CHAPITRE PREMIER Etiologie et pathogénie
; & Si les agents pathogènes pénètrent en quantilé suffisante dans l'économie, si leur virulence est en activité, s'ils s’introduisent par une porle favorable, si le- milieu dans lequel ils lombent est propice à leur évolution, si d'autre part l’économie influencée par des causes extérieures, par des chocs, par le froid, la faim, la misère, le surmenage, par des inloxicalions dérivées du monde ambiant, par des perturbations des viscères ou de l'ensemble des cullures, n'offre pas une résistance par trop vive, l'afjeclion commence, une série de désordres morbides, de symplômes vonl se manifester, l'œuvre des agents pathogènes va commencer » (CHARRIN) (1).
Bien qu'elle ne dise, n1 ce que sont ces agents pathogènes dont elle parle, ni comment ils se comportent
jusqu'au moment où 1ls arrivent jusqu'à nous, n1 com-
(1) Canari in Boucnarp. Traité de pathologie générale, t. IT, p. 120.
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ment ils peuvent pénétrer en quantité suffisante dans l’éco- .nomie, cette phrase de Charrm constitue à notre sens une excellente définition de la maladie infectieuse. Considérée comme définition, ce qu'elle n'est pas dans la pensée de son auteur, elle serait encore incomplète en ce sens que, disant où commence l'infection, elle ne laisse pas entrevoir quand el comment elle peut se terminer, mais elle a le grand avantage de compléter la définition classique qui se borne à dire : « La maladie infectieuse est une affection développée sous l'influence de certaines espèces parasitaires et des toxines qu'elles produisent ». — Elle la complète, car elle fait comprendre combien d'éléments différents ont besoin d'être réunis pour que l'infection se produise, elle lui est supérieure par ce qu'elle laisse entrevoir que si les Cinfiniment petits » réussissent à envahir notre organisme et à y amener des perturbations sensibles ce n'est qu'après avoir triomphé de bien des obstacles.
Dans une première période qui suivit de près la découverte des ‘agents infectieux, on fit jouer à l'agent liguré, au microbe, un rôle prépondérant dans la genèse des maladies.
Toussaint, qui basait ses affirmations sur ce qu'il avait observé en étudiant les lésions causées par la bactéridie charbonneuse, établit la /héorie mécanique de la maladie infectieuse, dans laquelle 11 invoquait une obstruclion des vaisseaux par les bactéries, et la formation d'embolies consécutives comme cause des infections.
Une seconde théorie, fondée sur le principe de la concurrence vilale, la théorie de l'anoxhémie, fut créée par
Pasteur. Lui aussi fit d'abord jouer un rôle prépondérant