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mercure et de l'iodure de potassium, chez un tuber culeux, l'application suivie des règles d'hygiène qui en constituent actuellement le seul traitement. Il sera ridicule d’intervenir chez un diabétique avant que le sucre ait disparu en majeure partie de son organisme. De même le diagnostie aurait été impossible chez ces mêmes sujets, st le chirurgien n'avait connu les signes et le traitement des maladies dont ils étaient atteints.
Et pour cela, nous disons que s'il veut que son action ‘soit intelligente et raisonnable, s'il veut qu'elle réunisse toutes les qualités qu'elle doit posséder, qu'elle soit, nous le répétons, bénigne, facile, efficace, le chirurgien devra commencer par pénétrer et approfondir tous les mystères de la médecine.
Quand 1l sera imbu de ses principes, 1l pourra alors seulement chercher à acquérir par un travail assidu, par une éducation nouvelle, les aptitudes spéciales que nécessite la pratique de la chirurgie. En un mot, le chirurgien devra commencer par être médecin, sinon, ilne sera jamais qu'un arlisan quelconque, au même titre que le forgeron qui aura appris son métier à force de forger, mais avec cette différence que si ses interventions pourront être utiles quelquefois, elles seront souvent dangereuses, et plus sévèrement jugées.
Loin de nous, par conséquent, l'idée de ouloe faire : du chirurgien un être à part dans le domaine scientifique, et d'avoir voulu dans ce travail exagérer l'importance du rôle qu'il peut jouer dans le traitement des infections. A l'heure actuelle, dans ce traitement, il se peut à chaque
instant que le chirurgien soit obligé de recourir aux don-
Re Ve nées qui lui ont été fournies par la médecine, la physio-
logie, l'expérimentation du laboratoire.
Il serait à souhaiter que cet éclectisme si favorable aux
intérêts des patients se retrouvât aussi vivace dans l'esprit du médecin que dans celui du chirurgien. — Une nouvelle tendance se manifeste qui fait intervenir la thérapeutique chirurgicale avant que la médecine n'ait épuisé toutes ses ressources. — Puisse-t-elle se généraliser ! puissent tous les médecins suivre le noble exemple.de ceux d’entre eux qui osent confier leurs malades au chirurgien avant que fout espoir de les sauver soit complètement perdu ! car le chirurgien actuel n'a plus rien du barbier qui lui servit d’ancêtre, ni du € chirurgien-menuisier » dont parlait Lisfranc.
La chirurgie, à l'heure actuelle, est à la médecine ce que l’art de formuler est à la clinique médicale. Elles sont inséparables l'une de l’autre, et on ne saurait les concevoir isolées et indépendantes. La chirurgie d'aujourd'hui, c'est l’amalgame indélébile de la science et de l'art, tandis que la médecine n'est que la science. — C'est pourquoi, nous ne saurions trop protester contre ces théories nouvelles qui tendent à se faire jour, et qui voudraient faire du chirurgien un agent thérapeutique animé, un remède intelligent, pour ainsi dire, que le médecin administre au moment qu'il juge opportun. Si une pareille manière d'envisager la chirurgie augmente considérablement le nombre de ses interventions, elle à le défaut capital de vouloir l'asservir, et lui enlève“toute initiative.
Le chirurgien est souvent heureux de pouvoir secon-
der le médecin, quand pour obtenir des effets plus rapi-
CT es
des et plus efficaces, il lui permet par des interventions que son habileté rend anodines, de pouvoir mettre directement ses substances thérapeutiques en contact avec les organes lésés (injections intratrachéales, intracérébrales), mais un collaborateur n'a jamais été un esclave, et il n'y a pas plus de raisons pour que le médecin veuille subordonner le chirurgien, plus parfait que lui, nous le répétons, et qui a su profiter de ses défaillances pour se créer un art spécial. plutôt que le chirurgien ne veuille asservir le médecin qui ne cesse de témoigner de son impuissance en faisant appel à celui qu'il a peut-êre quelque tendance à considérer comme un ral.
Si on considère le rôle du chirurgien dans les aflections {raumatiques, pareilles prétentions sont insoutenables, elles sont paradoxales tout au moins si on l'envisage au cours des”’maladies infectieuses qui, à l'heure actuelle, nécessitent la majeure partie de ses interventions.
A ceux qui seraient tentés de méconnaître auJourd'hui le mérite scientifique du chirurgien, etqui voudraient en faire l'élément actif de la thérapeutique qu'ils préconisent, tandis qu'eux en resteraient l'élément intelligent et raisonnable, nous nous contenterons de répondre -par un dernier argument qui leur montrera l'inanité de leurs prétentions: en la paraphrasant simplement pour les
. besoins de notre cause, nous leur rappellerons la parole de Trousseau :
« Toute science touche à art par quelque pot, tout a son côté scientifique : le pire médecin est celui qui n’est jamais chirurgien, le pire chirurgien, celui qui n'est jamais
Inédecin. »