TROISIÈME PARTIE
Ce que doit être le rôle du chirurgien dans le traitement de l'infection. — Rapports de la médecine et de la chirurgie.
Si nous avons choisi l'exemple des maladies infeelieuses pour montrer les ressources de la chirurgie contemporaine, pour faire voir ce que doit être l'action thérapeutique manuelle dans leur traitement, c'est tout d° abord parce que la découverte des microbes à révolutionné la chirurgie en enlevant à l'intervention opératoire les dangers terribles qu'elle entraîna toujours avec elle. C'est aussi parce qu'elles offrent un champ d'action immense au chirurgien. La présence seule d’un agent figuré dans notre organisme suffit pour rendre possible et nécessaire : une intervention chirurgicale. À l'heure quil est, il n'existe plus d'infections chirurgicales pures, toutes peuvent le devenir à un moment donné.
Nous avons déjà refusé à la tuberculose le titre d’affection médicale qu'elle avait possédé si longtemps : si nous jetons un coup d'œil sur les maladies causées par des microorganismes ou leurs toxines, nous voyons que toutes, même celles qui cèdent d’une façon si merveilleuse
sous l'effet des médications dites spécifiques, peuvent
entrer dans le domaine de la chirurgie. N'arrive-t-11 pas
en effet, à chaque instant, que le chirurgien soit obligé
d'intervenir, au cours de la syphilis, la plus médicale des.
affections, si l'on peut parler ainsi? Tantôt, pour réparer les dégâts d’une perforation palatine, ou d'une nécrose osseuse, tantôt pour agir directement sur un foyer d'ostéomyélite installé insidieusement dans un membre affaibli par le surmenage ou un traumatisme, tantôt pour pallier aux troubles fonctionnels causés par un rétrécissement du rectum, ou une localisation laryngée ? Nous ne citons que des exemples tirés de la thérapeutique de la syphilis, il en est de même de toutes les affections d'origine microbienne : la scarlatine, la variole, la fièvre typhoïde, la blennorrhagie, etc., peuvent aussi dans les mêmes proportions
nécessiter une action chirurgicale.
Cette intervention, nous avons vu ce qu'elle peut, et
ce quelle doit être dans les cas où l'infection est limitée ou généralisée. Cette division en infections localisées et généralisées est toute conventionnelle, car tout notre être, comme on l'a dit, est synergique : la partie réagit sur l'ensemble, et l'ensemble sur la partie : la lésion visible et tangible n'est souvent que la localisation d'une maladie générale, et si le chirurgien veut que son intervention soit efficace et durable, il est indispensable qu'en même temps qu'il traite la lésion locale, il agisse sur l'ensemble de l'organisme. |
On ne conçoit pas le traitement d'une lésion parlelle chez un malade affaibli ou dyscrasique sans qu'on y ail préparé le patient par une médication ou un régime appro-
priés : chez un syphilitique ce sera l'administration du