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Du rôle et de l'importance des sociétés d'agriculture [microforme]

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DES SOCIETES D'AGRICULTURE Ce qu'elles font et ce qu'elles devraient faire

tolé

Conférence de M. Gigault, sous-ministre de

l'Agriculture devant la convention agricole, le 17 mars 1903

Cette réunion a pour objet de perfsctionner le fonctionnement des sociétés d'agriculture, Le fait que vous avez répondu en grand nombre à l'appel de l'honorable ministre de l’agriculture démontre que vous avez un vif désir d'augmenter l’efticacité et l’utilité des associations que vous représentez. Ce sentiment vous fait honneur. Il fait espérer que les délibérations de cette importante convention dorneront les meilleurs résultats et, qu'à la fin de ectte réunion, vous vous séparerez bien décidés à travailler, d’une manière efficace, au développement de nos ressources agricoles. Nous aurons à examiner la situation des sociétés d'agriculture, le but pour lequel elles ont été fondées, la näture de leurs onérations, lex abus qui se sont gli&és dans leur fonctionnement, et les remèdes qu'il faut y apporter.

Pour que nous foyons satisfaits de ces sociétés, il faut

qu’elles produisent, non pas un peu de-bien, mais tout lo bien d'nt elles sont capables. Ce n’est pas trop exiger, si l’on cons ère que, de 1890 à 1901, elles ont reçu en allocations dn gouvernement, une somine de $342,624.

Nous vivons dans un siècle de progrès. On veut aujourd’hui obtenir partout le plus grand rendement possible. L’industriel, possesseur de machines à rendement faible, es remplace par d’autres produisant davantage. Améliorer, tel est le but qu’il poursuit constamment. L’agriculteur doit imiter l’industriel.

L’article 1640 des Statuts Revisés nous fait connaître le but pour lequel les sociétés d'agriculture ont été fondées. Elles doivent travailler à l’amélioration de l’agriculture :

10 En tenant des assemblées pour entendre des conférences;

20 En encourageant la circulation des journaux d’agriculture ;

30 En offrant des prix pour des essais sur des questions de théorie ou de pratique agricole ;

40 En important ou en se procurant de toute autre manière des animaux de belle race ;

5o En organisant des partis de iabour, des concours de ré coltes sur pied et de fermes ;

6o En tenant des expositions,

L'idéal du iégislateur était excellent : réalisé, il aurait fait des merveilles. Si les sociétés avaient mis cn oeuvre tous 3 moyens suggérés par le législateur, elles auraicnt fait dorer dis conférences dans toutes les récions de la province, augmenté la circulation des journaux d'agriculture, faisant pénétrer partout l’idée du progrès ; elles auraient encouragé l'établissement de fermes bien tenues ; elles se seraient procuré des animaux de choix pour améliorer notre bétail et nos chevaux et auraient encouragé le développement de toutes ics industries agricoles susceptibles d'expansion dars la province. Pour constater les progrès accomplis, elles auraient, de temps à autre, tenu des expositions,

Maïheurcusement, la plupart des sociétés n'ont générale: ment tenu compte que de la section qui permet de tenir des expositions ; elles paraissent avoir ouLlié les gutres D'après Fesprit de la ici, ces sssociations devraient dépenser au moins autant pour les concours de récoltes et de fermes, et pour l'achat des animaux, que pour les expositions. Si nous adoptons l’opinion d'agronomes dont les dires ont été généra'ement acceptés, les sociétés auraient dñ dépenser moins pour les expositions et plus pour les concours de récoltes et de fermes et pour les achats d'animaux.

Dans le rapport présenté en 1898, au nom des sociétés d'a griculture de Belgique, au Congrés Agricole Internationat de Paris, on trouve l'observation suivante : “ La supériorité des concours sur place, comparés aux expositions, est bien établie aujourd’hui. © Parlant des concours de fermes, l’auteur de ce rapport dit : “T -: cation intelligente et rationnelle des lois de la production agricole n’est point chose aisée ; cependant, c'est par là seulement que l'on peut arriver maintenant à réaliser des perfectionnements. ”

Dans son Dictionnaire d'Agriculture, A. Richard fait la rédexton suivante : * Les primes distribuées aux animaux ne sont que des primes données à un effet, sans récompense pour la cause qui le produit, Les animaux, en effet, ne sont que la conséquence du principe dé la production, de la muitiplication du fourrage. Si l’on donnait des primes pour encourager cette multiplication, ce serait, ce me semble, bien plus logique, que de ne les donner qu'aux anirnaux, qui ne sont qu’un résultat.” A la page 100, du même ouvrage, on lit ce qui suit : “ Les améliorations foncières, avons-nous dit, sont la source des autres améliorations d'une exploitation, On conçoit qu'un sol bien assaini, bien fumé, bien préparé, donne une plus grande quantité de produits. Maïs cette plus grande quantité de produits végétaux n'entraîne-telle pas naturellement l’amélioration des produits animaux qui les consomment ? Voyez les animaux élevés dans des pays riches en produits culturaux, ils sont en bon état, bien déveioppés, robustes et nombreux. Dans les avs pauvres, au contraire, dont le sol en mauvais état, maigre et mal cultivé, ne donne que des produits végé-

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taux médio res et en petite quaLtité, vous ne voyez que des animaux rares, maigres et rabougris, ”

Au sujet des primes pour la meilleure tenue des fermes, Dombasle fait l'observation suivante : “Il me semble que si cette institution était convenablement dirigée, c’c t celle qui pourrait contribuer le plus à faire naître l’'émuiation parini les cultivateurs, et à hâter dans un canten l'introduction des plus importantes améliorations, ”

Dans un rapport en dite du 20 mai 1851, présenté au Parlement par la Société d'Agneulture du Bas-Canada, nous trouvons, à la page 14, ia remarque suivante :

“ Les directeurs de la Société d'Agriculture du Bas-C'enada croient qu’en outre des prix pour ces objets important:, il en est un que quelques comtés a-cordent déjà, et qui est le plus nécessaire de tous, parce que l'influence qu’il aurait serait des plus nitiles et des plus avantageuses à l'egriculture du Bas-Canada. Il s’agit, en effet, d’un ou de plusieurs prix pour les terres les micux cultivées ; sins aueun doute, ce prix devrait être le premier, le principal prix, car souvent, il arrive, en Canada, comme ailleurs, qu’un cultivateur qui obtient un, ‘ceux, on même {rois prix pour des animaux gras, ou pour un minot de beau grain, a la terre la moins bien eultivée de sa paroi&e ; ces prix ne produisent donc pas le réultat auquol s'attendait le législateur, tandis qu’au contraire, des récompenses convenablés données pour les terres les mieux cultivées, réveilicraient parmi nos cultivrteurs un esprit d’émulation qu'il est si aésirable de leur voir nosséder et conserver. ”

La première société d’agricuiture a été établie au Canada en 1789, sous les auspices de Lord Dorchester. Dans son prem'er rapport, elle déclare qu’elle vent arriver “ à une culture judicieuse de la terre ”. C’est là le but que doit poursuivre

toute société d’agriculture.

La Société des Agriculteurs de France, composée des meilleurs agrienlte:rs de ce pays, décerne tous jes ans des primes aux cultivateurs qui ont les terres les mieux cultivées.

Les sociétés d'agriculture sont loin d’avoir suivi les e-vellents conseils donnés per les agronomes que nous venons de

ef —

nommer, Les comptes publies établissent que, de 1890 à 1907 inclusivement, les sociétés d'agriculture ont dépensé pour les expositions, en prix, #334,089.97, et pour frais d'u positions, $92,039.42, en tout, #426,129,39, tandis qu'elles n'ont employé que #27,402.24 pour les concours € ermes, 866,344.54 pour les concours di 1coltes sur pied, et 840,579,50 pour les achats d'animaux. Elles ont consacré la plus grande partie de leurs fonds à la chose la moins utile, ct la plus faible partie à la chose la plus utile. *

Si la plupart des socictés d'agrienlture n'ont pas employé Jes moyens les plus efficaces de développer nos ressources âgricoles, 1 v en a quelques-unes dont nous devons reconnaître je mérite, Dans un récent v. pport de M. Ouellette, secrétaire dun Conseil d'Agriculture, il signale les sociétés qui ont su varier leurs opérations, N'aiei ee rapport :

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