‹ Du Rôle Pathogène Du Bacillus RamosusChapitre 10 sur 20 · EXPÉRIMENTATION AVEC DES CULTURES PURES · texte numérisé non relu

EXPÉRIMENTATION AVEC DES CULTURES PURES

Veillon et Zuber, avec leurs souches pures de 1898, par injection sous-cutanée au cobaye, avaient obtenu des abcès. L'animal se cachectise progressivement et meurt en 7 à 8 jours. Injectées dans la veine du lapin, les mêmes souches provoquaient la mort en quelques jours par intoxication et cachexie progressive.

Rist, en 1898, a observé les mêmes faits : abcès sous-cutané, cachexie et mort ; et par injection intraveineuse, mort en 10 jours par intoxication progressive.

Guillemot confirme également ce tableau anatomopathologique. Plus tard, avec Hallé et Rist, il constate qu'il est impossible de reproduire une pleurésie putride avec le Bacillus ramosus seul.

La souche de Gilbert et Lippmann ne provoquait en injection sous-cutanée au lapin, qu'un léger œdème qui guérit.

Les souches de Sott présentaient le même pouvoir pathogène que celles de Veillon et Zuber.

Les souches de Boez n'étaient pas très pathogènes.

Les souches de Montel et Mousseron tuaient le cobaye, aussi bien celle qui fut isolée de la gangrène pulmonaire, que celle qui fut isolée de l’eau de mer.

Weinberg, Prévost, Daveine et Renard n’ont trouvé que deux souches pathogènes sur les seize qu’ils ont isolées, mais les lésions qu'ils ont constatées difréraient sensiblement de celles que Veillon et Zuber et les auteurs contemporains avaient observées. Deux

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d'entre elles étaient nettement pathogènes aussitôt après leur isolement de l’appendice : 2 cc. de culture en bouillon glucosé de 24 heures, injectées dans le muscle de cobaye, provoquent aussitôt une vive douleur qui se traduit par des secousses du membre injecté, des crises et de la dyspnée. 18 à 24 heures après, il présente ün gros œdème de la cuisse et la mort survient en 2 à 8 jours par intoxication progressive. À l’autopsie on trouve, à l'endroit de l'injection, un œdème à peine rosé et une adénopathie inguinale du même côté. Les capsules surrénales, les reins et la rate sont congestionnés, de même que les poumons, ceux-ci légèrement.

Dans les frottis de la sérosité on retrouve non seulement des Bacillus ramosus, mais encore de nombreux germes intestinaux de cobaye : colibacilles, entérocoques « appelés par l’injection ».

Ainsi, cette espèce, dont le pouvoir pathogène propre est faible, fait « sortir » des germes et provoque des associations pathogènes spontanées.

Quand on injecte à l’animal des doses inférieures à la dose mortelle rapide, celui-ci-ne présente pas de lésions locales, mais maigrit peu à peu, se cachectise et meurt en 15 jours à un mois. À l’autopsie, on ne trouve aucune lésion ; l’ensemencement dés organes et du sang reste stérile, mais on constate une atrophie générale des organes.

Les passages par lanimal non seulement n’augmentent pas la virulence, mais ne retardent même pas la perte progressive de cette virulence que lon

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observe pour toutes les souches : de sorte qu’un mois ou six semaines après leur isolement toutes les souches de Bacillus ramosus ont perdu leur pouvoir pathogène.

Ainsi donc, la virulence du Bacillus ramosus pour le lapin et le cobaye s’est montrée extrêmement variable suivant les souches étudiées. La plupart d'entre elles n’ont manifesté qu'un faible pouvoir pathogène ou se sont montrées dénuées de toute virulence. Toutefois certaines, inoculées sous la peau ou dans les muscles, ont provoqué la formation d’abcès et même entraîné la mort par cachexie rapide ; d’autres, injectées dans les veines, ont pu déterminer des phénomènes à allure toxique et à évolution fatale.

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