‹ Du rôle du chirurgien dans les infectionsChapitre 8 sur 23 · HAT ES · texte numérisé non relu

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aux microbes, en supposant qu'ils absorbaient pour leur

è propre existence les matériaux alimentaires charriés par le sang et la lymphe et que c'était R une condition suffisante pour créer des désordres pathologiques.

Ces théories, qui répondaient en réalité à ce qui peut se passer dans des cas particuliers, mais qui ne réussissaient pas à les expliquer tous, furent fortement ébranlées par les travaux de Gley et de Charrin, de Perdrix, de Duclaux, du P' Bouchard, qui en démontrèrent linsuffisance et aboutirent à une conception nouvelle du mécanisme de l'infection admise universellement aujourd'hui. Le processus infectieux n'est plus qu'une intoxicaüon dans laquelle les microbes n'agissent que par les matières solubles qu'ils renferment ou qu'ils sécrètent.

Quoi qu'il en soit, ces théories n'étaient élaborées que pour expliquer des faits observés réellement. Peu importe, en somme, que les désordres pathologiques soient causés par les éléments figurés eux-mêmes, et dus à leur action

“mécanique, ou produits par leurs sécrétions. Pour que la

toxine se produise, 1l faut que le nicrobe existe, et c'est toujours lui qui reste la cause première de la maladie infectieuse.

Quand un agent pathogène figuré, microbe où bactérie, pénètre en un point quelconque de l'économie, qu'il vienne du dehors après avoir franchi sans encombre la première higne de défense que lui opposent nos téguments, ou qu'une perturbation physiologique ou pathologique écarte momentanément les obstacles qui l'avaient jusque-là empêché de s'insinuer jusque dans l'intimité de

nos tissus, une vive réaction se produit.

Si le microbe est peu virulent, il sera détruit au bout d'un temps plus ou moins long, après avoir eu à subir les attaques successives d'une série d'agents différents, dont le dernier terme est représenté par les cellules migratrices |

Si les cellules fixes ou migratrices réagissent trop tard,

si le phagocyte, ce gardien de la paix de l'économie,

comme l'appelle spirituellement Duclaux, suecombe dans la lutte, si le microbe, très virulent, sécrète des substances

à action chimiotactique négative capables d'empêcher les

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leucocytes d'arriver Jusqu'à lui, l'intervention des autres cellules sera inutile. Elles l'empêcheront à peine de pulluler, en même temps il sécrétera des substances nocives qui iront au loin imprégner l'organisme.

Les cellules les plus voisines du foyer microbien pourront périr, les autres présenteront des phénomènes réactüonnels qui aboutront à l'exagération du pouvoir bactéricide et antitoxique qu'elles ont naturellement, et qui. sil est suffisant, pourra encore empêcher l'organisme de succomber. :

Telles sont les réactions cellulaires qui se produisent au point d'arrivée de l'agent infectieux. Toutes se résument en une mobilisation d'éléments de résistance de puissance croissante, el sans cesse renouvelés, destinés à s'opposer à l'invasion microbienne et à neutraliser le pouvoir toxique des sécrétions de l'agent figuré. — Ces réactions cellulaires s'accompagnent toujours de réactions réflexes qui se réduisent à l’action du système nerveux des vaisseaux, et donnent lieu à des phénomènes de vaso-moti-

lité qui sont, eux aussi, un puissant moyen de défense.

A ces réactions cellulaires ou réflexes viendront s’en

ajouter d'autres plus complexes, constituant les réactions

générales de l'organisme. Dues aux rapports intimes qui unissent tous nos organes, elles ne sont que la transmission à un système tout entier de l'excitation qui a agi en un point limité de sa périphérie. Quelques-unes, comme l'élévation de température, ont encore pour but de protéger l'organisme, mais toutes résultent en dernière analyse de l’action du système nerveux.

Si toutes ces forces qui s opposent au développement

‘ du microbe sont suffisantes, 1l sera détruit, la virulence

de ses toxines sera suffisamment atténuée pour qu'elles ne soient plus nocives à un aussi grand degré. Des éléments cellulaires nouveaux produits par le travail de réparation incessant qui se fait dans nos tissus auront vite raison des microbes qui n'auraient pas encore succombé, et feront disparaître les derniers vestiges des toxines qu'ils avaient sécrétées. |

Si, au contraire, grâce à une Yirulence exagérée, l'avantage est resté au microbe, l'issue de la lutte sera tout autre. Les éléments cellulaires seront anéants, Île

germe pathogène pourra pülluler à son aise et infecter

4oute l’économie de ses toxines. La maladie ainsi consti-

tuée, l'organisme à lui seul sera désormais impuissant à triompher du mal : la thérapeutique devra intervenir, soit en s’attaquant directement à la cause même, soit en s’ef-

forçant d'en atténuer les effets.

Tocrrerd. 2

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