennig» au lieu de: «durch Mark und Bein». Une réaction est fournie par l'association qu'il forme en réponse à Entenschnabel où 1l réagit par une coexistence Fuchs am Buckel. ‘Tout de suite après, il parle deux fois en vers, soit en en copiant d’autres, soit en formant lui-même de, nouveaux. En parlant de «Mahn» qui est un camp militaire dans la bruyère, il commence une poésie, mais au lieu de dire «Im Wald und auf der Heide», il dit: «In Mahn und auf der Heide» De suite, il y a collision avec une autre poésie où la bruyère, elle aussi, joue un rôle: Sah ein Knab’ ein Rôslein stehn, Rôslein auf der Heiden. Un des plus beaux exemples d'associations par un mot composé avec persévération d’une, partie de la représentation provocatrice il nous fournit par la production suivante: «Den hôlzernen Nibelungenrich, jedenfalls Lungenschoner». Immédiatement, 1l survient une série de vers qui riment tous sur Paul. Lo-squ’on le prie de rimer le mot «Hand» provoque «land», et il ne réagit pas p'us loin. Partout où il est possible de réagir à côté, il le fait.

Notons encore une formation qui est sans doute un lieu commun «Kôlnische Volkszeitung» K. V.

Dans sa lecture, comme dans les productions spontanées, il lui- est impossible de ne pas s’écarter du sujet, aussi chaque mot lui en donne l’occasion. Dans l’histoire d’un suicide, il est question de poison, «Gift» ; en rapport avec ce terme, il forme. un jeu de mots spirituel avec le contraste superbe «Ohne Gift, mit Gift», et de suite, il continue avec une association réunie par assonance à la précédente «Trift». Le mot ‘lrift évoque ‘en lui une expression courante où il change le substantif en adjectif, je parle de «triftige Gründe»,

Sep es

Dans cette même phrase, il est encore question de traitement «ärztliche Behandlung». Au lieu de Behandlung nous entendons un terme réuni au premier par assonance. «Verwandlung».

Pour l’explication des images, il évite de dénommer l’objet; dans un cas seulement, 1l nomme un objet subordonné: lebellsche Doppelader pour fusil, pour une voiturette, il donne une définition. Pour une scie, 1l cite deux sortes, les deux mots composés au lieu \d’arrosoir, Giesskanne, il inverse: Kannegiesser, Potier d’étain. Pour un objet il dit, sans hésitation et correctement, le mot: échelle.

À la fin de l’examen, il produit encore une assoclation par assonance; à Kiderlen Wächter il répond par Kitterlé, un vin de Ribeauvillé.

La faculté de reconstruire des images sur des blocs prouve que la possibilité de combiner existe chez lui.

Le 15, 3, nouvel examen.

Le malade entre dans la salle et forme de suite un néologisme en voyant du Leukoplaste: ist das ein Leukoplasflm-caméra-obscura.

Dans ses productions spontanées, il perd ce jour là le fil, et 1l se manifeste une tendance nette des associations par assonance.

Dans la phrase: Der andere hat Blümchenkaffee getrunken mit Caramel'-Bier, da war Kümmel drin, mit Nordhausen, les différentes représentations sont réunies par coexistence.

Bientôt, il produit une. énumération de différentes dénominations de parlements où il y a nettement tendance aux mots composés: Wenn in der Reichstagssitzung der Ständekammer von Hannover der Senat

DES) (NN Ce

ist, wir haben auch ein Rumpfparlament, Nul'e part plus que dans le calcul le maniérisme du langage est plus manifeste. Pourrait-on citer un exemple plus frappant que celui où il dit que 7 fois 13 font 100 moins neuf, ou encore celui où 100 — 26 sont généralement les 73 + 2 ou 71 + 4.

À cet endroit l'observation note une autre néoformation: «Laternaimagication» en rapport avec lanterne magique.

M. n'arrive pas à épeler un mot. Il commence le mot de Mülhausen, mais déjà il parle de Mulhouse en Thüringe et de Strasbourg en Prusse occidentale.

«Prusse» provoque deux associations, celle d’une corporation d'étudiants, «die schlagende Borussia», et celle d’un titre, mais déformé par M. du Kônig aller Westpreussen au lieu de Kônig aller Preussen.

Il fournit une néoformation: Bis Pfennig und Markbein. Le malade reprend le mot à épeler. Cette fois-ci, 1l arrive jusqu’à la 2° svllabe et continue avec une phrase anglaise qui prend son départ du «ou», le «how» anglais, «How do you do essen?» A ce verbe suit le substantif ville d'Essen, dans la Rubhr. Puis suit une phrase en rapport avec Essen par-son contenu qui est absolument juste de même que dans sa forme.

Une belle pararéaction est fournie là où 1l parle du Mænneckenpiss à Bruxelles», «do isch einer, der schlägt den dritten Mann ab» au lieu de «er schlägt das Wasser ab».

La journée du 18 mars est riche en pararéactions, par exemple: die gleichen sich wie zwei Tropfen: Wein au lieu de 2 Tropfen Wasser. Auf Schusters Schimme!l au lieu de auf Schusters Rappen. Da wackelt

die spanische Fliege au lieu die Wand.

Il produit une néoformation avec un mot composé Polter-Abendstetn.

Combien la fuite des idées se manifeste, nous pouvons en juger en examinant trois mots au milieu des autres. Studenten schlagende Wetter'é. Des étudiants qui se battent, schlagende Studentenverbindung, il saute à un autre terme où schlagende forme une partie, die schlagende Wetter, puis au lieu de-s’arrêter, le mot une fois dit, il continue en attachant le suffixe lé, ce qui donne avec Wetter le nom du député.

Le 23. 3. L'état maniaque avec la fuite des idées continue ; de même le 7 avril. De-ce jour-là, il y a des exemples auxquels nous pouvons nous arrêter: Das Mül'ern ist des Wanders Lust, die Peugeot sind besser, Wanderer kommst du nach Spaïta. La première partie doit être le début d’une chanson, mais elle est modifiée par le malade. Du verbe, il a formé le substantif et inversement. Wanderer est d’autre part aussi la marque d’une fabrique allemande de bicyclettes, fait qui nous permet d’exp'iquer la 2° partie qui, elle, est reliée à la première par le contenu; la dernière partie est correcte, c’est l’épitaphe des héros des Thermopyles où 1l y a la persévération du substantif.

L'état d’excitation continue jusqu'au 25 avril toujours sans changement d’humeur.

À cette date, l’état d’excitation est remplacé par une phase catatonique avec mutisme et maniérisme. Mais cette phase ne dure pas longtemps. Après cinq . jours, l'excitation maniaque a de nouveau fait son apparition. :

Le 30. 5., on a noté une association par assonance Die Diarrhee ist doch anders als die Praxis,

ET Ps

La dernière semaine du mois de juin, l’état du malade subit des modifications. L’excitation a cessé, et à sa place s’est installé un état de stupeur. L/attitude est stéréotype, le malade reste muet, ne répond que très rarement.

En juillet, il écrit des lettres qui sont cohérentes. Fin du mois, il refuse pendant quelques jours la nourriture.

Au moment de la visite de la légion américaine, il produit une association par assonance: Haben Sie Interesse, ja für die mit und ohne Tressen.

Jamais d’affaiblissement intellectuel. Au début du mois d’octobre, les fêtes juives ne restent pas sans influence sur son état. Il profère des idées de suicide parce qu'on ne veut pas le laisser rentrer, et p'eure parce qu'on lui refuse de le laisser seul. Il prie beau-

coup, de même pendant les semaines suivantes.

Dans les observations des Mrs. Badina et Krummenacker, nous aurons encore à relever quelques détails intéressants.

Prenons d’abord celle de Mr. B.

Pour commencer, le malade produit une énumération de mots propres et s'exprime en même temps dans une forme hésitante.

Il répond constamment à côté, mais cependant ses réponses semblent prouver qu’il à compris ‘a question.

Mentignnons encore, en passant, la production d’associations par assonance et de phrases qui, en elles, ont un sens. [L'expérience des associations provoquées donne des résultats très intéressants; qu'il par'e en allemand et en français dans la même phrase, ceci ne nous arrête pas longtemps. Dans la première, il forme

une définition; ensuite viennent deux sortes d’énumé- >

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